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Economie

Code de la route: Les premiers effets collatéraux

Par L'Economiste | Edition N°:3376 Le 05/10/2010 | Partager

. Importants surcoûts sur le transport de marchandises. En cause, l’abolition de la surcharge des camions A peine entré en application, les premiers effets secondaires du nouveau code de la route sont là: les prix des fruits et légumes et des matériaux de construction prennent l’ascenseur. Une flambée confirmée par les producteurs agricoles et les professionnels des matériaux de construction. A l’origine, l’abolition de la surcharge des camions en application des dispositions du nouveau code de la route. «Par le passé, il y avait une certaine tolérance en ce qui concerne la surcharge des camions», explique Abderrahim Chennaoui, SG de la Fédération générale du transport sur routes et ports. En effet, auparavant, et pour contourner la baisse des prix, les transporteurs avaient recours à la surcharge. «Nous avions l’habitude de transporter 20 palettes de 2.300 kg de marchandises par camion. Ce qui faisait un total de 46 tonnes contre une charge utile légale de 25 tonnes», reconnaît un grossiste en matériaux de construction. Le recours à la surcharge, qui était une pratique généralisée à l’ensemble du secteur du transport depuis de nombreuses années, permettait d’augmenter de manière notable les recettes. Mais en même temps, elle a pu maintenir dans des proportions relativement abordables, les prix des produits sur le marché. Une pratique qui a longtemps fait la fortune des transporteurs, et pas seulement ceux opérant dans l’informel. D’ailleurs, un grossiste de matériaux de construction le reconnaît formellement: «nous avons profité longtemps de ce système même si nous savions que ce n’était pas légal». Cet opérateur suggère même au gouvernement «d’abolir la surcharge de manière progressive afin d’éviter la surenchère des marchandises».Parmi les dispositions du nouveau code de la route qui suscitaient l’appréhension des transporteurs, le permis à points et son retrait, l’amende pour surcharge, la mise en fourrière du véhicule… Depuis l’entrée en vigueur du nouveau texte, les camionneurs lèvent le pied de l’accélérateur. Ce qui les oblige à mettre plus de temps pour parcourir la même distance qu’auparavant et donc, à réduire le volume de leur activité. «Les chauffeurs évitent l’excès de vitesse, ce qui se répercute sur la fluidité de la circulation. Par conséquent, ils sont obligés de faire plusieurs rotations pour livrer le même volume de marchandises sur la même distance», explique Chennaoui. Selon cet expert du transport, «le phénomène est plutôt psychologique car ce qui était considéré comme normal est subitement devenu anormal». Une chose est sûre à présent: les chauffeurs ne voudront plus assumer seuls les risques inhérents aux dérives d’un secteur miné par des pratiques anarchiques. Le code de la route a d’ailleurs instauré la coresponsabilité entre camionneur, transporteur et donneur d’ordre. Selon un responsable syndical, en raison de la prudence des conducteurs, «les transporteurs commenceront bientôt à se plaindre de la rareté de la main-d’œuvre». L’augmentation des prix des agrumes est confirmée par les producteurs. «La charge utile des petits camions utilisés pour transporter les produits agricoles depuis les vergers aux stations de conditionnement a été réduite. Ce qui devra se traduire par une augmentation sensible des coûts de transport appelés à être multipliés par deux», déclare Ahmed Derrab, président de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam). Avis partagé par les producteurs de fruits et légumes. «Les volumes qui étaient chargés par les camions ont été réduits de pratiquement 50%. Ce qui se répercute sur les niveaux de prix du transport», explique Lahoucine Aderdour, président de l’Association des producteurs et producteurs exportateurs de fruits et légumes (Apefel). En pratique, les transporteurs qui faisaient trois voyages par semaine ne peuvent plus en faire qu’un seul. L’étau se resserre davantage avec la limitation du temps de roulage (9 heures par jour). Conséquence de cette baisse de trafic: un certain blocage au niveau des producteurs à cause des prix pratiqués par les transporteurs. Un blocage qui reste tout de même faible parce que la production est moyenne cette année. «Mais la situation risque d’empirer s’il y a un surcroît d’offre», prévient Aderdour.Selon les producteurs de matériaux de construction, les prix augmenteront davantage dans les prochaines semaines car une fois les stocks actuels épuisés, les industriels devront s’approvisionner. Mais, entre-temps, les prix auront augmenté comme dans un cercle vicieux.L’impact de l’abolition de la surcharge des camions est fonction de la nature de la marchandise transportée. Ce qui donne une idée du manque à gagner pour les transporteurs. «Notre marchandise a une faible valeur ajoutée. Auparavant, la valeur globale de la charge d’un camion était de 17.000 DH. Avec l’application des dispositions du code de la route, elle n’est plus que de 11.000 DH, sans compter les frais de transport», explique un grossiste des matériaux de construction.


Ce que prévoit le code

POUR prévenir la corruption, le nouveau code de la route a instauré une marge de tolérance de 10% de surcharge. Mais le non-respect des limites de poids autorisées est sanctionné par une amende de 500 DH par tonne transportée en surcharge. De plus, toute fraction de tonne est considérée comme une tonne.En clair, si un camion de 8 tonnes de charge utile transporte une surcharge de 3 tonnes, le responsable (camionneur, transporteur ou donneur d’ordre) devra payer une amende de 500 DH par tonne excédentaire. 1.000 DH dans ce cas d’espèce, correspondant à une surcharge de 3 tonnes moins une marge de tolérance de 800 kg. Si un camion présente une surcharge de 30% et plus, il est automatiquement immobilisé et mis en fourrière. S’il transporte des marchandises périssables ou dangereuses, il peut continuer son trajet après le paiement d’une amende. Dans le cas où le camion transporterait d’autres marchandises, outre la mise en fourrière et le paiement d’une amende, le chauffeur ou le transporteur doit transborder l’excédent dans un autre véhicule avant de pouvoir reprendre la route.Hassan EL ARIF

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