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    Politique

    Discours royalFemmes: Une deuxième révolution!

    Par L'Economiste | Edition N°:2076 Le 01/08/2005 | Partager

    . Les mères marocaines pourront transmettre leur nationalité à leurs enfants. Sahara: Diplomatie par «cercles concentriques«Elles «youyoutent« spontanément devant leurs écrans télé, ce samedi 30 juillet. Et des sourires ébahis éclairent leur visage. Ces femmes fêtent un discours du Trône pas comme les autres: le Roi vient d'annoncer que l'enfant pourra avoir la nationalité de sa maman marocaine. «Rendre la dignité à la femme«…n'est-ce pas ce qu'il avait plusieurs fois dit et demandé dans d'autres interventions? Le discours royal à l'occasion de la Fête du Trône, qui célèbre ses six ans de règne, n'aura pas déçu ceux qui en attendaient un contenu concret. Femmes, Sahara, bonne gouvernance, emploi des jeunes, médias et corruption sont les thèmes-phares qui ont ponctué son intervention. Après la Moudawana, la suite logique mais, non moins inattendue, devait être celle de la nationalité. Dans des milliers de foyers, la vie et l'avenir des enfants, nés de mère marocaine, sont suspendus à une carte de séjour. Sans oublier le fait que le nombre des mariages mixtes ne cesse d'augmenter. L'annonce du Souverain est un pas courageux pour faire admettre à une société en évolution que la femme est une citoyenne à part entière, responsable de ses choix. Elle peut se marier à un Marocain ou un étranger, sans être privée de ses droits. Les pressions des associations et des médias ont-elles fini par porter leurs fruits (voir le Forum de L'Economiste sur la question: www.leconomiste.com)? Au gouvernement de procéder au parachèvement de la procédure de traitement et d'approbation des demandes d'obtention de la nationalité marocaine. Pour rappel, le code de la nationalité en vigueur date de 1958 et ne donne le droit de transmettre la nationalité que pour les enfants de père marocain. «Il n'y a plus de citoyenneté à deux niveaux, celle de l'homme et celle de la femme«, a commenté la présidente de l'Union de l'action féminine (UAF), Latifa Jbabdi. En revanche, sur le dossier du Sahara, l’actualité ne fait pas état de très bonnes nouvelles, sauf peut-être cette éclaircie diplomatique dans le processus onusien, à travers la nomination d'un nouveau représentant spécial. SM le Roi a été ferme dans son discours. Il a consacré un long développement sur les détenus de Tindouf où il a dénoncé les conditions de leur détention, tout en saluant l'élan patriotique de la communauté résidant à l'étranger comme des Marocains eux-mêmes. «Nous saluons ton engagement ferme (…) et ton refus catégorique du mercantilisme politicien effrontément opportuniste voué à une exploitation vile et abjecte de la situation dramatique imposée aux Marocains détenus sur le territoire algérien, en violation flagrante des règles les plus élémentaires du droit humanitaire international«. Il a rappelé que ces détenus vivent dans une aberration inédite et ne sont pas traités comme des réfugiés. D'ailleurs, «le Maroc ne cédera aucun de ses ressortissants«.Pour des négociations sérieuses, le Maroc est prêt depuis longtemps. Le Souverain met devant leurs responsabilités les parties prenantes internationales: «Il (ndlr: le Maroc) ne cessera pas d'exhorter la communauté internationale à assumer ses responsabilités pleines et entières dans cette affaire«. Mais là où le discours a été fort, c'est au niveau du contenu donné au concept des cercles concentriques, en vogue dans le cercle diplomatique depuis quelque temps déjà. Ces cercles s'articulent autour de trois principes, à savoir le bon voisinage, la solidarité agissante et le partenariat stratégique. La diplomatie parallèle, assumée par les partis politiques, les ONG, le monde économique et les citoyens, doit puiser dans ces trois concepts. Le but étant d'instaurer une diplomatie offensive pour faire connaître la justesse de la position marocaine quant au dossier du Sahara. La réforme est une question de compétences humaines aussi. SM le Roi a annoncé la restructuration du Conseil royal consultatif pour les affaires du Sahara, qui sera réformé pour une meilleure représentativité. Pour le dossier du Sahara, il faut des hommes qui ont de l'initiative, qui proposent. Quant aux médias, auxquels le Souverain a consacré une bonne partie de son discours, leur mise à niveau est nécessaire pour consolider la citoyenneté responsable. Liberté de presse, oui, mais avec les responsabilités qu'elle implique: le gouvernement doit travailler de concert avec les professionnels du métier pour revoir l'actuelle législation. Une des réformes attendues se rapporte aux peines de prison.


