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    Enquête

    Enseignement supérieur privé : Recul des inscriptions pour cette rentrée

    Par L'Economiste | Edition N°:204 Le 16/11/1995 | Partager

    La bousculade n'a pas eu lieu cette année aux portes des établissements privés. Rares en effet ceux qui sont parvenus à maintenir le niveau de leur demande des années antérieures. La crise est passée par là.


    La campagne des inscriptions 1995/96 a été diversement vécue dans les différents établissements privés d'enseignement supérieur de Casablanca. Tout porte à croire en effet que la traditionnelle artillerie publicitaire déployée aux mois de septembre et d'octobre n'a pas vraiment produit les effets escomptés. Par ailleurs, la concurrence s'exacerbe chaque année un peu plus, de nouvelles écoles venant s'ajouter au déjà très encombré segment de la formation à la gestion.
    Selon nos premières indications, deux grandes tendances semblent se dégager: d'un côté, des établissements qui s'en sortent plutôt bien en maintenant, voire en augmentant leurs effectifs par rapport à l'année dernière, et de l'autre, celles qui enregistrent des baisses drastiques de la demande pouvant aller jusqu'à 25%, et qui représentent, du reste, la majorité.
    Dans la première catégorie, on retrouve quelques poids lourds qui jouissent d'une très forte notoriété grâce à laquelle ils résistent mieux aux effets de la crise. HEM (Institut des Hautes Etudes de Management) par exemple, qui passe pour l'une des institutions les plus prestigieuses de la place, connaît une augmentation de la demande située entre 5 et 10% et ce, malgré une hausse de 10% des frais de scolarité. A la Direction des Etudes, l'on précise que cette fourchette correspond bien aux objectifs que se sont fixés les dirigeants. En dépit de la crise, l'Institut maintient donc son niveau de demandes d'inscriptions. "La formation est quelque chose de sacré, et les parents sont prêts à consentir des sacrifices dès lors qu'ils savent que leur enfant est placé dans une bonne école", indique un responsable à la Direction. "Notre force réside également dans le fait que nous essayons de trouver un juste milieu entre l'aspect pédagogique et la contrainte de rentabilité", ajoute-t-il. HEM a sorti une trentaine de diplômés en 1994/95 sur cinquante candidats. Ce qui dénote au passage que la sélection, l'un des reproches souvent faits aux écoles privées, y est impitoyable.

    Baisse de 20%

    Dans le même groupe, l'on relèvera également Art'com, qui bénéficie sans doute du fait d'être la seule école privée à ce jour à se positionner sur la formation aux métiers de la pub et de la communication. Avec un peu plus de 60 nouveaux étudiants inscrits, l'établissement améliore son score de l'année écoulée de presque 20%. "Compte tenu de la taille de l'école, ce chiffre me paraît correct", confie Mme Chaouki, responsable du département communication. Déjà, poursuit-elle, on reçoit des demandes pour l'année prochaine. En ce temps de crise, reconnaît-elle, l'allié principal a été le "bouche-à-oreille". "Les jeunes viennent s'inscrire à Art'com souvent parce que leurs amis leur en avaient parlé". Dans ce cas, l'efficacité du message est garantie, et plus crédible qu'un spot publicitaire à la télévision. L'établissement bénéficie également du réseau des "Art'comiens" exerçant dans les différentes agences de publicité de Casablanca, qui constituent, de fait, un formidable relais de communication. L'école n'a pas en revanche échappé à la spirale de la hausse des frais de scolarité. Pour l'année en cours, chaque élève devra débourser jusqu'à 22.500 DH contre 20.000 l'année dernière.

    Dans l'ensemble, la plupart des établissements ont enregistré un recul de leurs nouveaux effectifs. A cela plusieurs explications sont avancées. Mme Bensaïd, directrice de l'ESIAC (Ecole Supérieure de l'Informatique et de l'Action Commerciale) précise: "les gens y réfléchissent à deux fois avant de prendre la décision. En période de crise, les parents se montrent plus prudents". Son école a inscrit 20% d'étudiants de moins que l'an dernier. Au total l'effectif s'établit à 80 étudiants répartis entre les deux filières, commerce & service et commerce international.
    De même, explique la directrice générale, la concurrence se fait encore plus vive aujourd'hui qu'hier. Spécialisé dans la formation moyenne des commerciaux, l'établissement a couronné ses premiers lauréats cette année.
    Enfin, M. Mohamed Diouri, président du groupe IGA-ISGE dont les inscriptions chutent d'un quart par rapport à l'an dernier, voit dans cette baisse de la demande les effets du discours selon lequel la formation actuelle ne déboucherait pas sur un emploi.
    Pour survivre dans ce contexte, ces écoles seront contraintes de tirer la qualité de leur produit vers le haut. C'est seulement à ce prix qu'elles peuvent espérer endiguer cette chute de la demande.

    Abashi SHAMAMBA.

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