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Le privé a de beaux jours devant lui

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Privé, mission et professionnel: ces trois types d'écoles ont de l'avenir, car une bonne partie des parents les désire sans les avoir. Mais une petite majorité reste opposée à l'idée que le paiement améliorerait l'enseignement secondaire et supérieur public.


L'enquête auprès de 300 familles, réalisée par Télémark System pour le compte de L'Economiste, montre que les opportunités d'évolution du dispositif scolaire marocain sont bien réelles. Mais dans l'esprit des consommateurs que sont les familles, cela vaut surtout pour le privé.
Les écoles privées scolarisent les enfants d'une famille sur trois (36% exactement). Elles le font essentiellement dans les grandes villes, évidemment. Elles pourraient monter leur part à presque une sur deux et l'étendre dans les villes moyennes, si les parents avaient pu agir selon leurs désirs.
Même observation pour les missions. 5% des familles de l'échantillon seulement ont pu y mettre leurs enfants, mais 28% voudraient bien que leurs enfants y soient. Pour cette option, néanmoins, ce sont les missions elles-mêmes qui ne souhaitent pas étendre leur réseau.
Ce que les parents aiment dans les missions ou les écoles privées, c'est d'abord la "qualité de l'enseignement" (71% pour les missions, 68% pour les écoles privées).
Donc, même s'il y a des canards boiteux parmi les écoles privées, elles ont globalement la réputation de soigner la qualité de l'enseignement.

Ceci ne veut pas dire que cette même qualité n'existe pas dans le public, puisque un tiers des familles qui ont une préférence pour le public donnent aussi ce motif comme premier critère de leur choix. Les missions battent à plates coutures les autres types d'enseignement sur le niveau des professeurs, qui est le deuxième critère de préférence des parents. Même remarque, mais
avec un écart bien moins grand pour le critère des "méthodes d'enseignement" et pour les "matières enseignées".
Le secteur public n'a pas la cote d'amour. Seulement 22% des familles l'auraient choisi si elles avaient pu choisir. Mais en réalité, c'est lui qui fait le travail. Il prend en effet en charge la scolarité des enfants de 58% des familles de notre échantillon. Evidemment, l'école publique s'occupe surtout des couches pauvres et moyennes. Elle s'occupe aussi d'enfants riches, alors que leur famille a virtuellement le choix. Notons au passage que les jeunes Marocains réussissant les concours des grandes écoles à l'étranger viennent de plus en plus souvent des lycées publics, spécialement ceux des grandes villes. Ce n'est pas un phénomène anodin qu'il faut garder en mémoire dans la montée des critiques à l'encontre de l'enseignement public.

Enfin, pour vérifier, autant que faire se peut, les déclarations des parents, une question portait sur l'idée de rendre payant l'enseignement secondaire et supérieur (sous-entendu l'enseignement public). "Le paiement partiel améliorerait-il les performances?", demandait l'enquête. Les 300 familles ont un avis partagé, avec une très très courte majorité pour le non. 51% des parents pensent que cela ne changerait rien et 44% pensent que le paiement améliorerait les performances. Ce n'est pas vraiment la richesse de la famille qui fait la différence, mais plutôt le lieu de résidence: dans les villes du centre, l'idée de payer plaît davantage que sur la côte méditerranéenne ou dans le Sud. Allez savoir pourquoi...


Fiche technique de l'enquête L'Economiste-Télémark System


L'enquête a été réalisée par le bureau d'études Télémark System dans la semaine du 7 au 11 septembre. Le questionnaire a été administré (c'est le terme technique qu'emploient les professionnels) par téléphone à leur domicile, à 301 parents, ayant des enfants à l'école. Ce qui suppose que les personnes les plus pauvres ou les plus isolées ne sont pas incluses dans l'échantillon, contrairement à la grande enquête de L'Economiste en avril 1997, laquelle avait concerné un peu plus de 1.000 familles (Cf L'Economiste du 1er mai 1997).
La majorité des questionnaires ont été administrées en langue arabe.
Vingt et une villes d'importances diverses ont été retenues: Agadir, Oujda, Marrakech, Ouarzazate, Béni-Mellal, Kénitra, Meknès, Fès, Larache, El Jadida, Essaouira, Khémisset, Khouribga, Laâyoune, Safi, Settat, Tanger, Tétouan, Al-Hoceima, Rabat et Casablanca. Evidement, pour les plus petites d'entre elles le nombre de personnes interrogées est trop petit pour être significatif. Aussi, lorsque une approche régionale est importante, le compte rendu regroupe les villes d'une même région, jusqu'à obtenir un échantillon correct.

Sur les 301 familles, 246 ont accepté de situer leur revenu mensuel parmi les tranches proposées dans l'enquête. Le nombre de réponses obtenues rend celles-ci significa-tives. L'un des objectifs de l'enquête était de regarder les différences et ressemblances de comportement, surtout dans les tranches intermédiaires. C'est pourquoi la segmentation a été un peu serrée pour ces tranches de revenu: moins de 3.000DH, de 3.000 à 6.000, de 6.000 à 9.000, de 9.000 à 12.000DH et au-delà de 12.000DH. Chaque fois que cela a été nécessaire pour rendre les réponses significatives, les tranches ont été regroupées.
De manière générale, les téléopératrices de Télémark System ont été bien accueillies par les personnes interrogées. Comme chaque fois pour les enquêtes de L'Economiste, une confiance s'instaure, ce qui donne de la valeur aux réponses et aux commentaires.

Nadia SALAH

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