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    Economie Internationale

    L'eau future source de conflits?

    Par L'Economiste | Edition N°:468 Le 22/03/1999 | Partager

    · Le quart de l'humanité n'a pas d'accès direct à l'eau potable
    · Urgence: Assurer une gestion rationnelle
    · Partage inéquitable des ressources


    C'EST aujourd'hui la journée mondiale de l'eau. Pour la première fois, la Commission mondiale sur l'eau pour le 21ème siècle s'est réunie, samedi, au Caire afin de faire le point sur cette ressource qui dans moins de trente ans ira en se raréfiant. En effet, selon les chiffres des Nations Unies, près de 500 millions d'habitants de 29 pays souffrent de manque d'eau et ils sont 1,5 milliard à ne pas y avoir accès directement. Pessimiste, l'Institut International de la Gestion de l'Eau affirme que d'ici là la diminution des réserves mondiales d'eau affectera un tiers de la population mondiale.
    Cette problématique a déjà été soulevée par la 5ème conférence internationale sur l'hydrologie qui s'est déroulée à Genève le mois dernier. «Il y a urgence: l'eau se raréfie sur la planète».

    Mauvaise répartition


    C'est le signal de secours qui a été lancé par le directeur général de l'Unesco, M. Federico Mayor et le secrétaire général de l'Organisation Météorologique Mondiale, MGOP, M. Obasi. Selon eux, la rareté de l'eau se profile comme étant un des problèmes majeurs du 21ème siècle. Le défi est de trouver les moyens d'assurer une gestion rationnelle des réserves d'eau douce disponibles. La multiplication des pénuries et des cas de pollution porte atteinte à la sécurité des approvisionnements en eau douce.
    L'autre préoccupation majeure réside dans le partage équitable des ressources en eau. La récente querelle entre Israël et la Jordanie en est la preuve, l'Etat hébreu ayant décidé unilatéralement de réduire le débit des eaux du fleuve destiné au Royaume hachémite. Elle peut menacer les liens tant économiques que politiques et provoquer des situations conflictuelles entre les pays qui partagent des bassins hydrographiques et aquifères.
    Dans les pays en voie de développement, le problème se pose avec acuité à cause de la démographie galopante.

    Climat mondial


    Elle donne lieu à une véritable guerre de l'eau que ce soit pour la production agricole, le développement industriel ou la consommation domestique. Selon M. Obasi, il y a pire: L'inégale répartition actuelle des ressources mondiales en eau va, dans moins de 30 ans, augmenter les risques de conflit.
    Le problème sera aggravé par les conditions climatiques (sécheresses ou inondations) qui exacerbent la contrainte hydrique.
    A cet égard, M. Obasi est catégorique: «Il faut prendre très au sérieux la menace qui pèse sur l'évolution du climat mondial afin d'éviter des phénomènes irréversibles». Elle pourrait se traduire par une évolution durable du cycle hydrologique et accroître les phénomènes naturels cités précédemment. Il faut réfléchir à une vision mondiale à long terme concernant cette ressource et également mettre en oeuvre des stratégies efficaces qui modifieraient le comportement quotidien de l'individu à l'égard de l'eau.
    Les seules bonnes nouvelles concernent le ralentissement de la croissance démographique et l'évolution des techniques énergétiques qui permettront de réduire le coût du dessalement de l'eau de mer.
    Si aucune mesure n'est prise en 2025, le cap du milliard d'individus manquant d'eau dans 48 pays sera franchi.

    Radial LAHLOU


    Les pays à risque


    Les principaux responsables sont la pollution, l'irrigation, mais aussi et surtout l'accroissement démographique.
    En outre, les pluies sont très mal distribuées à travers le monde: les deux tiers de la population vivent dans les zones qui reçoivent le quart des précipitions.
    Quelque 17 pays ont ainsi été classés parmi les premières victimes de cette raréfaction de l'eau par un rapport publié par l'Institut International de la Gestion de l'Eau, à l'horizon 2025. Citons, entre autres, certains pays d'Afrique du Nord (Libye, Tunisie et Egypte) et du Proche-Orient (Israël, Jordanie, Iran, Irak, Arabie Saoudite, Yemen).L'Afrique du Sud, le Sud de l'Inde et le Nord de la Chine font également partie de cette liste.

    Wissal SEGRAOUI

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