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    Le combat des femmes méditerranéennes n’est pas une affaire de costume

    Par L'Economiste | Edition N°:2569 Le 13/07/2007 | Partager

    . Des experts de 15 pays se sont penchés sur la question. La microfinance pour rehausser leurs revenus. L’indépendance économique ne tient pas compte du genre«Outre reconnaître le rôle des femmes dans le développement et leur rentabilité aux niveaux social, économique et pédagogique, il y a nécessité de les intégrer dans l’Initiative nationale du développement humain et garantir leurs droits dans l’égalité, l’éducation, la couverture sociale et le travail, tout en tenant compte de leurs spécificités». Telles étaient en substance les recommandations du colloque international «Femmes méditerranéennes et défis du développement humain» qui s’est tenu dernièrement à Fès. Organisée par l’Association Fès-Saïss et le Centre Isis pour Femmes et Développement, cette rencontre a connu un franc succès. Il a couvert neuf séances plénières traitant les sous-thèmes de genre, interculturel, religion, culture et littérature, médias, science et technologie, citoyenneté et immigration. Pour Fatima Sadiqi, directrice du colloque, c’était une grand-messe des femmes de la Méditerranée. Celles-ci véhiculent, selon Sadiqi, une culture féminine qui combine des savoir-faire et des savoir-être particuliers aux valeurs ancestrales de la famille, de la collectivité et de la cohésion sociale. Parce que le monde change sans cesse et parce que les femmes sont au coeur de ce changement, c’est à travers elles que l’on pourra concilier tradition (asala) et modernité (mu’asara), si propre à la Méditerranée à travers les âges. Les femmes méditerranéennes ont la faculté de revenir aux sources, la volonté de ne pas couper l’héritage de la civilisation méditerranéenne; elles ont su résister à l’éclatement des valeurs en puisant dans deux visions du monde qui sont destinées à coexister. Le bassin méditerranéen est un trait d’union entre l’Orient et l’Occident, le Nord et le Sud. C’est aussi un centre névralgique d’échanges culturels et économiques, de tensions et de dialogue politique. Dans ce bassin, les femmes ont beaucoup évolué sans toutefois renoncer à leurs spécificités. Les sociétés méditerranéennes sont si conscientes du rôle des femmes que bâtir un avenir méditerranéen ne peut plus désormais se passer du point de vue des femmes. D’ailleurs, les femmes méditerranéennes ont très tôt compris que le véritable partenariat entre les hommes et les femmes est un compromis où elles ne cherchent pas à faire comme les hommes, mais comme elles l’entendent. Elles ne s’alignent pas sur les méthodes masculines, mais se posent en repères authentiques et en vraies alternatives. . Vision plurielleC’est une vision plurielle, souple, tenant à la fois de la liberté de l’individu comme à une certaine conception du féminin auquel le monde arabo-musulman reste d’une certaine façon attaché. Le combat des femmes méditerranéennes n’est pas une affaire de costume, ni d’abandon de spécificités et coutumes locales; c’est une volonté de se rencontrer, de se mettre d’accord sur des valeurs communes. Et c’est ce genre de réflexion qui a dominé les débats lors du colloque de Fès. D’éminents écrivains, chercheurs universitaires, et acteurs de la société civile du Maroc et de 15 pays étrangers se sont penchés sur les problèmes qui entravent le développement humain des femmes, et à travers elles, de la société tout entière. Pour Sadiqi, le colloque a pour objectif de souligner que l’équilibre des pays de la Méditerranée nécessite un contrat social plus inclusif et plus dynamique dans la région. De fait, la participation des femmes dans la gestion des affaires publiques et la prise de décision était très sollicitée. Selon les participantes au colloque, la réalisation d’une indépendance économique qui ne fait pas de différence entre les hommes et les femmes, l’encouragement des microcrédits en vue de rehausser le revenu des femmes et faciliter leur contribution au développement en convainquant les gouvernements et les décideurs de la nécessité de baisser les taux d’intérêt. L’organisation de sessions de formation au profit des femmes, afin de garantir leur intégration dans le tissu économique et social, serait d’un grand apport. Enfin, revoir les programmes scolaires et les adapter aux changements rapides causés par la mondialisation tout en tenant compte de l’égalité en genre, abolir les obstacles qui entravent l’application des lois et sortir de la théorie à la pratique, créer des initiatives qui tiennent compte des partenariats économiques et sociaux dans la Méditerranée et continuer le dialogue entre le Nord et le Sud, hissera le niveau de cette région, conclut Sadiqi.


    Le sens du sacré

    Selon Fatima Sadiqi, être Méditerranéenne c’est aussi reconnaître et valoriser l’apport de l’Autre, en faire une source d’inspiration. Pour combattre l’intégrisme, les femmes méditerranéennes cherchent un nouveau sens du sacré méditerranéen en même temps qu’une modernité spécifique qui privilégie les harmonies du passé et les potentialités des rencontres. La Méditerranée a un aspect amazigho- et arabo-musulman, et c’est une imposture civilisationnelle que de nier ces vérités historiques. Qui d’autre que les femmes peut, comme elles le font déjà, tirer le Sud vers un islam de progrès, qui valorise sa dimension méditerranéenne, et le Nord vers une civilisation dont l’islam méditerranéen fait partie.Youness SAAD ALAMI

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