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Comment la région du Tensift gère ses eaux
Entretien avec Mohammed Chtioui, directeur de l’Agence du bassin hydraulique

Par L'Economiste | Edition N°:2177 Le 22/12/2005 | Partager

La région de Marrakech est déficitaire en eau, face notamment aux besoins de l’agriculture basée sur l’irrigation. Il y a moins de 800 millions de m3 d’eau produits par an pour près de 3 millions d’habitants dans la région.Depuis sa mise en place en 2002, l’Agence a procédé au recensement du patrimoine hydrique et à la mise en place de mesures d’accompagnement. Son défi aujourd’hui est d’accélérer toutes les mesures adoptées. . L’Economiste: D’après les prévisions, l’offre en eau qui sera disponible en 2020 pourra à peine couvrir la demande. Comment répondre aux besoins de la région en eau face à des ressources hydrauliques en diminution? - Mohammed Chtioui: Il y a toujours des solutions. Je rappelle que l’on attend pas 2020 pour entreprendre des actions pour pallier toute pénurie dans la région. Bien entendu, tout dépend des attitudes et des comportements des usagers vis-à-vis de cette ressource. L’an 2020 n’est pas une date butoir, mais juste un deadline pour un programme établi. Ce n’est que par une politique d’économie de l’eau que l’on pourra faire face. La réutilisation des eaux non conventionnelles (eaux usées ou eau de mer) ainsi que les recharges artificielles des eaux souterraines sont des alternatives non négligeables et auxquelles nous travaillons. . Quel est le patrimoine hydraulique de la région? - Les ressources de la région du Tensift couvrent à peu près une superficie de près de 25.000 m2. La principale source est le fleuve Tensift et ses affluents. En eaux de surface, la région compte 877 millions de m3, comme apport annuel moyen. Il faut ajouter les apports d’autres bassins limitrophes comme celui de l’Oum Rabie. Ce qui nous donne près de 300 millions de m3 au total.En ressources souterraines, le potentiel est estimé à près de 451 millions de m3 par an. Et tout cela pour une population qui avoisine les 3 millions d’habitants et un potentiel agricole irrigué à peu près de 228.000 hectares. Nous sommes depuis quelques années en situation de stress hydraulique. Cela veut dire que nous avons chuté au dessous de la moyenne mondiale qui est de 1.000 litres/an par habitant. A Tensift, nous sommes à peu près autour de 600 litres/an par habitant.. Il faut dire que le Tensift connaît des différences énormes au niveau des ressources…- La région, faut-il le rappeler, est constituée de plaines et de montagnes où la différence des flux pluviométriques est multipliée par 4 selon les régions. Dans les montagnes du Haouz, l’on enregistre par exemple 800 millimètres de flux de pluies par an, alors que le Chichaoua en reçoit annuellement à peine 190. Il y va de même pour les eaux souterraines. Et ce n’est pas pour autant que la consommation diminue. Elle est même au dessus de la moyenne nationale. . En matière de consommation d’eau, l’agriculture est-elle plus consommatrice? - L’agriculture dans le Tensift et notamment le Haouz est plutôt tributaire de l’irrigation. Or, la plupart des PMH (petites et moyennes hydrauliques) sont encore à l’état traditionnel et consomment de fait beaucoup d’eau, soit plus de 5.000 m3 par ha et par an. Devant une situation où le potentiel est bien limité, la compression de cette demande ne peut se faire qu’à travers des techniques économiques, comme l’utilisation du goutte à goutte. . Technique qui marche bien….- En effet. Dans le Haouz, un programme d’équipement en goutte à goutte de 24.000 ha a été lancé par l’Etat. On en est déjà à 11.000 ha. Aussi, à nous de veiller à ce que ce programme se concrétise et se généralise, car l’économie d’eau est la seule issue pour la région. C’est notre mission.. Justement, quel est votre programme d’action et son état d’avancement depuis que l’Agence a été créée?- La loi 10/95 concernant l’eau nous donne pour mission la protection des ressources hydrauliques, la sauvegarde du patrimoine et la rationalisation de ces ressources. Dans notre programme d’action, nous avons identifié plusieurs mesures d’économie comme la recharge et la réalimentation des eaux souterraines. Des études ont déjà été menées sur le fleuve N’fis où il s’agit seulement de régulariser et exploiter les lâchés des barrages. Il y a aussi la piste de l’utilisation des eaux non conventionnelles pour laquelle existe toute une gamme de réglementations des eaux usées à traiter, et eaux salées. Ces dernières peuvent être exploitées pour certaines cultures et notamment dans l’arrosage des espaces verts en milieu urbain... Il faudra évidemment respecter les dispositifs réglementaires notamment pour déminéraliser ces eaux. Depuis sa mise en place en 2002, l’Agence a oeuvré d’abord pour affiner sa connaissance du patrimoine et ensuite mettre en place des mesures d’accompagnement, pour partager ces informations avec les institutionnels et tous les partenaires dans la gestion d’eau.Dans un avenir très proche, il s’agira d’accélérer toutes les autres mesures du plan d’action.


Sensibilisation

Créée suite à l’adoption de la loi 10/95 concernant l’eau, l’Agence du bassin hydraulique du Tensift a tenu, le 20 décembre dernier, une journée de sensibilisation sur la nouvelle loi dont les textes d’application ne sont pas tous publiés. Une journée à laquelle ont été conviés tous les partenaires de l’Agence et les gestionnaires de l’eau. Il a été question notamment des dispositifs de la loi, du potentiel actuel de la région et du programme d’action de l’Agence. «La loi nous confère aussi un rôle de régulateur et, aujourd’hui, nous sommes appelés à travailler en parfaite relation avec nos partenaires pour le développement de cette ressource», indique Chtioui. Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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