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    Economie Internationale

    La politique du Peso fort ramène les Dollars

    Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

    Dans son plan de stabilisation, le gouvernement argentin a pris le pari fou d'arrimer la monnaie nationale au Dollar. Les investisseurs y ont vu un signe de fermeté. La confiance est revenue et les capitaux avec.


    En attaquant simultanément plusieurs fronts, les pouvoirs publics argentins ont multiplié les chances de réussite du programme du rengineering de l'économie. Pour M. Jorge Arguindegui, ce processus n'a pas été conduit sans difficultés: le bras de fer avec les syndicats et le lobbying de catégories socio-professionnelles qui s'accrochaient à des "privilèges".
    La réforme de l'Administration a été un des axes essentiels de ce plan. "Il fallait combattre la corruption et démanteler les rentes des situations et des niches...et surtout faire preuve de fermeté politique pour dénouer le nud gordien".
    Selon M. Arguindegui, l'une des sources à l'origine de la corruption résidait dans les transferts du Trésor aux entreprises publiques.
    Une fois l'indépendance de la banque centrale acquise, le cordon ombilical avec le Budget de l'Etat a été rompu. Il a été mis fin à toute réanimation financière de canards boiteux.

    A noter que toutes ces mesures ont été prises dans un contexte démocratique où la presse et les syndicats pouvaient librement s'exprimer, tient à préciser M. Arguindegui... "Peut-être que, sous une autre forme de gouvernement, ce programme aurait eu du mal à être mis en place, car c'est la stabilité du pays qui rassure les investisseurs étrangers".
    A ce propos, l'on rappellera que le maître d'uvre de ce plan, M. Domingo Cavallo, limogé l'été 1996, a été gouverneur de la banque centrale du temps de la dictature militaire. "A l'époque, il ne pouvait rien, car le cadre politique ne s'y prêtait pas".
    L'expérience peut-elle être transposable avec quelques aménagements? Il n'est pas facile de répondre à cette question, explique M. Arguindegui. "Le contexte géopolitique, l'histoire, les traditions du pays représentent une limite, même si les principes et techniques économiques sont valables partout".
    Sur un plan strictement technique, c'est facile de bâtir un immeuble, convient le conseiller. "Le plus difficile c'est de savoir quand et comment l'aménager".

    Mort cliniquede l'économie


    A son avis, le problème est d'abord d'ordre politique. "Il y a sans doute beaucoup de mesures appliquées en Argentine qui peuvent être transférées ailleurs, mais il faut rester prudent".
    Les grandes banques interna-tionales se bousculent à nouveau sur le marché argentin. "Si ces organismes viennent s'installer en Argentine après six ans du programme de redressement, c'est-à-dire que ce pays est redevenu stable".
    Conséquence du retour de la confiance externe, la "prime de risque" du pays est en baisse. Rassurée par la politique du Peso fort, dont la convertibilité est entièrement garantie par les réserves en or de la banque centrale, la bourgeoisie locale a commencé à rapatrier sa fortune qu'elle avait pris l'habitude de placer dans les banques américaines. En 1992, 8 milliards de Dollars étaient rapatriés. La cote de la signature du pays sur le marché international est à nouveau à la hausse. Le Trésor a levé au total 6 milliards de Dollars en 1996 contre seulement 40 millions en 1989.
    Le taux d'investissement a fait un bond spectaculaire, passant de -14% du PIB à +20% en 1997. Le Budget de l'Etat affiche même un excédent de 1,1% du PIB contre -12,5% en 1989 malgré des allégements fiscaux estimés à 1,3 milliard de Dollars.

    L'Argentine qui figurait naguère dans le top-ten des puissances économiques s'est vu reléguer dans les profondeurs du classement. Le pays était dos au mur, avec un taux d'inflation de 5.000% et un secteur public à la dérive, l'économie était cliniquement morte.
    Au final, dixit le conseiller, c'est l'Argentin moyen qui a gagné: d'une manière générale, la qualité de vie est bien meilleure qu'il y a quelques années, affirme M. Arguindegui. Le revenu par tête d'habitant a presque été multiplié par quatre: 8.000 Dollars en 1996, contre 2.200 en 1989.
    Par ailleurs, la pauvreté a reculé même si la tendance s'inverse sous l'effet de la poussée du chômage, "une des zones d'ombre du programme". Le taux de chômage s'élève actuellement à 17,3% de la population active, et pour la première fois depuis la transition démocratique, de violents heurts ont opposé la population aux forces de l'ordre dans le Nord du pays.o

    Abashi SHAMAMBA





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