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Enquête

En quête de reconnaissance : Les sociétés de travail temporaire créent leur association

Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager


Les entreprises de travail temporaire se liguent afin d'asseoir la crédibilité de leur profession. L'activité est perturbée par l'absence de cadre juridique. Pour assainir le secteur, les professionnels comptent sur le code du travail qui devrait pour la première fois réglementer l'activité.


Les entreprises de travail temporaire s'organisent. Elles se sont regroupées en association à la suite de leur assemblée générale tenue le 28 juin dernier. L'Umett (Union Marocaine des Entreprises de Travail Temporaire) est affiliée à la CGEM par le biais de la Fédération des entreprises de service.
Dans son programme, l'Association se fixe trois objectifs prioritaires: faire entériner par le projet de code du travail les amendements suggérés par la profession, mettre en place une charte de qualité afin d'assurer la protection du travailleur et des entreprises et défendre les intérêts de la profession.

Sur ce dernier aspect, les professionnels considèrent que faire front commun peut servir dans la négociation de contrats de couverture des accidents du travail. Selon M. Dominique Ney, directeur général de la société Adia Maroc et vice-président de l'Umett, les assureurs assimilent à tort le travail temporaire à une activité à risque. "Un temporaire n'est pas plus risqué que n'importe quel travailleur". Conséquence: la couverture d'un accident de travail pour un temporaire est majorée d'une prime de risque "non fondée".

La législation sociale en vigueur est restée muette sur une activité qui a pourtant pignon sur rue depuis fort longtemps. Cependant, le projet de code du travail a prévu un chapitre sur le travail temporaire.
Ce vide juridique a bien entendu favorisé l'irruption d'opérateurs aux structures douteuses "qui portent préjudice à l'activité", explique M. Georges Favre, directeur général d'Armoni et trésorier de l'Association. Du coup, la poignée d'entreprises organisées dans la profession se retrouve déstabilisée par des concurrents "qui ne paient aucune charge sociale" et qui proposent leurs prestations à des prix "imbattables".

Il faut assainir le secteur, renchérit M. Ney. C'est à cette condition que la profession pourra asseoir sa crédibilité, ajoute-t-il. Sur de nombreuses sociétés qui exercent dans le créneau, une dizaine d'entre elles peuvent être considérées comme fiables. Le reste est constitué de firmes "artisanales", estime-t-on à l'Umett.

Améliorer l'image


C'est dans le but de renforcer le crédit du travail temporaire que l'Association a suggéré que l'octroi d'un agrément d'agence de travail temporaire soit assujetti à des critères plus sélectifs: le capital social de l'entreprise doit être au moins égal à 1,5 million de DH, en plus de références bancaires prouvant la capacité de paiement des salariés.

L'un des axes-clés du programme de l'Association sera d'améliorer l'image de la profession, assure M. Zahir Lamrani, directeur général d'Ecco Maroc et président de l'Union. Dans l'imaginaire collectif, travail temporaire rime avec précarité. "Notre profession reste mal perçue par les milieux syndicaux", reconnaît le président de l'Association, même si l'on peut noter une évolution. C'est le manque d'informations qui nourrissait la méfiance des syndicats, dit-il. Cependant, des leaders syndicaux, jadis hostiles au travail temporaire, conviennent que l'existence d'entreprises de travail temporaire organisées va dans le sens d'une meilleure protection de l'employé.

Plutôt que de maintenir le statu-quo actuel, où le travailleur temporaire vit dans une situation de précarité, ils conviennent que les sociétés de travail temporaire constituent des acteurs importants dans l'intermédiation sur le marché du travail. Des réunions sont prévues avec les syndicats pour expliquer l'utilité des sociétés de travail temporaire.

Temporaire à vie


En réalité, la réglementation viendrait normaliser une situation de fait. Il est de notoriété publique que de nombreuses entreprises recourent directement à une main-d'oeuvre au statut de "temporaire à vie". Toutes les parties gagneraient donc à une clarification, confie le président de l'Umett. "La loi tracera un cadre qui protège à la fois les intérêts des salariés, des employeurs et de l'Etat". Les premiers se verront ainsi accorder tous les avantages réglementaires: congé payé, prestations sociales, etc... Quant aux entreprises, la structuration du secteur leur permettrait de mobiliser rapidement et à leur convenance un personnel qualifié. Enfin, l'Etat via la Caisse Nationale de Sécurité Sociale disposerait de ressources supplémentaires.

Par ailleurs, expliquent les professionnels, un aménagement à la carte des dispositions relatives au contrat à durée déterminée (CDD) est une nécessité. Sur ce point, les professionnels ont soumis des propositions portant sur la possibilité de proroger un CDD pour une durée supérieure à douze mois.

A.S.

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