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    Société

    Pèlerinage chez le «maître de la vallée»

    Par L'Economiste | Edition N°:2569 Le 13/07/2007 | Partager

    . Des centaines de visiteurs pour la Dikra du 1er juillet. Dépaysement, soufisme et spiritualité au rendez-vousJbel Al Aâlem, à quelque 1.600 mètres d’altitude, a fière allure.Tout au bout, se détache le mausolée de Moulay Abdessalam, cheikh des Jbala et «Mecque des pauvres». Une foule bigarrée se presse sur le chemin menant au sanctuaire du saint homme. La «dikra» du 1e juillet, depuis qu’elle a été instaurée il y a une quinzaine d’années, draine des centaines de pèlerins. Peut-être plus que le 15 Chaâbane ou Aârafa, pourtant rendez-vous séculaires du marabout. Mais un peu moins que ce qu’attire le moussem de My Driss Zerhoune ou encore El Hadi Benaïssa. Il n’empêche, ceux qui ont parié sur ce nouveau rendez-vous peuvent donc se réjouir. Cette date coïncidant avec la période des congés est plus propice à l’organisation d’un moussem. Le marabout en question est, comme My Abdessalam, niché au fond d’une montagne à l’autre bout d’une route sinueuse et, est donc difficile d’accès. Mais, pas pour ceux qui ont vraiment la foi. Pour les autres, ils peuvent toujours se consoler par la beauté du paysage. Des hauteurs à perte de vue, la vallée qui s’étend en une multitude de couleurs. Des troupeaux de vaches et des chèvres paissent sur le bord de la route. Les forêts denses de chêne-liège et les fiers oliviers font oublier aux visiteurs la sinuosité de la route et le mal de tête causé par les innombrables virages. Au détour d’un angle, se détachent en grosses lettres blanches, des formules à la gloire de Dieu: «Dieu est Paix», «Dieu est Clément». Encore quelques mètres, à parcourir à pied, et l’on parvient au sanctuaire. L’escalier à peine gravi, le pèlerin se faufile entre mendiants et commerçants. Ces derniers offrent aux visiteurs des cierges «pour la baraka»... Des tolbas psalmodient des versets du Coran. A la foule des Zouars se mêlent une horde de «Nekkachates». Assises sur les marches menant au mausolée, elles se précipitent à l’approche de visiteuses. Pour encourager les plus récalcitrantes, elles déclinent la modique somme exigée en contrepartie de leur service. Leur dialecte tétouanais se mélange aux autres bruits dans une cacophonie saisissante. Les pèlerins en quête de recueillement et de quiétude peuvent prendre leur mal en patience. Une sorte de tapis de liège, agréable sous les pieds, recouvre le sol qui abrite la nécropole du marabout. Le visiteur est invité à se déchausser avant d’y mettre pied. L’ambiance change tout d’un coup. Les mines des visiteurs sont plus paisibles, plus sérieuses tout d’un coup. Le brouhaha qui ne cessait d’enfler tout au long du chemin vers le sanctuaire s’est estompé doucement. Tout n’est plus que chuchotement et murmure. Les visiteurs semblent se mouvoir sur la pointe des pieds. Se retranchant dans le silence, chacun semble puiser au fond de lui-même le moyen pour rentrer en communion avec l’esprit du saint lieu. Une petite fenêtre grillagée - le chabak - ne laisse passer que l’obscurité. Dans la lumière vacillante des bougies, il est difficile de distinguer l’intérieur du sanctuaire. Tout au plus, croit-on décerner la forme allongée d’un tombeau recouvert d’un tissu vert. Les pèlerins brûlent des cierges en murmurant des vœux. D’autres, assis à même le sol, bercés par les chants et prières des tolbas, s’abîment dans la méditation. Avant de quitter le lieu, ils n’oublient pas de mettre de l’argent dans un coffre en acier. Les visiteurs qui viennent solliciter le «protecteur de la vallée» ne sont pas que de sexe féminin ni uniquement des habitants de la région. Nombre d’hommes, de jeunes, de tous les coins du pays font le pèlerinage. Une délégation de Sahraouis a également pris part à cette cérémonie. Des liens de sang les lient aux Chorfa Alamiyine. Des Zouars européens sont aussi de la messe. Belle illustration de l’islam populaire, le culte des saints ignore les frontières de religion ou de classe.


    Sultan des Jbala et maître du soufisme

    L’histoire de My Abdeslam, petit-fils de My Driss II, plonge ses racines dans le XIIIe siècle. Désigné comme un Qutb (pôle) du soufisme, le saint homme est originaire de la région de Beni Aross. Il va se retirer fin du XIIIe siècle jusqu’au début du XIVe sur le jbel Al Aâlam jusqu’à son décès en 622 de l’Hégire. Peu de choses sont connues sur la vie de cet illustre personnage. Sa tombe elle-même n’a pas toujours été le lieu des pèlerinages qu’elle est devenue par la suite. Mais, le cheikh des tribus des Jbala est réputé pour être l’initiateur de plusieurs maîtres du soufisme. Parmi eux, le fondateur de la confrérie des Chadiliya, l’imam Abou El-Hacen Chadili.K. E. H.

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