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Finances: la fragilisation

Par L'Economiste | Edition N°:43 Le 03/09/1992 | Partager

GLOBALEMENT, les tendances de la masse monétaire poursuivent en Juin les comportements observés depuis le début de l'année, avec néanmoins quelques éléments remarquables.
L'effort de désendettement du Trésor est très relatif depuis le début de l'année 1992, puisqu'il est contrebalancé par l'accroissement des avances à l'Etat, qui ont crû de 500 millions de Dirhams au cours du premier semestre, et le portefeuille d'effets publics par Bank Al Maghrib qui s'est accrû de 500 millions de Dirhams, en Juin 92, croissance qui vient s'ajouter aux 2,11 milliards de Dirhams additionnels souscrits depuis le début de l'année 1992.

Inquiétude par les ratios publics

Comme depuis le début Juillet, les pressions sont très fortes sur les autorités monétaires pour le financement d'opérations spécifiques comme le logement à travers le CIH, l'agriculture à travers la CNCA, ou encore les élections, le pavillon de Séville, certaines opérations au Sud, le paiement des marchés publics... il est douteux que le gouvernement puisse redresser la barre pour l'automne.
On suit néanmoins que les critiques du FMI ont été vives, et ce, sur la base des données de Mars. Le prochain rapport risque donc d'être pour le moins "vigoureux".
En effet, les dispositions prises en Juin concernant la réserve monétaire ont un impact très limité sur le comportement des ratios monétaires publics. Par contre, les avoirs extérieurs continuent de grimper, en dépit des données très mitigées du commerce extérieur.

Les entreprises pas plus sages que le Trésor

Le comportement des crédits à l'économie distribués par les banques de dépôts montre que finalement les entreprises ne sont pas plus sages que le Trésor, en dépit du prix de l'argent.
La fuite en avant vaut autant pour l'Etat que pour les entreprises, et ce, juste au moment où les besoins de financement s'apprêtaient à faire le bond habituel de l'été, avec la récolte.
En effet, le niveau catastrophique de la récolte céréalière ne dispense pas du recours au financement. On estimait, courant Août, que les besoins étaient de l'ordre de 5 milliards de Dirhams, comprenant les questions d'arriérés, parfois accumulés depuis plus de 10 ans. La CNCA n'était pas parvenue, l'année dernière, à faire admettre ses idées pour régler la question des arriérés. Elle y est partiellement parvenue cette année, alors que les revenus de la campagne s'y prête fort mal.
Toujours du côté du financement de l'économie et au-delà du maintien de la croissance des besoins, le phénomène de la raréfaction relative des crédits à long terme devient préoccupant. Au passage, il faut noter que la croissance des crédits d'équipements n'est pas du tout cohérente avec les données recueillies par ailleurs sur les intentions d'investissements industriels.
La croissance de ces crédits est de 5,8% depuis le début de l'année et de 21,3% en un an, soit une croissance inférieure de moitié, sur 12 mois, aux intentions d'investissements industriels.
Notons aussi le renversement des valeurs, en 18 mois, entre les crédits export et les crédits d'équipement. Les banques continuent de fuir les papiers export et de réclamer des aménagements pour reprendre les opérations à un niveau compatible avec la réalité du commerce extérieur.
En 18 mois aussi les facilités de caisse ont quasiment été multipliées par deux et ont bondi de plus d'un milliard de Dirhams entre Mai et Juin de cette année, soit presque autant en un mois qu'au cours des 5 mois précédents. Les échéances fiscales expliquent ce bond, mais le transfert vers l'Etat ne s'est pas traduit par un désendettement net du Trésor.
La structure de financement à l'économie traduit la fragilisation des flux financiers.
Les facilités de caisse représentent en Juin 1992 64,2% des crédits de trésorerie aux entreprises, contre 58,3% il y a 18 mois, et 63,4% il y a juste un an. Ces mêmes facilités de caisse représentent en Juin 1992 35,7% de l'ensemble des crédits à l'économie. La proportion était de 28,1% en Décembre 1990, contre 34,6% en Juin 1992 et 32,4% en Décembre 1991. Les décrues de la fin d'année ne parviennent donc pas à stabiliser les structures financières des crédits à l'économie.
Depuis le début de l'année, les engagements des banques en matière de facilités de caisse se sont accrues de 17%, soit un léger ralentissement du rythme par rapport à l'année 1991 où les facilités de caisse avaient augmenté de 55%.

N.S.

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