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Humeur du VendrediLa vie est un long film tranquille…

Par L'Economiste | Edition N°:949 Le 02/02/2001 | Partager

Par Mohamed LAROUSSISamedi dernier, j'ai eu le privilège d'assister à Marrakech à l'ouverture du 6ème Festival National du Film. Et croyez-moi, ce n'était pas du folklore. Ce n'est pas Cannes, mais on n'en était pas trop loin. On a même eu droit à une ancienne mais digne représentante de la Croisette. Elle était là, assise à côté de nous, dégustant les mêmes canapés et jus d'orange que nous. (entre nous c'est tout ce qu'il y avait). Donc, actualité oblige, je souhaiterais discuter cinéma avec vous. L'occasion est trop belle pour que je la laisse passer. Depuis le temps que j'ai envie de parler d'autre chose que de politique, c'est aujourd'hui ou jamais. En plus, ça tombe bien: il ne se passe rien. Ou plutôt, pour être honnête, pas grand-chose. Oui, c'est vrai, il y a eu encore quelques petits milliards «d'envolés«, mais, vous me connaissez, je n'aime pas trop me répéter. J'ai toujours peur de faire fuir mes lecteurs. J'en profite, au passage, pour les remercier pour leur persévérance et leur témérité. Moi, pour éviter ce type de risque, je fais comme les footballeurs. Quand ils ne savent plus quoi faire du ballon, ils le renvoient en touche. D'ailleurs, je parle pour ne rien dire, car, tout ça n'a aucun rapport avec l'affaire des milliards. Pour votre gouverne, ce dossier a été «confié« à la justice. Pour vous dire qu'il est entre de bonnes mains. Maintenant, on est tranquille pour un bon moment. Je ne dis pas ça pour moi. Moi, personne n'a jamais voulu me prêter le moindre petit milliard. On ne me prête même plus attention. Je disais ça pour les autres. Ne vous pressez surtout pas. En tout, attendez que l'hiver passe. Il paraît qu'il fait -23° à Montréal. C'est un ami qui me l'a dit. Il a un parent là-bas. C'était un grand promoteur immobilier, riche, puissant et tout et tout. Dès qu'il a entendu parler de l'arrivée de la gauche au pouvoir, il a fui comme un malpropre. Pourtant, quand il était étudiant, il avait lu comme moi, comme vous, enfin… comme tout le monde, Marx, Lénine et tout le bataillon. Mais, ça remonte à si loin. On change, vous savez. Le pauvre, à chaque fois qu'il entendait le mot «Alternance«, il avait des cauchemars la nuit. Il rêvait de la dictature, du prolétariat, des verts, de Brejnev, de la prise de la Bastille, de Cohn Bendit, du Mur de Berlin, de Robespierre… Tout était confus. Mais, une nuit, il l'a vu et il l'a bien reconnu. C'était lui, il en était sûr: Amaoui en Premier ministre, arguant la foule en délire. Il se réveilla tout en sueur. Le matin même, sa décision était prise: il part. Heureusement, il gardait tout le fruit de son dur labeur chez lui, bien au chaud. Il n'a même pas eu le temps de le compter. D'ailleurs, il ne sait même pas compter. Je ne sais pas pourquoi, mais il n'a jamais fait confiance aux banques. Pourtant, il n'est même pas de Nador. Toujours est-il, arrivé là-bas, à Montréal, il s'est aussitôt converti dans la lessive. Comme il est un peu mat de peau, il dit souvent pour rigoler: «J'ai choisi la lessive pour me faire blanchir«. En attendant, comme je viens de vous le dire, ça caille de l'autre côté et ce n'est vraiment pas le moment de sortir. Et puis, entre nous, la justice, elle n'a pas que ça à faire. Elle n'a même pas le temps de s'occuper des chauffards-kamikazes qui sont en train de donner un coup fatal à notre croissance démographique et dont nous sommes si fiers. Au fait, quand vous êtes au volant, faites gaffe. On pénalise comme ce n'est pas permis. Un petit vert un peu mûr, un petit stop à peine entamé, et on vous transforme aussitôt en bandit de grand chemin: menottes, fouille, gyrophare et tout le bataclan. Vous voulez un bon conseil? Ayez toujours sur vous le numéro de votre avocat. Il paraît que ça impressionne. C'est comme dans les films policiers. Oh là là! J'ai oublié le cinéma. Je parlais de Marrakech, c'est ça? Savez-vous qu'à Marrakech, on a démoli, pour les besoins d'un film, 500 maisons, comme ça, d'un coup. C'était vraiment du grand cinéma. En plus, il n'y avait aucun trucage. Il y a quelques années, sur les mêmes lieux, on avait tourné un autre film, avec les mêmes acteurs. On a juste inversé les rôles: les bandits d'hier sont devenus les justiciers d'aujourd'hui. On appelle ça: «Des rôles de composition«. On ne vous le dira jamais assez: le Maroc est un grand pays de cinéma. Tenez, au moment où je vous parle, on tourne à Fès un film américain avec, comme seuls acteurs, des animaux. Et pas n'importe lesquels: les ânes. L'histoire se passe dans un hôpital où seule cette faune est admise. Le message est simple: «Quand on sauve un âne, on sauve son propriétaire«. Ce n'est pas bête ça! Casablanca, la ville chérie de Bogart, n'est pas en reste. On y prépare un long métrage qui va être un peu la suite du Parrain. C'est l'histoire de gros bonnets qui ont touché, pendant des années, des dividendes réels sur des bénéfices fictifs. Le réalisateur n'arrive pas à boucler son projet, car il aurait des problèmes de casting. Certains acteurs ont, soudainement, disparu. A Tanger, un autre film. Il s'agit d'une équipe d'éboueurs qui décident de faire grève pour protester contre l'abondance d'argent sale. Titre (provisoire): «Les nettoyeurs sont de retour«. Un suspense garanti. Et puisque nous sommes à Tanger, «Le pain nu« de Choukri est de nouveau interdit. Mais, cette fois-ci, c'est au Salon du Livre du Caire. Il n'est pas le seul d'ailleurs. Fatima Mernissi aussi. Elle, c'est parce qu'elle aurait parlé de choses un peu «haram«. Mais moi, je crois qu'ils ont fait ça pour se venger de leur match nul contre nous. Tiens! Et si, à notre tour, on leur interdisait de passer sur nos écrans? Au moins, ça laissera de la place à nos productions. On pourrait même en faire un film. Et on l'appellera: «Les gens du livre contre le pharaon«. J'ai des noms à proposer pour le rôle du pharaon. Bon week-end et à vendredi prochain. Si vous m'appelez.

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