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    Société

    La «femme au foyer» plébiscitée

    Par L'Economiste | Edition N°:2366 Le 21/09/2006 | Partager

    . 77% des enquêtés y sont favorables. L’instruction, une valeur sacrée. Plus de femmes dans les partis: 42,7% pourL’encouragement de l’éducation de la femme et son accès au travail suscite l’unanimité. La quasi-totalité de la population (92%) est favorable à l’égalité des sexes en matière d’instruction. A vrai dire, ce n’est pas aussi simple. L’enquête du HCP révèle quelques contradictions qui donneront du fil à retordre à tous les sociologues. Ainsi 74% de la population sondée est pour le travail de la femme. L’explication donnée par le HCP à ces véritables consensus est pour le moins intéressante. «Les attitudes et les positions exprimées traduisent moins une mutation culturelle qu’une évolution dictée par des besoins d’ordre économique», a affirmé Lahlimi, citant une des principales conclusions de l’enquête. C’est l’amélioration des revenus actuels ou futurs des familles qui motive l’adhésion aux droits des femmes à la scolarisation et au travail. L’accès des femmes à l’éducation n’est considéré comme un droit naturel que par 47% de la population et 55% des citadins. De même, seuls 21% (24% des citadins) des enquêtés pensent que leur accès au travail est un droit. Même si dans une moindre mesure, ces avis sont partagés même par les personnes ayant un niveau d’instruction supérieur (respectivement 64% et 50%). Si l’explication est économique, la femme devrait donc s’impliquer financièrement dans l’entretien de son ménage. Une idée partagée par 80% des enquêtés et qui tranche avec la vision traditionnelle voulant que le mari soit le seul responsable des dépenses familiales (nafaqa). Oui, mais rapporté aux 74% qui sont pour la «femme au foyer», cela fait tout de même étrange. D’un côté, on veut que la femme ne travaille pas, de l’autre, qu’elle aide financièrement au budget familial!Ils sont 15% seulement à être pour une libre disposition de la femme de son revenu. Par contre, 5% plaident pour le versement par la femme de la totalité de ses rentrées d’argent à son époux. L’importance des considérations économiques n’exclut pas l’existence de positions hostiles à l’accès des femmes à l’éducation et au travail. 24% des Marocains sont défavorables au travail des femmes. Parmi eux, 77% considèrent que «la place de la femme est au foyer» et 18% pensent qu’en accédant au monde de l’emploi, les femmes ne feraient que concurrencer le travail des hommes. Alors récapitulons: 74% des enquêtés sont pour le travail de la femme et 77% sont pour la femme au foyer. Autrement, la présence des femmes dans l’éducation, le travail et l’espace public est réelle. L’évolution est palpable. Ainsi 83% de la population estiment que le nombre de femmes et de filles instruites a augmenté. 61% pensent que les femmes exerçant des activités rémunérées sont plus nombreuses. 77% de la population relèvent l’importance de la présence des femmes dans les espaces publics. Et 57% des Marocains sont favorables à un accès égalitaire des femmes et des hommes à la fois à l’instruction, au travail et à un plus grand espace dans la gestion des projets économiques. Ce pourcentage diminue lorsqu’il s’agit de l’accès des femmes à des postes de responsabilité. Il passe à 51,4% quand il est question de voter pour une femme candidate au bureau d’une association, un syndicat, un parti politique ou au Parlement. Les réticences demeurent de mise. Seuls 42,7% sont favorables à l’augmentation du nombre des femmes dans les partis politiques.


    Fiche technique

    Troisième du genre, après celle réalisée par le HCP auprès des journalistes et des jeunes, l’enquête sur les femmes rentre dans le cadre de la construction de la base Prospective Maroc-2030. Elle a été réalisée en février 2005 auprès d’un échantillon de 6.378 personnes (47,3% d’hommes et 52,7% de femmes). Elle a été axée sur trois dimensions d’analyse. La première a trait à la perception. La deuxième concerne l’attitude, c’est-à-dire l’opinion de l’enquêté par rapport à l’évolution affectant la place ou le rôle des femmes dans la société. La troisième dimension porte sur la position. En d’autres termes, il s’agit des différents jugements relatifs à cette évolution, motivée par des valeurs, des convictions ou des idéologies.


    Conservatisme

    Il ressort des chiffres de l’enquête que la société marocaine perçue sous l’angle de la femme connaît une évolution marquée par la transition d’une société traditionnelle vers une société moderne. «Mais les changements qu’elle connaît s’opèrent sous l’effet de comportements économiques liés à un système de production moderne (emploi et revenu) sans que cela ait un effet profond sur les valeurs et les mentalités traditionnelles», estime Lahlimi. Résultat, la culture dominante connaîtra, avec une croissance plus forte, une plus grande création d’emplois et un niveau de développement humain plus élevé, une libéralisation progressive au plan socioculturel. Cela se fera sans rupture fondamentale avec ses valeurs traditionnelles, telles que le respect de la famille et des hiérarchies familiales et la «hichma», la pudeur. T. Q.

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