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    Politique Internationale

    Emigration: Y a-t-il une place en politique pour les immigrés de France?

    Par L'Economiste | Edition N°:464 Le 16/03/1999 | Partager

    · Les immigrés maghrébins ne se démarquent qu'en sport et en culture
    · Les frontières ne peuvent être ouvertes à des personnes non qualifiées
    · Le nombre de visas accordés par la France aux Marocains a doublé en 1998


    "Nos petites têtes blondes ont repris le chemin de l'école". A chaque rentrée scolaire en septembre, la télévision française ressort la célèbre phrase. Ce cliché ne semble pas être tombé aux oubliettes. Malheureusement, "ces têtes blondes ne sont plus majoritaires. Il existe aujourd'hui une enfance et jeunesse françaises plurielles et colorées. Il est temps que la France et les Français affrontent cette réalité", précise M. Ahmed Ghayet, conseiller au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité en France, lors de la conférence sur l'émigration organisée par HEM, jeudi 11 mars. "Pendant Ramadan, dans certaines villes de France comme Dreux qui concentre un nombre important d'immigrés marocains, les Français vivent à l'heure de leurs voisins musulmans", a-t-il dit.
    En outre, pour M. Ghayet, les immigrés qui, jusqu'ici se sont distingués dans le sport et la culture, devront aussi penser à la scène politique. Cette absence de la scène politique des immigrés semble être due, aux yeux de M. Weil, conseiller de M. Lionel Jospin et présent à cette rencontre, à une volonté des concepteurs politiques de ne "faire participer les immigrés qu'aux travaux bas. Je pense, et cela n'engage que moi, que si, les immigrés se sont distingués dans le sport et la culture, c'est que les concepteurs politiques de l'immigration ont toujours voulu que les immigrés se chargent des travaux les plus bas. On pensait que la France était une nation de cadres et il y a eu une politique protectionniste des plus radicales quant aux fonctions les plus élevées. Cette politique était souvent camouflée par un discours tiers-mondiste. On ne recrutait pas les immigrés parce qu'on se disait qu'il fallait que ces gens repartent développer leur propre pays. Nous les laissions partir s'installer aux Etats-Unis ou au Canada. C'était donc une double perte: pour la France et pour le pays d'origine", a-t-il souligné.
    Par ailleurs, M. Weil a rappelé qu'il a fallu près de quarante ans pour que la France reconnaisse le droit aux immigrés de s'installer dans un pays qui n'était pas le leur. Selon M. Weil, il ne peut y avoir de degré zéro de l'immigration. Les Etats concernés par l'immigration peuvent réguler le phénomène et non pas le réduire. "On ne peut ouvrir ses frontières à des personnes non-qualifiées. Mais je pense qu'on doit aller progressivement vers une réouverture de l'accès au marché du travail", a-t-il dit.
    En outre, M. Weil, en rappelant que les visas octroyés aux Marocains ont doublé en 1998, a tenu à préciser qu'aucun étudiant marocain, accepté dans une Université en France, ne se verra refuser son visa d'entrée sans justification.


    L'émigration au féminin


    Mohamed Khachani, secrétaire général de l'Association Marocaine d'Etudes et de Recherche sur l'Emigration, a remarqué lors de cette rencontre que l'émigration a toujours été pensée en termes masculins. Aujourd'hui, il faut accepter une autre réalité qui ne doit plus être taboue: "Il y a l'émigration au féminin; elle risque de devenir très dramatique. Les Marocaines sont de plus en plus nombreuses à quitter leur pays. Le Maroc enregistre le taux le plus élevé de départ de filles vers l'étranger", a indiqué M. Khachani. Selon lui, il est temps de se pencher sur la question, sinon le Maroc deviendra "exportateur de prostitution".
    En outre, l'Association organisera les 29 et 30 avril un colloque international sur "l'émigration clandestine: Enjeux et perspectives", avec la participation de l'Espagne, la France, l'Italie, la Belgique, l'Algérie et la Tunisie.

    Ilham BERRADA

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