    Une monarchie citoyenneUne monarchie citoyenne, concept développé par le monarque, et agissante est en phase avec la volonté populaire, et au diapason des nouvelles exigences de bonne gouvernance. “Elle sait à quel point il importe de préserver l’unité, la confiance et la stabilité, qui sont autant de préalables pour la réalisation de projets structurants et la concrétisation de grands choix nationaux”. Sur le volet économique et social, le Souverain a reconnu, en toute franchise, que le concept de citoyenneté ne saurait prendre sans un décollage économique et social. Pour cela, la mise à niveau et la modernisation de l’économie, en gagnant le pari de l’intégration dans l’économie mondiale et du libre-échange, sont nécessaires. C’est la condition sine qua non aussi pour la réussite de l’Initiative de développement humain: accélérer le rythme de la croissance, améliorer la compétitivité, accroître la productivité et créer les richesses génératrices d’emplois” (et non pas “activités génératrices de revenus”).L’emploi des jeunes est la priorité des priorités. Le Souverain a rappelé à l’ordre le gouvernement dont le bilan, sur cette question, est décevant. “Nous appelons le gouvernement à poursuivre son action faisant de l’emploi des jeunes la priorité des priorités”. Les prochaines assises, qui ont été retardées, ne devraient pas être un événement ponctuel, mais plutôt marquer un “tournant décisif”. Le but est de mettre au point des solutions efficaces: un vrai casse-tête dans la conjoncture actuelle, car seul le marché de l’offre et la demande de compétences régule l’emploi.L’essor du développement humain est basé sur trois volets:- Modernisation de l’Etat-nation- Réconciliation des Marocains avec leur histoire contemporaine (IER)- Relance de l’initiative privée d’entreprise par la création de richesse.

    Bonne gouvernance Le monarque a, à plusieurs reprises, utilisé le terme de “bonne gouvernance” dans son discours. La moralisation de la vie publique est un axe qui lui tient à cœur depuis ses toutes premières interventions. La gouvernance du Maroc, qui fait aujourd’hui l’objet d’une violente polémique parce que critiquée, est ce qui fera ou pas concrétiser tous ces ambitieux projets. Elle est aussi garante de la “monarchie citoyenne” comme de la citoyenneté effective que souhaite voir naître le Souverain. “Nous ferons de la bonne gouvernance le mécanisme idoine pour favoriser l’émergence de la citoyenneté dans son acception la plus parfaite”. Le chef d’Etat exhorte à une poursuite de la réforme de la Justice, tout comme “il importe d’accélérer le processus de modernisation de l’administration pour que celle-ci gagne en efficacité et fasse du service public et de la proximité du citoyen sa préoccupation majeure”. Pour revenir aux débats objectifs, rappelons que plusieurs rapports de la Banque mondiale, comme du World Economic Forum notamment, classent mal le Maroc, même parmi le groupe de pays auxquels il est comparé (Jordanie, Tunisie, etc., voir nos nombreux articles: www.leconomiste.com).Pour la corruption: le message est ferme. La lutte anticorruption, dont un plan gouvernemental vient d’être annoncé (voir notre dossier, L’Economiste du 27 juillet 2005,www.leconomiste.com), bénéficie de l’appui au plus haut sommet de l’Etat. La corruption, thème pour la première fois approché tel quel par le Roi, est passible de crime envers la Patrie. Pis, elle est “non moins répréhensible qu’une atteinte à ses valeurs sacrées”!“Nous insistons sur la nécessité de moraliser la vie publique en veillant à combattre toutes les formes de corruption et de détournement des richesses du pays et des deniers publics”, a déclaré le Souverain. Mouna KADIRI
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