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Les enfants de 1941 douars n'accèdent pas à l'école

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Douars sans écoles, salles bondées, pas d'eau ni électricité... Une étude du Ministère de l'Education Nationale fait le point sur la scolarisation en milieu rural.


S'il est un indicateur qui résume le déphasage et l'échec de la politique nationale d'enseignement, ce sera certainement le taux d'analphabétisme en milieu rural: 75,4%. Pour les femmes, il dépasse 88,7%(1). Credo des différents gouvernements qui se sont succédé, l'encouragement de la scolarisation en milieu rural n'a toujours pas rempli ses objectifs.
Une étude de terrain, préparée pour le Programme National de Promotion de la Scolarisation en Milieu Rural, vient d'être récemment rendue publique. L'objectif est de donner un premier diagnostic sur le sujet et ce, à travers une analyse des différentes variables en termes d'offre et de demande sur le terrain. Pour ce faire, l'étude s'intéresse tout d'abord au niveau de déploiement des unités scolaires et aux obstacles qui l'entravent. Ainsi, pour l'année scolaire 1997/1998, le nombre d'unités scolaires en milieu rural a atteint 13.250, dont 181 écoles indépendantes, 2.972 centres et 10.097 écoles périphériques.

Le taux des douars disposant sur place d'une unité scolaire se monte à 41,5%. Traduction: plus de 58,5% des enfants scolarisés sont encore obligés de se déplacer en dehors de leur douar pour accéder à l'école. Ainsi, 16.733 douars ne sont donc pas couverts et ne bénéficient que d'unités proches, soit 52,4% du nombre. L'étude montre aussi que, pour 7.230 douars, les enfants sont obligés de parcourir des distances de plus de 2 km, pour atteindre l'école la plus proche. Plus grave encore, 1.941 douars, soit 6,1%, doivent purement et simplement supprimer le mot «école» de leur vocabulaire, puisque la distance qui les sépare de l'école la plus proche empêche toute scolarisation. Cette barrière de la distance agit avant tout sur le taux de scolarisation des filles, qui baisse de moitié à chaque fois que la distance qui sépare le domicile de l'école dépasse 2 km.
Seulement 76% d'entre elles s'assoient sur les bancs des écoles, et au niveau du premier cycle fondamental, elles ne sont plus que 50%.

Autre chiffre relevé par l'étude, amusant ou dramatique, le nombre d'enfants (entre 7 et 12 ans) par salle: il varie entre 14 et 117 enfants par salle. La moyenne d'élèves par salle en milieu rural tourne autour de 31. Cependant, il est clair que cette donnée cache des disparités énormes. Car certaines provinces et préfectures ont des moyennes qui dépassent les 50 élèves par classe. C'est le cas d'Inezgane-Aït Melloul, de Ben M'sik-Sidi Othmane ou d'Aïn Chock-Hay Has-sani.
Fait marquant, ces salles bondées ont presque toutes besoin de réfection. L'étude indique que 1.323 salles d'études ont un besoin urgent de rénovation. L'ensemble des unités scolaires est sous-équipé. Ainsi, la moitié des unités ne dispose pas d'eau potable. L'étude révèle enfin que 10.386 unités, soit 78,2%, ont besoin de toilettes. Pour l'électricité, plus de 86,5% des unités, soit 10.985, en sont privées.

Ghassan KHABER

(1) Chiffres du recensement de 1994.

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