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Culture

Festival d’Essaouira: 12 ans de transes et de fusions

Par L'Economiste | Edition N°:3056 Le 29/06/2009 | Partager

. La nouveauté cette année: quatre résidences d’artistes . Plus de 50.000 personnes pour Khaled, Hamid El Kasri et l’orchestre allemand WDR. Des Gnaouas tunisiens, invités de la 12e édition TROMPETTES, crotales, guembri, cuivres, percussions… se sont donné rendez-vous à Essaouira du 25 au 28 juin pour faire vibrer les foules sur fond de fusions assez inédites. La 12e édition du Festival Gnaoua et musiques du monde n’a pas démérité. Elle a tenu toutes ses promesses avec quatre soirées de liesse et de transes. Huit grandes scènes, concerts fusion et acoustiques, improvisation, rituels, résidences d’artistes, soirées… Un moment fort de musique, une expérience humaine et artistique pleine d’échange dans l’humilité. Une belle image d’Essaouira, une ville cosmopolite.Pour commencer, quelque 20.000 festivaliers ont dansé et chanté jeudi lors de la soirée inaugurale aux rythmes de la samba brésilienne avec la formation Afoxé Loni et des percussions du maâlem Mahmoud Guinea à la Place Moulay El Hassan.Dès l’ouverture, Mâalem Guinea, en maestro accompagné de la formation brésilienne, a placé la barre très haut. Une véritable alchimie du son et de couleurs sur fond d’une chorégraphie assez originale. Un spectacle envoûtant, voire l’un des meilleurs d’ailleurs en présence du conseiller du Souverain, André Azoulay, de la ministre de la Culture, Touria Jabrane, et autres officiels… Peu de temps auparavant, des défilés de troupes folkloriques ont sillonné les principales ruelles de la médina pour donner le coup d’envoi à ce festival, moussem des temps modernes. Dès le coucher du soleil, les rues de la médina, d’habitude calmes, se sont transformées en fourmilières humaines. Quatre jours durant, les échos des crotales, guembri et roulements de tambours ont résonné dans toute la ville. Des parades de la formation brésilienne sur fond de samba tout au long de la Corniche de la ville des vents ont été massivement suivies et particulièrement appréciées.Mahmoud Guinea, Mustapha Bakbou, Hamid El Kasri, Abdesslam Alikane, Kbiber… ont enchanté le public sur scène et dans les «lilas» (soirées). Encore une fois, les maâlems, gardiens du temple gnaoui, ont osé s’affranchir de la tradition et des rituels le temps d’un festival. Ils ont impressionné des festivaliers de tous âges venus nombreux du Maroc et d’ailleurs au grand bonheur des commerçants, artisans, cafés, restaurants, bazars, riads et autres maisons d’hôtes. Pour de nombreux commerces, l’équivalent du chiffre d’affaires annuel est réalisé durant la semaine du festival. Outre les habitués d’Essaouira, qui viennent de Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir, Safi…, cette édition a compté avec la présence nombreuse d’un public étranger. Des touristes espagnols, allemands, français, anglais… venus découvrir la musique gnaouie et l’alchimie des fusions.Les plus jeunes des festivaliers au look excentrique, t-shirts aux couleurs criardes, coupes afro et dreadlocks sont de plus en plus nombreux. Bérets, casquettes, borsalinos, feutres, turbans, voiles, foulards… se sont aussi côtoyés devant les spectacles. Un mélange de styles, de modes, de goûts, de couleurs et de sonorités… A chacun son style, sa danse, ses refrains et son rythme. L’afflux des festivaliers a commencé dès le premier jour des festivités. Certains jeunes ont même passé la nuit à la belle étoile ou sous des tentes canadiennes. Le dispositif de sécurité a été particulièrement renforcé cette année. Il a atteint 150% comparé à l’édition 2008. Objectif, éviter tout dérapage et surtout des incidents tels que la bousculade qu’a connue dernièrement le festival Mawazine dont la clôture a été marquée par un drame et le décès de 11 personnes (cf . www.leconomiste.com).Après l’expérience réussie des Gnaouas algériens lors de la 11e édition, les organisateurs ont invité cette année une formation tunisienne. Mais c’est la soirée du samedi qui a été la plus intense. Le spectacle phare de cette édition a incontestablement été celui des résidences d’artistes. Evènement majeur de l’édition, quatre résidences d’artistes ont donné lieu à des créations inédites. C’est le fruit de plusieurs mois de rencontres et d’échange entre trois directeurs artistiques. Des maâlems gnaouis et des musiciens de la world music se sont prêtés à cet exercice de recherche musicale. Un véritable laboratoire acoustique: rencontre, don et sens du partage sont au cœur de cette démarche hautement artistique et humaine qui ouvre des voies de création et explore de nouveaux rythmes et sons au bonheur des festivaliers. «Il ne suffit pas de connaître des notes pour s’improviser maâlem, mais il faut surtout savoir écouter, être suffisamment humble pour observer, donner et recevoir», résume Mustapha Bakbou, mâalem émérite qui a participé au mouvement musical folk des années 70 avant de faire partie de la formation Jil Jilala. Samedi à minuit, l’une des résidences a réuni, sur la place Bab Marrakech, le big band allemand de jazz, la Westdeutscher Rundfunk (WDR). Basé à Cologne, ce grand orchestre de 25 musiciens mondialement connu a enchanté les foules dans des fusions avec Cheb Khaled et le maâlem Hamid El Kasri. Un concept assez inédit qui a été préparé et dirigé par l’Algérien Karim Ziad, directeur artistique. Plus de 50.000 personnes sont venues spécialement pour Khaled et la formation allemande. Par moments, la foule a connu quelques débordements, bagarres et bousculades. Des blessés ont été évacués d’urgence. N’eût été l’intervention musclée des forces de l’ordre, un scénario similaire au drame de Mawazine se serait produit. L’orchestre allemand WDR est mondialement réputé pour avoir œuvré des années durant à rapprocher le grand public de l’univers du jazz. Cette formation a obtenu plusieurs prix dont deux Grammy Awards en 2006 et 2007. Très cosmopolite, le répertoire de la WDR couvre toutes les tonalités jazzy (latino, world music, fusion…).Amin RBOUB

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