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    Economie Internationale

    Argentine: Le rengineering d'un pays qui a tout libéralisé

    Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

    Grâce à un ambitieux plan de restructuration assis sur la privatisation et la réforme monétaire, l'Argentine a réussi un redressement spectaculaire. M. Jorge Arguindegui, conseiller à la Chambre Argentine de Commerce International, explique les recettes de son pays.


    NI les accusations de corruption qui éclaboussent régulièrement l'entourage du président Carlos Menem, ni la montée du chômage n'auront entamé l'aura associée au plan de stabilisation économique de son pays. L'Argentine est souvent citée en exemple dans les forums internationaux. Experts du FMI et analystes occidentaux sont admiratifs: "Aucune économie n'a connu autant de transformations et à une vitesse aussi rapide que l'Argentine", confiait récemment Daniel Heymann du Centre d'Etudes pour l'Amérique latine au "Monde".
    Le succès le plus retentissant du plan de stabilisation de l'économie aura été la victoire spectaculaire sur l'inflation. La hausse de prix, qui atteignait 5.000% en 1989, est tombée à moins de 2% l'an. Entre-temps, les réserves de change s'envolaient. Elles sont évaluées à 20 milliards de Dollars après avoir fondu de moitié à cause de l'"effet Tequila", du nom de la crise mexicaine de 1994. Les indicateurs macroéconomiques faisaient de ce pays l'un des plus attrayants de la région. Le PIB enregistrait une croissance euphorique: 32% en quatre ans, même si l'économie a dû affronter une récession en 1995, après le recul de 4,6 points du PIB.

    Jadis synonyme d'instabilité politique et économique, l'Argen-tine a réussi à reconquérir la confiance de la communauté financière internationale grâce à un audacieux plan de restructuration.
    Selon M. Jorge Arguindegui, une des clés essentielles de la réussite a été la déclaration de guerre aux déficits fiscal et budgétaire.
    Beaucoup d'entreprises ont opté pour la transparence, attirées il est vrai par un taux d'imposition de 15% sur le résultat, qui a eu pour effet de réduire l'intérêt du recours à la fraude. A cette carotte, les pouvoirs publics ont ajouté le bâton en menant une lutte implacable contre la fraude à l'impôt. Les effets ne se sont pas fait attendre: les recettes de la TVA ont été galvanisées, atteignant vingt-cinq milliards de Dollars contre seulement 2,5 milliards auparavant. Entre 1990 et 1996, le nombre de sociétés inscrites au Fisc est passé de 18.000 à 1,5 million.

    24 milliards de Dollars de recettes


    Le pays compte également 4 millions de contribuables à l'Impôt sur le Revenu. "C'est le côté révolution culturelle de ce programme", commente M. Arguindegui.
    Le plan de stabilisation reposait sur la fameuse "loi de convertibilité" assise sur une parité fixe avec le Dollar, 1 Peso pour 1 Dollar, (au Forum Finance de L'Economiste, les experts de Bank Al-Maghrib n'en revenaient pas) et l'ouverture du marché argentin aux importations étrangères.
    A cela s'ajoutent les quatre
    autres piliers: la réforme de l'Etat, le démantèlement de barrières douanières, l'intégration régionale et le programme de privatisation.

    Axé sur la libéralisation et la déréglementation totale, ce plan rompait avec le dirigisme étatique bien ancré depuis plus d'un demi-siècle. La privatisation, fer de lance de la libéralisation, a touché tous les secteurs, sans exception et sans état d'âme: du téléphone au pétrole en passant par l'eau, l'électricité, le gaz, les transports et les télécommunications, les ports et bientôt les aéroports et les centrales nucléaires... Tout ou presque est passé aux mains du secteur privé. Au total, la cession de participations publiques a rapporté 24 milliards de Dollards au Trésor. Une partie de cette cagnotte a servi à financer les plans sociaux, l'essentiel ayant été affecté aux infrastructures sociales et au désendettement du pays. Le service de la dette extérieure est passé à 1,7% du PIB, soit l'un des plus bas au monde. Le Mexique et les Etats-Unis sont à 4%.
    M. Arguindegui réfute l'idée selon laquelle l'Argentine serait un laboratoire de l'ultra-libéralisme à l'américaine. "Je pense que ça n'a pas été un laboratoire", dit-il. Reste que l'essentiel de la technocratie du pays est le pur produit des universités américaines. Nombre de ses membres sont titulaires de Phd d'économie obtenus à Stanford, Chicago, Harvard, Yale, etc. "Il ne faut pas sous-estimer la ferme volonté du président Carlos Menem, l'appui de la classe politique et l'adhésion des milieux d'affaires. Ces deux éléments ont in-contestablement joué le rôle d'anabolisant au processus", explique le conseiller.

    Abashi SHAMAMBA.

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