×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Culture

Energie: Pourquoi il faut envisager l’option nucléaire
Par Abdelhamid Mekki-Berrada(1)

Par L'Economiste | Edition N°:2414 Le 04/12/2006 | Partager

Le premier débat national sur l’énergie qui a eu lieu le 30 octobre dernier a permis de faire le point sur l’évolution du secteur énergétique au Maroc. Les participants à cette rencontre ont passé en revue l’évolution du secteur à travers trois ateliers: la sécurité d’approvisionnement; le secteur électrique et les énergies renouvelables, et l’efficacité énergétique. Le Premier ministre a dévoilé les grandes lignes de la stratégie gouvernementale dans le secteur de l’énergie. Stratégie qui porte sur cinq axes à savoir, l’approvisionnement continu et régulier en produits énergétiques, la diversification des sources d’énergie, la généralisation de l’accès à l’énergie à des coûts compétitifs, la maîtrise de la consommation de l’énergie, la sécurité et le contrôle énergétique, et la préservation de l’environnement.Les exposés des personnalités invitées étaient tous cohérents et confirmaient les principes fondamentaux des politiques énergétiques qui, d’après le Conseil mondial de l’énergie, sont basés sur les trois «E»:- Economics;- Environment;- Energy security.En d’autres termes:- un approvisionnement sûr et suffisant;- des marchés et des prix compétitifs;- un développement durable.Par ailleurs, des exemples concrets ont été donnés pour étayer le programme énergétique national, à savoir:- l’introduction du gaz naturel;- l’encouragement à la prospection pétrolière;- l’exploitation de façon optimale des réserves de schistes bitumineux;- l’accroissement de la production d’électricité éolienne à 10 % de nos besoins d’ici à 2012 au lieu de 1% actuellement;- la multiplication des interconnexions du réseau électrique national avec l’Europe et les pays du Maghreb.En revanche, toutes ces prévisions ne peuvent que contribuer à une relative autonomie, sans garantir un approvisionnement suffisant à un prix compétitif d’une énergie propre.Pour établir un programme énergétique qui remplisse ces conditions, il faudrait pourvoir maîtriser les éléments qui le composent. Or, malheureusement, nous ne possédons, aujourd’hui, aucune énergie qui permettrait d’assurer un approvisionnement sûr à un prix compétitif.En effet, tous nos produits énergétiques sont importés et subissent les fluctuations des prix internationaux.Cependant, il existe une énergie qui pourrait partiellement résoudre ce problème.Il s’agit de l’électronucléaire: une énergie disponible, compétitive et non polluante. Cette énergie permet de produire des quantités d’électricité importantes pendant plusieurs années, quelque soit le coût du combustible ‘l’uranium.Cela veut dire que nos industriels pourraient avoir à leur disposition des kWh à un prix constant quel que soit les fluctuations des produits fossiles.Pourquoi cette énergie est elle compétitive?Faisant référence à une étude réalisée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en 2003, sur les coûts de références de la production d’électricité par le chardon, le gaz et le nucléaire, sur la base des hypothèses:- Taux d’actualisation 8%,- Prix du charbon 30 $/tonne (CIF), - Prix du gaz 3,3 $/Mbtu,- Parité 1 euro = 1 dollar,- Centrale à gaz «cycle combiné» de 900 mW,- Centrale à charbon LFC de 600 mW,- Taxes: nucléaire 2 euros; charbon, 2.3 euros; gaz, 3.3 euros.Il en résulte que le nucléaire se distingue des autres technologies par un faible coût de production.Nucléaire: 28,4 € /mWh; soit 0.312 Dh/kWh Charbon: 32 € /m mWh; soit 0.352 Dh/kWhGaz : 35 € /mWh; soit 0.385 Dh/kWhL’avantage du kWh nucléaire:- coût en dessous des autres technologies lorsqu’il utilisée comme base;- coût de l’uranium en baisse constante depuis 1972 ;- coût du kWh stable.L’inconvénient pour le nucléaire est l’investissement, qui représente 60% dans la structure des coûts de production du kWh, alors que le charbon représente 40% et le gaz 20%.En actualisant, au coût de 2006, le prix du charbon et du gaz, la compétitivité du nucléaire se confirmerait.En ce qui concerne notre pays, il me semble que le moment est venu pour se positionner. Nous possédons de nombreux atouts pour y croire. Notre pays est l’un des premiers à avoir signé et respecté les accords et traités internationaux convenant les activités nucléaires.Sur le plan national, nous avons un cadre juridique qui prévoit la radioprotection et la responsabilité civile.Nous possédons un réseau électrique à haute tension, interconnecté aux réseaux européen et maghrébin. Nous avons une étude de faisabilité sur l’aspect économique du projet et un site déjà choisi et agrée par les experts de l’AIEA pour recevoir une série de réacteurs nucléaires de n’importe quel type. Nous avons des ingénieurs atomistes de haut niveau, qui, pour la plupart, travaillent à l’ONE et au CNESTEN.Avec tous ces atouts, même si une décision est prise cette année, nous ne pourrons avoir les premiers kwh nucléaires que dans une quinzaine d’années. Parce qu’il reste énormément de problèmes à résoudre.Nous avons besoin d’une justification à long terme de l’option nucléaire. Nous avons besoin d’un engagement du gouvernement en faveur d’un programme électronucléaire. Nous avons besoin de compléter et d’actualiser notre réglementation, nous avons besoin d’une structure industrielle capable de participer à l’exécution de ce programme. Nous avons besoin d’un système d’assurance et de contrôle de la qualité. Nous devons signer des accords internationaux régissant l’octroi et le transfert de la technologie nucléaire, de la fourniture régulière du combustible, comme nous avons besoin d’une politique à long terme de gestion et d’élimination des déchets radioactifs et d’un système de financement ou de partenariat qui réponde à nos besoins. Enfin, seule une volonté politique peut conduire le Maroc vers l’électronucléaire.«Pour établir un programme énergétique qui remplisse ces conditions, il faudrait pourvoir maîtriser les éléments qui le composent. Or, malheureusement, nous ne possédons, aujourd’hui, aucune énergie qui permettrait d’assurer un approvisionnement sûr à un prix compétitif«------------------------------------------------------------------(1) Ingénieur en électricité et génie atomique, président de la Commission nationale de la sûreté nucléaire et de l’Association des ingénieurs en génie atomique du Maroc (AIGAM)

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc