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Economie

L'éducation, un choix stratégique au Sud

Par L'Economiste | Edition N°:1669 Le 24/12/2003 | Partager

. Les élèves du Nord ont à apprendre de leurs camarades du Sud.... ...Plus épanouis, plus audacieux. Les contacts Nord-Sud sont quasi inexistants Visiter huit provinces dans trois régions du Maroc en une semaine est éreintant. Pourtant et durant tout le périple, la fatigue n'a pas pris l'ascendant sur le pouvoir d'attraction que les provinces du Sud exercent sur les sens. Lorsqu'on visite le Sud en si peu de temps (du 14 au 21 décembre), on acquiert une idée très concentrée de l'importance de ces régions. Impossible une fois de retour, d'imaginer le Maroc sans ses provinces du Sud. Le voyage avec le ministre de l'Education nationale, Habib El Malki et au-delà du secteur de l'Education, a montré combien nos provinces du Sud sont importantes pour l'identité marocaine. Ici, les citoyens sont très attachés au pays et surtout très accueillants. Accolades et échanges de numéros de portables n'arrêtent pas. Pour eux comme pour les membres de la délégation et les journalistes, ce sont autant de cordons qui rattachent. La découverte du Sud est multiple. Mais la femme sahraouie reste un personnage incontournable pour accéder à cette diversité entourée de mysticisme. Elle a moins de complexes et presque pas de tabous. Contrairement à la femme du Nord, elle ne cache pas ses sentiments. Comme l'homme, elle prend les devants pour dire les choses telles qu'elles sont. Un journaliste originaire de Laâyoune, explique la forte personnalité de la femme sahraouie par la place qu'elle occupe au sein de la famille dès son jeune âge. “Ici, les femmes sont très politisées. Elles le doivent à une éducation parentale qui privilégie le point de vue de l'enfant”, explique un correspondant régional. L'école n'a jamais représenté une rupture. Et les parents s'intéressent à ce que leurs enfants apprennent et à la manière dont se fait cet apprentissage. A Tissent, qui se trouve à 60 kilomètres de Tata, les parents sont particulièrement critiques à l'égard des enseignants qui utilisent la violence. Ici, comme à Tan Tan, l'implication des parents est presque quotidienne. Ce village aura dès la prochaine rentrée scolaire son lycée. L'architecture du bâtiment, au pied d'une colline, se fond presque dans son environnement. Le paysage est magique. Mais les jeunes enseignantes rencontrées au collège agricole de Tissent s'ennuient. Elles sont venues de différentes villes du Nord. Les femmes mariées sont celles qui souffrent le plus. Invariablement au Sud, l'école est un moyen d'ancrage du sentiment d'appartenance à une communauté. Pour jouer ce rôle très sensible, elle doit être attractive. Ici, cela représente un choix stratégique. . Le ministre et l'élève A Laâyoune et Dakhla, El Malki a eu deux rencontres fort intéressantes avec les élèves. Les premiers concernés par la réforme n'ont pas ménagé le ministre. Et celui-ci n'a pas caché son étonnement devant la forte personnalité et le niveau de maturité intellectuelle des enfants du Sud. Contrairement aux enseignants qui usent d'un langage revendicatif, les élèves posent des questions ciblées. Leur souci est d'abord la qualité des leçons et les moyens qui peuvent l'améliorer. Les élèves du Sud ne bégayent pas en posant leurs questions au ministre. On ne sent aucune hésitation dans leur voix. L'étonnement était visible sur le visage d'El Malki, qui a répondu aux questions des élèves avec le même sérieux qu'aux enseignants. Au bout de son périple, le ministre l'a évoqué lors d'une rencontre avec les élus et les parents d'élèves à Tata. “L'environnement culturel de l'enfant du Sud l'aide à poser de grandes questions. Un enfant de 10 ans s'interroge sur des sujets importants avec responsabilité et une force de persuasion que l'on ne trouve pas ailleurs”. Les élèves du Nord pourront beaucoup apprendre de leurs camarades du Sud. Malheureusement, les contacts sont presque inexistants. Mohamed Zaza, journaliste à la radio de Laâyoune, captée à Casablanca le dimanche entre 22h et minuit, en convient. Il pense que leurs ondes doivent atteindre les régions du Nord. La culture Hassania est très présente dans les émissions diffusées. Mais ces dernières années, les auditeurs demandent de plus en plus des émissions qui traitent des régions du Nord. Fait marquant, les habitants de Laâyoune ou de Dakhla apprécient particulièrement la musique populaire des régions de Chaouia. Chez un vendeur de cassettes à Smara, la musique du Nord occupe la façade à côté des étoiles de la chanson arabe. Pour acheter des cassettes de chansons hassania, il a fallu attendre que le vendeur aille les chercher ailleurs. Smara, la capitale spirituelle du Sud récupérée en 1975, connaît une affluence particulière des revenants à la mère patrie. Pour Abdelkarim Bezzagh, gouverneur de la province de Smara, la réforme doit être menée en tenant compte de la situation d'urgence dans laquelle se trouve le secteur de l'éducation dans la région. “Il faut commencer par construire plusieurs écoles”, dit-il. La province dispose d'un seul véhicule de transport des élèves depuis une décennie. Smara est un front devant les menaces extérieures mais aussi un grand chantier en matière d'éducation. “Je m'engage à résoudre tous les problèmes du secteur dans la province. Nous allons coordonner avec le ministère de la Jeunesse pour que les jeunes de la région puissent avoir des espaces culturels”, a promis le ministre. Il y a lieu de le dire, El Malki a fait une bonne prestation. Il a été plus sûr de lui qu'il ne l'était à la tête du ministère de l'Agriculture. Apparemment à l'Education nationale, il se trouve dans son élément. En présidant les trois Conseils des Académies du Sud ou en se réunissant avec les élus, les associations du corps enseignant, le ministre était attentivement écouté. Ses interventions étaient magistrales sans être ennuyeuses. Les citoyens du Sud, fidèles à l'arabe classique, ont aimé la langue simple et soutenue du ministre. A chaque rencontre, une certaine sympathie était perceptible dans les regards de l'assistance.


