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    Politique Internationale

    Le dernier credo "europtimiste" de Yehudi Menuhin

    Par L'Economiste | Edition N°:464 Le 16/03/1999 | Partager

    · Mondialisation oui... mais avec le respect de l'autonomie des nations
    · L'intégration européenne, la forme la plus achevée de la vie sociale
    · La culture comme un contrepoids au politique


    Comment concevoir l'intégration européenne dans un monde qui s'achemine vers la globalisation? La réponse de Yehudi Menuhin, violoniste russe dans une interview à Libération (France) quelques semaines avant sa mort est riche en enseignements: "L'Europe est aujourd'hui le seul endroit du monde où on peut enseigner, apprendre, concevoir et peut-être appliquer une nouvelle conception de l'autonomie, de l'indépendance de l'homme au sein d'une confédération. L'Européen d'adoption se définit comme étant un tsigane idéal. Son discours "politique" est limpide.
    Le maître croit à une unification qui repose sur le respect des cultures régionales. Il est allergique à un régionalisme ou un nationalisme qui les conçoivent comme des alternatives absurdes. La question qui se pose alors est de comment administrer la "nation Europe" de façon homogène. Le maître estime qu'il est impossible d'imposer un pouvoir sur des cultures aussi diversifiées et dont le développement mènera inéluctablement à la globalisation. Pour le violoniste réputé comme "citoyen du monde", l'indépendance démocratique et l'autonomie des cultures sont les garants d'une éventuelle administration globale de la planète. La notion d'indépendance ici ne se limite pas dans une dimension de nation relevant de frontières fixes. L'artiste avait toujours un projet en tête de transformer les frontières pour qu'elles deviennent invisibles où les populations peuvent se rencontrer.

    Un parlement des cultures


    L'engagement de Menuhin pour ses idées s'est concrétisé entre autres par la création d'une assemblée des cultures de l'Europe. Si l'objectif est de défendre les cultures minoritaires, l'idée du violoniste est de lui conférer un pouvoir permettant de faire face aux institutions politiques comme le Parlement européen. Cette organisation pourrait pallier d'après lui, les faiblesses de la démocratie.
    Le projet qui lui tenait à coeur est la mise en place d'un parlement de culture qu'il définit comme un parlement des intérêts. L'artiste était convaincu que les parlements nationaux ne représentent pas les intérêts des nations et des cultures. Ils défendent les nations et non les hommes. Les parlementaires mettent en valeur les priorités économiques.
    Le parlement culturel sera composé d'hommes et de femmes élus pour une durée de deux ou trois jours selon les thèmes abordés. Menuhin rassure dans sa confidence que ce parlement ne sera pas une nouvelle bureaucratie. Les membres désignés ne représenteront pas des nations mais des cultures.

    Libération/Rewriting L'Economiste

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