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Economie Internationale

Europe: Les besoins en main-d'oeuvre se font plus pressants

Par L'Economiste | Edition N°:716 Le 02/03/2000 | Partager

· L'Irlande et l'Allemagne prévoient des distributions de visas
· L'Italie et l'Espagne réfléchissent plus à une régularisation des flux migratoires


La main-d'oeuvre spécialisée semble se faire de plus en plus rare en Europe occidentale. Le gouvernement irlandais envisage en effet d'accorder 200.000 visas sur sept ans pour faire face aux besoins en main-d'oeuvre de son économie en plein essor. Mais l'idée qui prime est de faire revenir au pays une partie des Irlandais émigrés. Le projet sera présenté devant le gouvernement le mois prochain. Ainsi, le pays prévoit de mettre en place un programme de délivrance de visas pour la première fois. Près de 40.000 personnes sont arrivées en Irlande l'an dernier, dont pour moitié des émigrés irlandais revenant au pays.
Les crises économiques successives ont incité des centaines de milliers d'Irlandais à émigrer au fil des décennies. Mais l'économie de l'île connaît depuis plusieurs années une excellente santé. Le taux de chômage est tombé en dessous de 5% et des secteurs entiers souffrent d'un manque de main-d'oeuvre.
Quant au gouvernement allemand, il veut accorder dès cet été les premiers visas spéciaux à des informaticiens étrangers pour travailler en Allemagne. Un groupe de travail constitué par le chancelier Gerhard Schroeder sera chargé d'examiner l'offre et la demande dans cette branche sur le marché du travail ainsi que les conditions de séjour des informaticiens venant de pays hors Union Européenne.
Ce projet a pourtant été vivement critiqué par le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall. Ce dernier estime que cette solution est la moins chère pour l'industrie, mais elle a de graves conséquences pour les pays en développement desquels "les élites seront achetées".
La solution pour combler la pénurie de main-d'oeuvre dans cette branche consisterait, selon IG Metall, à former des chômeurs du pays. L'Allemagne compte en effet quelque 4 millions de demandeurs d'emploi.
Les Pays-Bas souffrent également d'un besoin criant en personnel surtout dans les secteurs de pointe (Cf notre édition du 25 février).
La main-d'oeuvre requise est donc une main-d'oeuvre très qualifiée. Les immigrés sans qualification et à plus forte raison clandestins, personne n'en veut vraiment. En Italie par exemple, plus de 48.000 clandestins ont été repoussés aux frontières en 1999. Il y a eu plus de 12.500 expulsions et 11.400 rapatriements de clandestins vers leur pays d'origine. Samedi dernier, plusieurs milliers de personnes se sont associées à une manifestation de solidarité avec les immigrés clandestins, organisée devant le centre d'accueil de Ponte Galeria, dans la banlieue de Rome. Ce centre, où sont retenus les immigrés clandestins dans l'attente de leur expulsion vers leurs pays d'origine, est parfois qualifié de "lager" ou camp de concentration par certaines ONG.
L'Italie comptait environ 1,5 million d'immigrés en situation régulière au 31 décembre 1999. La plus forte communauté étrangère provient du Maroc avec plus de 110.000 âmes (11,7% du total), suivie de l'Albanie (9,2%) et des Philippines (4,9%). Mais le gouvernement italien a l'intention d'accueillir 63.000 nouveaux immigrés durant cette année. En 1998, le quota avait été fixé à 58.000 et en 1997 à 27.000. La politique de contrôle des flux migratoires instaurée par ce pays consiste «à abaisser le trafic des clandestins». En 1999, le gouvernement italien avait, rappelons-le, lancé une vaste opération de régularisation de 250.000 clandestins.
Par ailleurs, l'Italie est en proie à une grave crise démographique. Au rythme actuel des naissances et faute d'arrivées extérieures, la population passerait de 57 millions à 41 millions en 2050, selon un récent rapport de l'ONU.
En Espagne, la situation n'est guère meilleure. Le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar a, à cet effet, indiqué que son pays, qui a le taux de natalité le plus bas du monde, a vu sa population baisser pour la première fois en 1999. C'était lors d'une interview accordée au journal Le Monde daté du 29 février. Il a d'ailleurs ajouté que l'Espagne va avoir besoin de la main-d'oeuvre immigrée, "mais pas n'importe comment". Notamment, "si les responsables espagnols veulent éviter les dérives (événements d'El Ejido) et consolider intégration, tolérance et respect mutuel".

Wissal SEGRAOUI

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