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Entreprises

Le groupe Benjelloun est en train de s'organiser

Par L'Economiste | Edition N°:537 Le 25/06/1999 | Partager

· La partie financière est actuellement une «accumulation chronologique»

· Le groupe souhaite passer à une organisation plus opérationnelle d'ici le milieu de l'année prochaine

Mais qu'est-ce que M. Othman Benjelloun va faire de ses accumulations des participations financières? C'est la question qui est sur toutes les lèvres depuis la prise de contrôle d'Al Wataniya.
Il va d'abord mettre ces participations financières en ordre de marche, ce qu'elles n'ont pas actuellement, puis il va s'intéresser très vite à l'international.
Valeur aujourd'hui (voir organigramme), ces participations ne sont effectivement qu'une accumulation, résultat uniquement de la chronologie des acquisitions.

Les mouvements intra-groupe ont commencé en Bourse


«Mais le groupe n'a pas l'intention de le laisser en l'état», indique M. Saâd Bendidi, directeur des Participations du Groupe (et non comme nous l'avons indiqué par erreur dans notre édition de vendredi dernier, patron de BMCE Capital, où il est administrateur). Il est un fait, qu'à la Bourse de Casablanca, des mouvements de titres intra-groupe ont déjà commencé (Cf. L'Economiste du vendredi 25 juin 1999).
Assez classiquement, le projet est d'organiser l'ensemble financier, de poser parallèlement l'ensemble industriel et d'organiser aussi un pôle international. L'international est évidemment l'annonce importante du groupe, qui pour l'instant reste très discret sur ses propriétés comme sur ses intentions dans ce domaine.
Le groupe se sent actuellement tenu d'organiser une politique internationale, car cession de la part du Français Groupama dans Al Wataniya apparaît, qu'on le veuille ou non, en contradiction avec l'impératif actuel de la politique économique. Celle-ci cherche désespérément des investissements, mais là, il y a eu baisse du niveau des investissements étrangers au Maroc.

Développement à l'international


Le groupe Benjelloun doit compenser cette sortie par des entrées au moins équivalentes. M. Othman Benjelloun avait, en annonçant son intention de vendre ses participations dans Crédit du Maroc, indiqué qu'il aurait une préférence pour des investisseurs étrangers. Mais l'opération s'est déroulée avec le groupe Wafa Assurances.
En signant en mai à Francfort, son emprunt de 160 millions d'Euros pour l'opération Al Wataniya, avec de nombreuses banques régionales en Europe, il était perceptible déjà que le groupe Benjelloun se constituait un carnet d'adresses en même temps que des références. Or, M. Benjelloun est connu pour savoir utiliser son carnet d'adresses. Et il est de plus en plus évident que l'équipe qu'il a rassemblée autour de lui depuis deux ans au sein de la BMCE, sait aussi utiliser des carnets d'adresses... A les regarder travailler ensemble, nul besoin d'être devin pour s'attendre à ce que ces hommes et leur président réalisent des «coups» d'envergure. Ils ont, à l'occasion du montage du rachat d'Al Wataniya, mesuré qu'ils ne pouvaient pas dépasser les limites de la résistance de l'opinion publique, très critique en l'encontre des concentrations. C'est d'ailleurs une seconde contrainte qui met le groupe sur le chemin de l'international.


La RMA, pierre angulaire du groupe


LA RMA, Royale Marocaine d'Assurances, a été le point d'appui de la constitution du groupe Benjelloun dans le domaine financier. Cette compagnie a été acquise par M. Othman Benjelloun en 1989.
La RMA, et cela n'est pas très connu, fait partie de ces entreprises historiques dont la création est liée au processus d'Indépendance politique puis économique.
Elle a été fondée en 1949 et la liste de ses actionnaires pourrait passer pour celle des militants présents à une réunion plus ou moins secrète en faveur de l'Indépendance. C'est M. Joseph Barzilay qui a constitué la société. La compagnie se voulait nationale et nationaliste. L'adjectif "royale", très rare dans les raisons sociales marocaines, était d'ailleurs une façon de contestation à la colonisation, puisque la Famille Royale symbolisait justement la résistance à cette colonisation.
Une quarantaine d'années plus tard, en 1989, d'insolubles problèmes de succession au sein de l'actionnariat de la RMA entraînent la concentration du capital autour de la famille de M. Othman Benjelloun.
Parallèlement, les activités d'assurance et de gestion d'actifs se sont tenues soigneusement en dehors des dérives du secteur durant les années 60, 70 et début 80. C'est ce qui explique largement qu'aujourd'hui cette compagnie relativement modeste ait une puissance financière à la hauteur des plus grosses opérations du pays. "L'acquisition de sa part dans Al Wataniya s'est faite sans contrevenir aux règles concernant les réserves techniques et en représentation des risques", affirme M. Saâd Bendidi, directeur des Participations du groupe Benjelloun.


Quid de la SNI, entre l'ONA et le groupe Benjelloun?


Officiellement, le groupe Benjelloun annonce que ses participations dans l'ancienne holding publique sont comprises entre 25 et 26% et «qu'il n'a pas l'intention d'aller au-delà». Les observateurs pensent qu'il est un peu au-dessus, grâce à des titres au porteur, ce qui serait conforme aussi aux déclarations publiques du Président, M. Othman Benjelloun. L'annonce de maintient du statu quo a sonné comme une offre de paix à l'endroit de l'ONA.
Ce dernier vient, grâce à l'accord passé jeudi 24 juin, avec Axa-Al Amane, de reprendre largement l'avantage au capital de la SNI, même si M. Mehdi Boughaleb, président d'Axa-Al Amane considère que «la SNI n'appartient à personne et que les placements de la compagnie sont faits en fonction des intérêts de la compagnie et de ses assurés».
Quoi qu'il en soit, M. Saâd Bendidi se révolte quand on lui parle de «minorité de blocage» détenue par le groupe Benjelloun au sein de la SNI: «On ne se met pas dans une entreprise pour la bloquer, c'est un non-sens de faire cette analyse». Il indique néanmoins, que le groupe Benjelloun «souhaite participer à la définition de la stratégie de la SNI, lorsque celle-ci récupérera son droit à en avoir une au terme des cinq ans de délais que la privatisation lui a malencontreusement posé (comme à toutes les autres privatisées). Ce délais sera échu à l'automne prochain. M. Bendidi considère que la SNI ne doit pas évoluer vers une «SICAV géante, maintenant que sa remise en ordre est terminée». Pour l'instant, l'ONA n'a pas fait connaître ses intentions, mais cela ne saurait tarder.

Nadia SALAH

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