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Entreprises

La Comanav en eaux troubles

Par L'Economiste | Edition N°:639 Le 16/11/1999 | Partager



· La situation financière de l'entreprise plombée par les frais financiers
· La survie du transporteur suspendue à la restructuration et à l'injection d'argent frais par l'Etat
· Un comité d'audit est prévu pour le 22 novembre en attendant un décisif conseil d'administration le 24


La Comanav serait-elle en train de couler? Ce qui est sûr en tout cas c'est qu'elle traverse des zones de turbulence malgré les assurances de son président, M. M'Hammed Benharouga, dont la rumeur casablancaise donne le départ pour imminent.
La situation de l'entreprise n'est pas aussi idyllique qu'il le prétend. A sa décharge, un lourd héritage trouvé dans l'entreprise à son arrivée il y a cinq ans. Depuis, les déficits cumulés ont été réduits de 60 millions de DH et la compagnie a entre-temps investi 450 millions de DH dans l'acquisition de navires afin de "reconstituer son fonds de commerce". Sans ces investissements, la Comanav aurait coulé, confie le président. Mais pour autant elle n'est pas sortie de la zone de turbulence. Sa trésorerie est au plus mal. Le transporteur ne doit en partie la continuité de son exploitation qu'à la bienveillance de ses banquiers qui lui consentent d'énormes découverts, plusieurs centaines de millions de DH qui dépassent le montant de son capital social. Ce qui n'a pas du tout l'air d'inquiéter le président, car, soutient-il, "c'est normal qu'une société ait un découvert". Celui de la Comanav est dans les normes, poursuit-il, soit 15% de son chiffre d'affaires. Rares cependant sont les entreprises qui vont jusqu'à franchir la ligne rouge en dépassant leur capital social.
Aujourd'hui, la compagnie ne travaille pratiquement plus que pour honorer les frais financiers à ses banquiers. La situation est la conséquence d'une option allant contre toute logique de l'orthodoxie financière. Le transporteur avait financé une partie des investissements par des crédits à court terme. Des ressources courtes contre des emplois longs. M. Benharouga le justifie par le fait que l'Etat n'avait pas à l'époque apporté l'argent promis pour recapitaliser la société, et donc financer les investissements. L'endettement total s'élève 600 millions de DH, représentant la moitié du bilan. Théoriquement, les analystes financiers admettent un rapport de 1 à 2 entre les dettes et les capitaux permanents, et non par rapport à l'ensemble du bilan. Au siège du transporteur à Casablanca, on table sur la sortie du décret d'application de la réévaluation des bilans pour améliorer la structure financière de l'entreprise. Le haut du bilan contient, soutient le directeur financier, d'importantes plus-values latentes. Oui mais, la réévaluation ne se traduira au mieux que par une correction de l'image du bilan. L'opération n'a rien d'une injection d'argent frais dont a grandement besoin aujourd'hui l'entreprise.
Pour l'exercice en cours, la Comanav dégagera un résultat d'exploitation positif, révèle son président qui va même jusqu'à affirmer qu'il peut se passer de la recapitalisation de l'Etat. Par ailleurs, avec une flotte de 14 navires pour près de 1.400 salariés, la productivité de la compagnie est à la traîne. La norme internationale dans le secteur est de 5 à 7 employés administratifs par navire.
Face aux prévisions alarmistes sur l'avenir de la compagnie, M. Benharouga s'en tient, lui, à une des conclusions de l'audit qui, de son point de vue, reflète la tonalité générale du rapport, alors que sa tutelle s'inquiète publiquement de l'état de la compagnie. Sur une prochaine privatisation, le ministre du Transport confiait que, valeur aujourd'hui, il est impossible de privatiser la Comanav. Aucun investisseur ne prendrait des risques sur cette entreprise(1). En attendant, le plan de redressement s'appuie sur une éventuelle recapitalisation par l'Etat, son actionnaire principal (67%). Le reste du capital est détenu par l'OCP, BMCE Bank, et l'OCE. Le transporteur devra par ailleurs se séparer de ses participations pour renflouer sa trésorerie. Après restructuration, deux options sont envisagées par le gouvernement, ouverture du capital ou privatisation totale.


Extraits de l'audit de KPMG


Les mesures de redressement prises ont porté leurs fruits". KPMG affirme dans son rapport que "la vision globale de l'avenir des options arrêtées présente un niveau de qualité incontestable. Les choix faits en matière de management et de gestion des ressources humaines sont à notre point de vue les plus judicieux". Ce passage a fait bondir une partie des cadres du transporteur qui ont même adressé une longue missive datée du 31 octobre aux plus hautes autorités du pays (Cabinet Royal, Primature). La lettre décrit le "malaise général et les pratiques de clientélisme qui règnent dans la maison". Les signataires se prononcent contre une éventuelle recapitalisation de l'entreprise qui risque de camoufler les difficultés et les carences de gestion de la société. Pour eux, c'est clair, leur compagnie prend l'eau de toutes parts et, si rien ne change d'ici là, elle va tout simplement sombrer. Les employés devront préparer leur gilet de sauvetage.

Abashi SHAMAMBA

(1) Voir l'interview du ministre du Transport et de la Marine Marchande dans L'Economiste du 8 octobre 1999.

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