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Culture

«Gagner le Goncourt change une vie»

Par L'Economiste | Edition N°:3472 Le 23/02/2011 | Partager
Ce prix littéraire est le plus convoité aujourd’hui dans l’Hexagone
La présidente de l’Académie Goncourt à Essaouira le week-end dernier

Pour Edmonde Charles-Roux, l’esprit de liberté et la passion sont l’âme de l’Académie Goncourt

La présidente de l’Académie Goncourt, Edmonde Charles-Roux, était à Essaouira le week-end dernier, pour y donner une «causerie», de ses propres mots, sur le thème: «Qu’est-ce qu’un prix Goncourt en France aujourd’hui?». L’événement était organisé par l’Alliance franco-marocaine en collaboration avec Royal Air Maroc (RAM), dans le cadre des activités culturelles de la compagnie aérienne nationale. Une initiative qui a pris une dimension particulière, alors que se clôturait, le même week-end à Casablanca, le Siel (Salon international de l’édition et du livre) 2011.
Pour cette «causerie», l’ambiance était détendue à l’Alliance. Le public, essentiellement composé d’expatriés mais aussi du PDG de RAM, Driss Benhima, était très demandeur. Dans son exposé, Edmonde Charles-Roux a essentiellement essayé de faire partager l’esprit de l’Académie Goncourt, qu’elle a d’emblée opposé à celui de l’Académie française. «C’est David contre Goliath», a-t-elle souligné avec malice. Et de revenir sur l’origine de cette académie, qui a été créée par le testament d’Edmond de Goncourt officiellement en 1902. «Dès le départ, le combat d’Edmond de Goncourt était de promouvoir une littérature indépendante et indifférente aux récompenses officielles. Une catégorie particulière d’écrivains qui ne se rangent pas et qui se distinguent par leur liberté et leur folie, a ainsi pu émerger», a continué Charles-Roux.
Aujourd’hui, si le Goncourt est devenu le prix littéraire français le plus prestigieux et le plus convoité de l’Hexagone, la présidente a insisté sur le fait que l’Académie n’a rien perdu de son esprit fondateur. L’équipe de jurés est composée «d’une dizaine de bénévoles, une bande de copains en quelque sorte, qui ont pour seule adresse celle d’un restaurant (le Drouant) où se déroulent des débats enflammés». Dans ce restaurant désormais, chaque remise des prix amène une horde de journalistes, qui se pressent en masse. Et l’atmosphère est loin d’être paisible. «On manque d’air, il est arrivé que certains jurés furieux claquent la porte. Mais ce qui compte, c’est qu’il y a énormément de passion autour de ce prix», relate la président de l’Académie.
Il faut souligner que le prix remis au lauréat est avant tout symbolique (un chèque de 10 euros). Mais les retombées sont énormes… L’auteur est assuré d’une notoriété nationale, voire internationale, et les répercussions sont colossales sur le tirage. Charles-Roux a donné l’exemple de Marguerite Duras et de son ouvrage «L’amant», dont la critique faisait état d’un tirage maximum de 5.000 livres. «Après avoir reçu le Goncourt en 1984, les ventes ont explosé jusqu’à 450.000 exemplaires», souligne-t-elle! Il y a donc un effet d’entraînement qui influe aussi sur les traductions de l’ouvrage en plusieurs langues. Mais la retombée la plus importante, selon la présidente de l’Académie, c’est la tranquillité financière de l’écrivain. «Un auteur peut enfin démarrer la rédaction d’un nouveau roman, sans se préoccuper du lendemain et ça, c’est capital pour la littérature française». Obtenir le prix Goncourt change donc une vie… «A tel point que certains auteurs peuvent ne pas tenir le choc. Ils ne s’habituent pas à être connus, à ce qu’on leur demande des autographes»… Mais pour Edmonde Charles-Roux, qui a obtenu le précieux sésame en 1966 pour son roman «Oublier Palerme», «ça a surtout été une bringue d’amis et de copains et une fête à tout casser. J’ai pris cela comme un don du ciel», conclut-elle.


Portrait


Edmonde Charles-Roux est née à Neuilly-sur-Seine. En 1939, lorsque la guerre éclate, elle, qui vient d’obtenir son diplôme d’infirmière, est affectée dans un corps d'ambulancières et est blessée en 1940, lors d'un bombardement. Ce fait lui vaudra d'être décorée de la Croix de Guerre et citée à l'Ordre du corps d'armée. Après avoir retrouvé la vie civile, Edmonde Charles-Roux entre à la rédaction d'un journal en voie de création «Elle». Elle y reste deux années, puis participe à l'édition française du journal «Vogue», dont elle devient rapidement rédactrice en chef, et qu’elle dirige pendant 16 ans. Edmonde Charles-Roux est l'auteur de nombreux scénarios originaux pour les ballets de Roland Petit et d'adaptations d'oeuvres littéraires dont le ballet «Le Guépard» d'après le roman du prince de Lampedusa. Ses romans «Oublier Palerme», «Nomade j’étais», «L'homme de Marseille», «Le Temps Chanel»… sont traduits dans dix-sept langues. Elue membre de l'Académie Goncourt en 1983, Edmonde Charles-Roux en est la présidente depuis 2002. Elle a reçu elle-même le prix Goncourt en 1966 pour «Oublier Palerme».


Marie-Noëlle RASSON

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