×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Environnement: Encore des prévisions alarmantes

Par L'Economiste | Edition N°:2792 Le 05/06/2008 | Partager

. Pas encore de véritable prise de conscience. S’adapter à une déviation climatique«Sur 40 associations inscrites au festival, seulement trois sont venues. Cela montre la réalité du pays. Il n’y a pas encore de véritable prise de conscience», notait Zniber Moundir, président de l’association «Pour un Maroc Vert» dimanche dernier, à l’issue du festival sur l’écologie et le développement durable tenu sur les Terres d’Amanar, près de Marrakech. Malgré la faible affluence qui n’aura pas excédé les 900 personnes au total, l’événement, organisé sous le thème «Revisitons notre planète», aura permis de faire l’état des lieux sur l’urgence écologique que connaît aujourd’hui le Maroc. «On aura néanmoins fait circuler les idées et parlé d’écologie. En ce sens, notre objectif fut en partie atteint pour cette première édition», explique le président qui aura par ailleurs financé l’évènement à raison de 50% sur une facture de 2 millions de DH . Qu’en est-il des actions qui seront entreprises? Sans avoir formulé de recommandations précises, les organisateurs entendent former un groupe de travail composé de «gens motivés» la prochaine année et rédiger un petit guide éducatif «éco-citoyen» pour enfants, dans le cadre d’un partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale. «La prochaine étape pour moi ce sont les jeunes, ils ont encore cette innocence qui leur fait saisir l’urgence de la situation. Les adultes représentent une «cause perdue» pour moi», renchérit le président. . Eau: Le Maroc, l’un des premiers touchés Avec pour ambition d’agrandir son impact de sensibilisation sur tout le continent africain, l’association veut se rendre devant la Commission européenne l’an prochain et réunir le plus de délégations africaines possibles pour une deuxième édition. Elle se réservera par ailleurs de tout patronage ministériel pour garder le «cachet associatif» de l’évènement et «faciliter le choc des idées».Confronté aux aléas du changement climatique, le Maroc doit lui aussi s’adapter au phénomène. Ali Agoumi, expert dans le domaine, insiste sur cette notion d’adaptation: «On vit actuellement une déviation climatique qui se dessine au Maroc depuis les années soixante. Le problème se pose donc aujourd’hui en termes d’adaptation à ce changement. Il faut apprendre à le subir avec moins d’amateurisme et développer une stratégie d’adaptation». Une étude réalisée en 2007 par la chercheuse Laila Stour de la faculté des sciences et techniques de Mohammadia indiquait que la variabilité climatique constatée entre 1972 et 2004 au Maroc était de plus de 1°C. L’étude projette de surcroît un réchauffement annuel en 2050 par rapport à 1961-1990 situé entre 2,2 et 2,8°C et une réduction des précipitations pour la même année de l’ordre de 15 à 23%. Des changements aussi significatifs qu’indéniables qui influeront sur les secteurs vulnérables que sont l’agriculture, les forêts, le littoral, la pêche, l’air, l’industrie touristique, les ressources en eau, etc. «En matière d’eau, le Maroc sera l’un des premiers pays touchés. La guerre de l’eau sera ravageuse, elle a déjà débuté dans certains villages reculés du Nord», soutient Zniber. En effet, un éventuel bilan déficitaire en eau aggraverait une situation déjà inquiétante. À commencer par la surexploitation des ressources en eaux souterraines du pays qui connaissent une baisse continue parfois de l’ordre de 2 mètres par année, la pollution des cours d’eau, du littoral et des nappes phréatique ainsi que l’envasement des barrages évalué à près de 7% de la capacité de stockage des barrages existants, selon la même étude.Pour Agoumi, si le citoyen et les entreprises ont un rôle à jouer face aux impacts des changements climatiques au Maroc, l’impulsion doit provenir de l’État. «Il faut d’abord une volonté politique pour intégrer les changements climatiques comme élément moteur aux choix de développement de demain. Pour cela, il faut plus d’infrastructures, un mouvement du savoir et des connaissances mieux développées dans le domaine pour qu’ensuite les opérateurs économiques puissent profiter d’un marché du développement propre». À l’heure actuelle, huit lois relatives à l’environnement sont en vigueur au Maroc et deux projets - un sur la gestion des déchets et l’autre sur le littoral - sont en cours.


Recommandations

Le Groupe d’étude et de recherche sur les énergies renouvelables et l’environnement (GERERE), une ONG scientifique marocaine regroupant près de 100 experts actifs dans le milieu depuis 1990, a formulé puis envoyé, à la suite de sa journée d’étude annuelle tenue le 22 mai dernier à Rabat, une série de recommandations à tous les ministères du gouvernement marocain. Les participants à l’événement ont notamment recommandé dans le document la mise en œuvre d’une charte d’utilisation des ressources naturelles ciblant, entre autres, l’eau, l’énergie et la forêt. On y recommande aussi un engagement de tous les départements ministériels dans l’application de mesures contraignantes pour mettre un terme au gaspillage des ressources. Celles-ci incluent l’obligation d’isolation thermique des constructions, l’utilisation de chauffe-eau solaires et des lampes basse consommation dans les bâtiments, la surtaxation des véhicules 4x4 en ville et l’interdiction des sachets en plastique notamment. A cela s’ajoutent la mise en place d’un programme d’éducation environnementale dans tous les cursus, public et privé, du primaire à l’université, puis l’intégration dans les comptes de la nation du coût des dégradations attestées de ses écosystèmes. François-Olivier Dorais

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc