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    Courrier des Lecteurs

    La Banque Centrale Européenne veut augmenter ses taux d'intérêt

    Par L'Economiste | Edition N°:598 Le 20/09/1999 | Partager

    · La mesure devrait être prise d'ici la fin de l'année ou début 2000

    La Banque Centrale Européenne (BCE) s'apprête-t-elle à remonter ses taux d'intérêt? Elle multiplie, en tout cas, depuis quelques semaines les signaux en ce sens, comme si elle préparait les marchés, les gouvernements et les opinions publiques de la zone Euro à une augmentation présentée comme inéluctable. "On va vers une hausse, c'est clair, même s'il est difficile de dire précisément quand elle aura lieu", confirme un expert proche de la BCE: "On s'approche du moment où ne rien faire risquerait de créer une tension sur les prix". Beaucoup d'analystes jugent que ce mouvement pourrait avoir lieu d'ici la fin de l'année ou au tout début 2000.
    A priori, une telle mesure est totalement incompréhensible: la croissance de la zone Euro sort à peine d'un sérieux trou d'air dû aux crises asiatique et russe, et parmi les grands pays, seule la France paraît durablement tirée d'affaire. En outre, comme l'a reconnu, le 9 septembre, Wim Duisenberg, président de la BCE, la croissance est accompagnée d'une "bonne perspective d'évolution des prix" qui resteront "inférieurs au plafond fixé par la BCE". Dès lors, pourquoi la BCE compte-t-elle prendre le risque de casser la croissance?
    Ses premiers pas ont pourtant été plutôt accommodants puisqu'elle a baissé son principal taux à deux reprises, le 3 décembre 1998 puis le 8 avril 1999, pour le ramener à 2,5% et soutenir ainsi une croissance chancelante. Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque de France et futur président de la BCE, proclame néanmoins dès le 9 avril qu'un "cycle de baisse considérable des taux d'intérêt en Europe" s'achève. Le message est clair: la BCE n'ira pas au-delà et ce, d'autant plus que l'Euro poursuit sa glissade face au Dollar. Or, la Banque Centrale, sans vouloir à tout prix d'un Euro "fort", ne voit pas d'un bon oeil cette baisse continue.
    En outre, quelques semaines plus tard, les relations entre BCE et gouvernements de la zone Euro se sont brutalement tendues. Le 25 mai, les Onze ont autorisé l'Italie à s'affranchir de son programme de stabilité qui prévoyait un déficit ramené à 2% fin 1999, Rome faisant valoir qu'elle aurait des difficultés à faire mieux que 2,3%. Or, pour la BCE, un dérapage des déficits constitue une menace à long terme pour la stabilité des prix.
    Le retour de la croissance, au début de l'été, n'a pas calmé le jeu: plusieurs Etats, dont la France, auraient aimé utiliser les marges de manoeuvre dégagées à attiser la croissance plutôt qu'à combler les déficits. Mais, finalement, les Onze sont revenus à la BCE. Dominique Strauss-Kahn, le ministre de l'Economie et des Finances, l'a admis le week-end dernier, en Finlande, en martelant qu'il n'y a "pas d'excédent quand on a 200 milliards de Francs français de déficit. Il ne faut pas rêver".


    Croissance non inflationniste


    La BCE n'a pas infléchi son discours, public ou privé. "La plupart des indicateurs, sans que cela ne soit alarmant, signalent des éléments qui n'étaient pas là au début de l'année", souligne une source monétaire.
    En particulier, le prix des matières premières a augmenté (celui du pétrole a doublé) et le taux de change, notamment vis-à-vis du Dollar, ne s'améliore pas. Dans l'esprit des banquiers centraux, les risques d'inflation importée sont loin d'être négligeables. La BCE doit veiller à ce que la croissance soit non inflationniste. Si elle agit trop tard, elle risque de le faire trop fort et casser donc la croissance.

    Jean QUATREMER, correspondant à Bruxelles
    Syndication L'Economiste-Libération (France)

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