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    Le CIH atteint par le bug des règles prudentielles

    Par L'Economiste | Edition N°:599 Le 21/09/1999 | Partager

    · Les créances en souffrance à 6,74 milliards de DH

    · La banque se désengage doucement du tourisme


    Pour le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), l'exercice 98 aura été celui du bug réglementaire dû à l'application des règles de reclassement de créances définies par les autorités monétaires. Pour la première fois, la banque a aligné ses états financiers au dispositif de Bank Al-Maghrib. Résultat, les dotations aux provisions ont pris l'ascenseur (350 millions de DH, 33% de plus que l'exercice précédent) et le solde du compte de résultat plonge, affichant une perte de 175,65 millions de DH. Selon les analystes, le retour à l'équilibre n'est pas attendu avant plusieurs années, le temps que l'établissement digère la fin de la dérogation que lui avait accordée Bank Al-Maghrib en matière de classement de créances. L'annonce des résultats semestriels (la limite est fixée au 30 septembre) permettra d'avoir peut-être une première indication.
    Selon le dispositif de Bank Al-Maghrib, les créances sont classées prédouteuses au-delà de 3 mois de retard de paiement, douteuses au-delà de 6 mois et contentieuses lorsque le retard de règlement dépasse 9 mois. Le CIH bénéficiait d'un régime particulier, le classement de ses créances s'effectuant selon les maturités de 12,24 et 36 mois. Cumulées, les provisions atteignent 2,015 milliards de DH pour un montant de créances douteuses de près de 7 milliards de DH. Ce chiffre n'inclut pas celles qui sont couvertes par les hypothèques.

    A l'évidence, malgré une amélioration du recouvrement des arriérés, les créances hôtelières continuent de plomber les comptes du CIH. Au terme de l'exercice social 98, le montant des récupérations s'élevait à 4,62 milliards de DH, en hausse de 15%. Dans ce secteur, les tractations sur une dizaine de dossiers ont abouti pour un montant de 1,215 milliard de DH, souligne le rapport d'activité 98. Mais jamais la banque ne s'est montrée aussi prudente à l'égard de cette activité, en dépit d'un retour à la croissance dans le tourisme. L'an dernier, le montant des crédits octroyés à l'hôtellerie ne représentait que 0,4% des décaissements globaux. C'est un désengagement en douceur d'une activité qui jadis relevait de sa chasse gardée.
    Côté exploitation, le régime prescrit par la Direction commence à porter ses fruits: la croissance des frais généraux se maintient à 2% contre 9% en 1997. Idem pour l'évolution des charges d'exploitation bancaire dont la progression baisse de 5 points. Elle était de 7% une année auparavant. Pour autant, rien n'est gagné. A en juger le recul du produit net bancaire (-31%), le CIH a du mal à résister aux assauts de la concurrence sur ses terres de prédilection (l'immobilier), même s'il faut noter l'effet des règles prudentielles (435 millions de DH d'agios ont été passés à la trappe) et l'incidence du durcissement de l'appréciation du risque.
    Sur le plan commercial, la banque continue de marquer des points dans sa reconversion aux métiers de la banque universelle. Le volume global des crédits consentis aux clients (23,62 milliards de DH) est en hausse de 5,7%, où les maturités à moyen et long termes sont encore largement majoritaires. Comme ses consoeurs, le CIH a vu ses dépôts augmenter substantiellement (18%). A fin 98, ils s'établissaient à 7,79 milliards de DH.


    Lifting du réseau commercial


    L'un des objectifs que se fixe le projet d'entreprise en cours de finalisation est de retrouver le chemin de l'équilibre au plus vite. Pour montrer la "volonté de changement", une vaste opération de réaménagement du réseau commercial vient d'être lancée. A la banque, il est précisé «qu'il ne s'agit pas d'une opération cosmétique». En plus de la révision complète de l'identité visuelle, les 84 agences du réseau seront complètement rénovées et dotées des équipements les plus modernes en matière de télécommunication. Le tout sera finalisé dans quatre ans. En moyenne, une grosse agence nécessite 1,2 million de DH hors local. L'idée majeure est de consacrer plus d'espace au client et simplifier le processus de décision à l'intérieur de l'organisation.

    Abashi SHAMAMBA

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