Consensus

Le fait que le président du Conseil provincial de Tan Tan demande que les écoles soient dotées de salles multimédia, est un signe d'adhésion des autorités au processus de développement de l'éducation dans ces régions. Les parents d'élèves ont demandé la construction d'un lycée à la municipalité d'Al Ouatia qui se trouve à 25 kilomètres de Tan Tan. Le ministre a fait une remarque: “Toutes les interventions s'inspirent d'un seul et unique référentiel, à savoir l'intérêt des élèves et du corps enseignant”. Dans les discussions entre journalistes, une idée a reçu aussi l'adhésion de tous: un bon responsable est celui qui exerce ses attributions comme un simple citoyen. El Malki considère que c'est la première fois que “l'éducation fait l'objet d'un consensus”.


L'école, un “fort intellectuel”

Une école ancrée dans son environnement ne risque pas de produire des jeunes étrangers à leur culture et “à eux-mêmes”, comme dit El Malki. Dans les provinces du Sud, l'école représente un outil stratégique. Elle est une sorte de fort intellectuel capable de défendre l'intégrité territoriale du Maroc dans les esprits. Par ailleurs, le système de partenariat avec les autorités régionales, qui trouve ici sa plus authentique expression, est un outil de consolidation du sentiment de citoyenneté chez les élèves. A Tan Tan, le ministre a évoqué un partenariat avec le Fonds d'équipement communal pour l'amélioration de l'éducation dans le monde rural. Il a demandé au gouverneur de la province de créer un comité de suivi de la réalisation des projets lancés. Mostafa BENTAK

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