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    Haschich ou kif... le cannabis n’est pas une drogue «douce»

    Par L'Economiste | Edition N°:2919 Le 12/12/2008 | Partager

    . Sa consommation affecte la concentration, la perception et les réflexes . Jeunes et adolescents en sont les premières victimesConnu sous différentes appellations (haschich, kif, herbe...), le «cannabis» est considéré comme une drogue «douce», du fait que sa consommation induit une dépendance psychique et un risque de décès, plus ou moins, «faibles». Du moins, c’est ainsi que le considèrent les «spécialistes» en la matière.Cependant, dans la pratique, «toutes les drogues sont dures». «Je conteste cette appellation «drogue douce», dans la mesure où l’on enregistre souvent des usages et des consommations très importants de ces drogues», affirme Soumia Berrada, professeur agrégée de psychiatrie, présidente de l’association «Nassim» de prévention et de lutte contre les toxicomanies et responsable du diplôme universitaire sur les troubles addictifs à Casablanca. Et d’ajouter, «la prise régulière du cannabis représente un véritable risque d’un possible passage vers d’autres drogues plus dangereuses, comme l’héroïne ou la cocaïne». Ce qui fait du cannabis une substance à même de provoquer une dépendance psychique et physique très forte, conduisant donc à la toxicomanie. Du grec «toxikon»: poison et «mania»: folie, ce phénomène se traduit par un usage répété et excessif d’une ou plusieurs substances toxiques. Cet usage s’accompagne d’un désir incontrôlable de continuer à consommer le produit (addiction ou dépendance), d’une tendance à vouloir augmenter les doses (tolérance) en plus de plusieurs conséquences souvent néfastes (émotives, sociales ou économiques) sur la vie quotidienne. Le cannabis est une espèce de plante, appelée aussi «chanvre», qui connaît de multiples utilisations (textile, médecine, cosmétique, fabrication d’huiles, alimentation animale...). Cependant, sa consommation en tant que drogue reste l’utilisation la plus fréquente. Fumé ou ingéré, le cannabis est présenté essentiellement sous trois formes. Connue pour sa forte odeur et sa couleur verte, brune ou grisâtre, «l’herbe» est la première dérivée de la plante. Elle est composée de feuilles et de graines. La substance est généralement fumée mélangée au tabac et roulée dans du papier à cigarette. C’est ce qui donne ce qui est communément appelé «joint ou pétard». Quant au «haschich», c’est le produit obtenu après transformation du «kif». Après un habile «travail» de la «matière première» (le kif), l’on obtient une sorte de résine molle soustraite de la plante. Le système est apparemment simple: le «produit» est obtenu par battage des feuilles sèches du kif qui sont ensuite compressées pour obtenir un cube ou un bloc. Se présentant, donc, sous forme de morceaux de couleur brunâtre, le haschich est, lui aussi, fumé (pur ou mélangé au tabac), sous forme de joints. Certains vont même pousser «l’innovation» jusqu’à l’inclure dans des décoctions ou dans les ingrédients pour faire des biscuits ou des gâteaux. Voilà pour les multiples utilisations de cette plante dont le Maroc est, malheureusement, premier producteur mondial.Cultivé principalement dans la région du «Rif» depuis plusieurs décennies, le cannabis permet également de produire une substance plus rare et plus dispendieuse: l’huile du cannabis. Il s’agit d’un liquide visqueux et goudronneux, souvent vert foncé, marron ou noir. Obtenue par percolation à partir du haschich purifié avec un solvant organique ou de l’alcool, cette huile est souvent ajoutée au mélange constituant le «maâjoun». Elle peut être, aussi, déposée sur le papier à cigarette ou ajoutée aux joints pour en augmenter la «puissance». Ce qu’il faut savoir c’est que toutes les formes de cannabis sont des substances qui perturbent l’esprit chez les consommateurs. Ces derniers, rappelons-le, peuvent développer une dépendance psychologique, notamment si la consommation de cette substance devient leur centre d’intérêt. Leur seuil de tolérance augmente, le «besoin» aussi. Pour éviter d’être «en manque», l’on consomme davantage de drogue à la recherche de l’effet euphorique. Une courbe ascendante à laquelle peu d’habitués arrivent à faire face. En effet, le nombre de toxicomanes ne cesse d’augmenter.Mais les effets de la consommation de cette drogue ne sont pas seulement d’ordre psychique. Ils ont également des incidences très graves sur le plan physique même si la dépendance demeure contestée par certains spécialistes. Toutefois, ils ne nient pas l’apparition de symptômes liés notamment au sevrage lors de l’arrêt de la consommation de cannabis. Les plus apparents restent l’angoisse, la nervosité, l’insomnie, les sueurs et la perte d’appétit. En effet, «les problèmes engendrés par une addiction sont multiples et peuvent être d’ordre physique, psychologique, relationnel, familial, ou social», indique Berrada. «La dégradation progressive et continue à tous ces niveaux rend le retour à un comportement contrôlé et normal de plus en plus difficile et problématique», insiste-t-elle. Les effets du cannabis ne dépendent pas seulement du mode de consommation ou de la quantité consommée, mais aussi de la personnalité de l’individu qui en consomme et de son état d’esprit. Fumé, le cannabis provoque ses premiers effets en quelques minutes. Ils durent de 2 à 4 heures. Ingurgité, ses manifestations interviennent 30 minutes après, mais ses effets persistent de 3 à 8 heures. Beaucoup de personnes, notamment parmi les jeunes et les adolescents, recourent au cannabis pour agir sur leur humeur, leurs sensations, voire leur comportement. Ainsi, elles peuvent se sentir plus relax, gaies et insouciantes. Mais «l’euphorie peut facilement se transformer en déprime et provoquer d’autres difficultés psychiques», affirme Berrada.


    Vulnérabilité

    «La consommation du cannabis est beaucoup plus problématique chez les sujets vulnérables: adolescents et personnes développant des troubles mentaux», indique Soumia Berrada. Dans l’immédiat, juste après sa consommation, le cannabis provoque une rougeur de l’œil, un rire spontané, une somnolence, une anxiété ou panique, une dépression, des habiletés motrices, une augmentation du rythme cardiaque, une baisse de la tension artérielle... Le cannabis affecte, donc, la concentration, la perception, les réflexes et la coordination. Ce qui modifie la capacité d’une personne à conduire prudemment ou à utiliser tout appareil électrique ou autres. En cas de consommation régulière et fréquente, et donc à long terme, le cannabis peut entraîner une réduction de l’ambition et de la motivation. Il devient également nocif pour le système pulmonaire et affecte les organes sexuels et les neurones. B. S. & J. E. H.

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