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    Politique Internationale

    Heurs et malheurs des théâtres lyriques

    Par L'Economiste | Edition N°:224 Le 04/04/1996 | Partager

    Ironie du sort! A Venise, le superbe théâtre de la Fenice -joyau de la cité des Doges- disparaît dans les flammes. A Paris, l'Opéra Garnier renaît après des mois de travaux de rénovation. Au fil des ans, il a subi, lui aussi, l'épreuve du feu, puis d'une lente usure, enfin de la décision -très controversée- d'ouvrir une autre scène lyrique plus moderne, l'Opéra Bastille. Le Palais Garnier sommeillait doucement. Ses ors se fanaient, les lustres et girandoles s'empoussiéraient, le velours des fauteuils montrait sa trame. Après 120 ans de bons et loyaux services, la gloire de l'art lyrique et de la danse, immortalisée par le chef-d'oeuvre de Carpeaux, la plus grande salle lyrique du monde allait-elle disparaître?
    C'est en 1860 qu'un concours s'ouvre à Paris pour l'édification d'un second opéra. 171 architectes y prennent part. La palme revient, à l'unanimité, à Charles Garnier grand Prix de Rome. Il a 35 ans.
    Le travail de fondations est gêné par une nappe d'eau souterraine (que n'a-t-on pas dit sur cette mystérieuse rivière!) mais la première pierre est posée en 1862. Les travaux suivent leur cours. Napoléon III et son épouse, l'impératrice Eugénie, viennent visiter les lieux. On connaît la phrase de Garnier. En réponse à l'impératrice, un peu étonnée du style néoclassique de l'ensemble, il affirme audacieusement: "Madame, c'est le style Napoléon III".
    L'Empire s'effondre, ce n'est qu'en 1875 que l'Opéra est inauguré en présence du Maréchal de Mac-Mahon. C'est le plus vaste théâtre du monde avec 11.000 m2 de superficie. Cependant, la scène, les dépendances, les dégagements, ont tant d'ampleur qu'il n'y a place que pour 2.200 spectateurs alors que la salle du Châtelet peut en recevoir 3.000.

    La superbe façade donne sur la place de l'Opéra. Des arcades donnent accès aux vestibules. A l'étage s'ouvre une majestueuse loggia dans le style italien sur laquelle donne le foyer, rendez-vous de toutes les élégances les soirs de représentations.
    L'escalier de marbre est majestueux. Garnier utilisa toutes les variétés de marbre provenant de carrières de France, de différentes couleurs: blanc, bleu, rose, rouge et vert.
    La salle est impressionnante par ses proportions élégantes, ses confortables fauteuils, ses loges et son immense lustre, électrifié au début du siècle.
    Tout a été rafraîchi, nettoyé, dépoussiéré. Le plafond peint par Chagall, il y a une quarantaine d'années seulement (il n'a pas fait l'unanimité, certains le trouvant trop moderne), a retrouvé ses fraîches couleurs.
    Le 3 mars dernier, le Palais Garnier a rouvert ses portes au Tout Paris pour une éblouissante soirée. Sous la baguette de Sir Georg Solti -un des plus grands chefs de notre temps- ont retenti les impérissables accents du Don Giovanni de Mozart.
    On a un peu déploré ce choix, les inconditionnels de l'art français auraient souhaité entendre un des chefs-d'oeuvre du répertoire lyrique de France: Faust ou Carmen, par exemple. Mais l'art n'a pas de patrie et le divin Mozart trouve sa place sur toutes les scènes du monde.

    Françoise FABIEN

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