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Politique

Discours royal
De la proximité dans la gestion du champ religieux

Par L'Economiste | Edition N°:1760 Le 04/05/2004 | Partager

. Des délégués régionaux pour une gestion moderne de la chose religieuse . La ligue des oulémas devient La Ligue Mohammadia des oulémas du Maroc. L’intégration des écoles coraniques dans le système éducatif La gestion de la chose religieuse sera désormais soumise à des exigences d’ordre mondial. Ce n’est plus l’affaire de considérations purement internes confinant à l’arrière-plan les changements que connaît la planète. La montée des extrémismes avec tout ce qu’ils charrient comme visions obtuses de l’islam et récupération à des fins idéologiques, politique et terroriste, nécessite une maîtrise constructive du champ religieux. Il faut mettre fin aux approximations et aux interprétations fallacieuses. Le discours royal du 30 avril dernier devant les membres du Conseil supérieur et des Conseils provinciaux des oulémas au Palais royal de Casablanca est venu mettre un terme aux interférences qui ont porté préjudice à la religion. Il est fondateur d’une nouvelle politique qui s’appuie sur une vision moderne, qui respecte en même temps le référentiel ouvert et modéré de l’islam. “Nous entamons aujourd’hui la finalisation et la mise en oeuvre d’une stratégie intégrée, globale et multidimensionnelle (...) visant à prémunir le Maroc contre les velléités d’extrémismes et de terrorisme”, a annoncé le Souverain. Pour y arriver, il a fortement mis l’accent sur l’importance de “redresser l’image de l’islam”, aujourd’hui mise à mal. La notion de proximité a été érigée en élément crucial susceptible de juguler les récupérations infondées. SM le Roi Mohammed VI a ainsi annoncé avoir ordonné la nomination de délégués régionaux du ministère des Habous et des Affaires islamiques. Ils sont “appelés à assurer, sur le terrain, une gestion moderne des affaires islamiques”. Dans le même ordre d’idées, il a insisté sur l’importance des Conseils des oulémas dans leur nouvelle composition: “Ces conseils ont une mission de gestion de proximité des affaires religieuses. Nous les exhortons à se mettre à l’écoute des citoyens, surtout les jeunes, et à œuvrer pour protéger leur foi et leur esprit contre les égarés et les mystificateurs”. Le rôle de la femme n’a pas été perdu de vue. Le discours royal a insisté sur l’importance de “voir des femmes versées dans les sciences religieuses siéger dans ces conseils, et ce, par souci d’équité à leur égard et d’égalité entre l’homme et la femme”. Il en a nommé une au Conseil supérieur des oulémas.Pour préserver le caractère consensuel de la législation à inspiration islamique, le Souverain a voulu que le Conseil supérieur des oulémas devienne une force de proposition. A l’occasion d’occurrences à implication religieuse, les fatwa seront soumises au Souverain en sa qualité d’Amir Al Mouminine et de président dudit Conseil. “A cet égard, nous affirmons que notre volonté d’élargir et de renouveler les Conseils des oulémas n’a d’égal que notre souci d’empêcher que ces structures ne se réduisent à des îlots désertés par les oulémas non membres. Bien au contraire, Nous tenons à ce qu’elles soient des espaces de rencontre pour tous les oulémas éclairés”. La réforme annoncée par le Souverain intéresse directement la Ligue des oulémas du Maroc “qu’il faudra sortir de sa léthargie et qu’il convient de régénérer pour en faire un organe dynamique agissant en synergie avec les Conseils des oulémas”. A cet effet, le Souverain promulguera “un dahir portant organisation et composition de cette structure appelée à opérer dans un cadre portant Notre Prénom Chérifien, à savoir La Ligue Mohammadia des oulémas du Maroc”. Seulement, ces structures ne peuvent être efficientes si l’éducation ne suit pas. Le discours royal en a fait état et un grand chantier sera lancé pour répondre à cette exigence. Sa Majesté a donné ses instructions pour que des mesures soient prises pour assurer “la rationalisation, la modernisation et l’unification de l’éducation islamique”. Les écoles de l’enseignement originel bénéficieront dans cette même perspective, d’un traitement permettant leur désenclavement. Le Souverain a insisté sur leur mise à niveau et sur “la sauvegarde du système d’apprentissage coranique et sur la protection de ces établissements contre toute exploitation ou déviation portant atteinte à l’identité marocaine”. Seront par ailleurs mises en place des “passerelles et des programmes de formation permettant l’intégration des effectifs issus de ces écoles dans le système éducatif national qui, au lieu de former des esprits obtus et sclérosés, favoriseront, au contraire, l’ouverture sur les autres cultures”. Outre des éléments contenus dans ce discours royal fondateur d’une nouvelle ère, la préservation de la sécurité spirituelle du Maroc et l’unité du rite malékite sunnite ressort clairement. L’attachement à ce référentiel unique n’exclut en rien l’aspect démocratique de la diversité des vues convergeant vers l’intérêt général. Le Souverain a souligné que les nouvelles exigences mondiales resteront aussi prises en compte en matière jurisprudentielle. C’est dans le droit fil du dernier discours du Trône et celui du 29 mai 2003 à Casablanca. Les décisions, qui en ont émané, connaîtront notamment leur mise en oeuvre à travers le discours du 30 avril dernier qui a dissipé un certain nombre de malentendus qui jusqu’ici entouraient la chose religieuse.


Lieux de culte

La restructuration du ministère des Habous et des Affaires islamiques est le soubassement d’une nouvelle gestion institutionnelle. Elle se décline en plusieurs points dont la création annoncée par le Souverain d’une direction de l’enseignement originel et d’une autre chargée des mosquées. “Il est également prévu de procéder à une révision de la législation régissant les lieux de culte”, a souligné SM le Roi Mohammed VI. Celle-ci se traduira par le respect d’exigences architecturales susceptibles de garantir un climat de sérénité et la maîtrise des sources de financement de ces lieux.Mostafa BENTAK

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