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    Et si les "jeunes stagiaires" n'étaient pas tout à fait capables de "juger les entreprises"? : Management marocain : Beaucoup de bonne volonté

    Par L'Economiste | Edition N°:217 Le 15/02/1996 | Partager

    par Olivier RANDONNEIX

    Prendre le contre-pied d'un article paru dans la rubrique carrières de L'Economiste n'est pas toujours chose aisée. Mais il y a des articles auxquels il est bon d'apporter une certaine controverse, exemple celui de Mme N.S. du jeudi 11 janvier 1996.


    De quoi s'agit-il au juste?
    D'une pseudo-comparaison à valeur stratégique des stages en entreprises faits au Maroc et en Europe. En effet, pour certains étudiants marocains des Arts et Métiers, de Polytechnique, des Mines, de l'Ecole Supérieure de Tourisme de Sup Aéro, d'HEC, des Sup de Co ou de Sc. Po, la critique de leur stage effectué dans les entreprises marocaines est telle qu'on peut se demander pourquoi diable sont-ils revenus le faire au pays.

    Qualité ou facilité?
    Ils veulent comme tout étudiant la qualité mais qu'ont-ils fait pour ne pas tomber dans la facilité? Une "énumération à la Prévert" peut également être faite à ce niveau en reprenant les contenus de l'article.

    1/ Facilité d'être le fils d'un "industriel client de la banque" qui lui aurait de ce fait accordé un stage dont le rapport serait fait par les employés...?

    2/ Facilité pour critiquer le "décalage culturel" dont les prolongements ne peuvent être qu'évidents dans la culture d'entreprise même si de gros efforts sont entrepris par certains pour gérer selon les principes et les méthodes de la "qualité totale" relevant le défi stratégique de "l'accord d'association" cité à propos de la zone de libre-échange souhaitée.

    3/ Facilité de critiquer la taille, la réputation ou le domaine d'activité de l'entreprise qui les a accueillis alors que le devoir d'un stagiaire est avant tout:
    - de savoir choisir son entreprise,
    - de se donner le mal de préparer un argumentaire individuel pour être convaincant et réussir son entretien (qui devrait décider du contenu et de l'attribution du stage),
    - de se passer de toute influence familiale qui favoriserait la décision mais biaiserait l'intérêt et les objectifs même du stage (or cette pratique est alimentée par ceux-là même qui la dénoncent).

    4/Facilité de critiquer les entreprises publiques qui font face tant bien que mal à leurs obligations et où si "le pire côtoie le... médiocre", c'est souvent lié, comme en Europe, aux individus gérés par des cadres fonctionnaires qui sortent souvent des mêmes hautes écoles.

    5/Facilité de critiquer la mentalité, la rétention passive d'information, la méfiance des employés quand on a coupé momentanément tout contact avec la réalité de son pays.

    6/ Facilité de vanter le travail en équipe et la reconnaissance des mérites individuels qui seraient l'apanage des "entreprises françaises".

    7/ Facilité de dénigrer l'organisation du travail en dénonçant la non-rentabilité d'un stagiaire qui reporte ainsi sur les autres sa propre inefficacité ou les résultats de son manque d'audace, d'expérience ou de courage.

    8/ Facilité enfin de banaliser l'esprit d'école pour mieux l'institutionnaliser dans la mesure ou l'"Ancien, le cadre issu de la même école qui voudra bien prendre le stagiaire sous son aile" apparaît comme l'élément salutaire pour réussir son stage.

    Comment donc ne pas réagir à cette "volée de bois vert" distillée plutôt démagogiquement à partir des ressentiments non analysés de futurs lauréats expatriés angoissés par leur avenir et leur déracinement.
    En réalité, les stages en entreprise sont vécus très différemment par les étudiants de l'Ecole Française des Affaires que je dirige et nos entreprises partenaires les accueillent avec beaucoup de bonne volonté et souvent d'efficacité.
    La réussite de ces stages est souvent due en fait aux exigences des écoles qui les ont conçus:
    A ce titre, quelques orientations seraient à souligner:
    1/ La recherche de l'entreprise parmi celles qui proposent des stages doit engager de façon active l'étudiant qui a conçu son projet personnel lors de sa formation à l'école.

    2/ La gestion des stagiaires ne doit pas être différente de celle du reste du personnel de l'entreprise.

    3/ L'encadrement est seul capable de décider de ses capacités à accompagner le stagiaire dans la réalisation de ses objectifs précisés.

    4/ le goût de l'effort, d'entreprendre, de la rigueur autant que de la réserve de travailler en équipe avec humilité (malgré les diplômes), la ténacité, l'objectivité, etc... sont autant de qualités semées et entretenues par l'école afin qu'elles germent dans la tête du stagiaire.

    Faut-il encore y avoir réfléchi pour lutter efficacement contre toutes les formes de démagogie non formatrices dans ce domaine. A en croire les déclarations recueillies par l'auteur de l'article lors de Maroc Forum, ces stagiaires ne doivent pas être parmi les meilleurs des promotions pourtant renommées des écoles citées.

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