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Politique

Code de la famille
Egalité signifie moins de divorces?

Par L'Economiste | Edition N°:1662 Le 15/12/2003 | Partager

. C’est un «excellent facteur» de stabilité. Les taux de divorce baissent, chiffres à l’appui. Une rencontre organisée par les diplômés de Dauphine Deux mois après son annonce, le nouveau code de la famille continue de susciter débats et interrogations. Probablement parce que sa mouture définitive n’est pas encore arrêtée et que l’action de lobbying continue. Certainement aussi parce qu’il s’agit du tout premier projet de société du Maroc moderne qui concerne toutes les franges sociales et nécessite une mobilisation générale pour sa réussite. D’une portée politique, économique et sociale, il exprimera, une fois ses dispositions conçues et mises en application, les avancées du Maroc en matière de droits de la famille et, partant, de construction d’un état démocratique. En guise de participation à ce débat de société, l’Association marocaine des diplômés de Dauphine (AMDD) a organisé, jeudi 11 décembre, une conférence sur la portée du code de la famille sur le plan économique et social. Car si une large frange de la population est aujourd’hui acquise aux principes universels d’évolution et de modernité de l’esprit du nouveau code, certaines résistances persistent. Le poids des traditions, les réflexes conservateurs, la structure sociale patriarcale et la montée de courants extrémistes n’allaient pas manquer de contribuer à l’apparition de réticences, voire d’oppositions aux avancées proposées par le nouveau texte. D’où les nécessaires plus grandes mobilisation et information autour de l’apport positif du code et de sa totale conformité avec les préceptes religieux, fondements de la société marocaine arabo-musulmane. Comme l’a souligné Nezha Guessous, membre de la Commission royale, «le défi reposait sur la conception d’un projet adapté à notre époque et ses contraintes de modernité et d’ouverture avec le respect des préceptes de l’islam». Il s’agit aussi de bouleverser des habitudes et mœurs sociales qui n’intégraient pas jusqu’à présent les notions de coresponsabilité au sein du couple et le respect des droits des enfants. Quoique modernité et tradition ne sont pas antinomiques. «De nombreux exemples montrent qu’on peut accéder à la modernité en restant attaché aux traditions. Le Japon ou la Malaisie sont édifiants à cet égard»: Saïd Saâdi, l’ex-secrétaire d’Etat, fervent militant du plan d’intégration de la femme, considère que le problème posé n’est pas celui de la conformité mais du positionnement de l’islam par rapport à la modernité. Celui qui prépare ses mémoires sur ce plan considère que «tout dépend de la lecture faite du Coran et que la notion d’Ijtihad permet une lecture moderne adaptée aux réalités sociales actuelles». «La révolution apportée par le code a consisté à s’attaquer aux fondements du patriarcat et introduit la démocratie dans la cellule familiale; la lecture est donc éminemment politique», considère-t-il. «Une chose est sûre, l’islam peut à la fois être démocratique et moderne». Nouzha Skalli, chef du groupe parlementaire du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) en est profondément convaincue: «L’égalité est un excellent facteur de stabilité et les pays qui ont introduit le plus de dispositions égalitaires dans leur législation sont ceux qui enregistrent les taux de divorce les moins importants. 6,2% en Tunisie contre 16,1% au Maroc et plus de 13% en Algérie». Nul doute pour elle que les droits des femmes sont un facteur de développement et que «sous couvert de la religion, des forces obscurantistes s’opposent aux avancées démocratiques». C’est une des raisons pour lesquelles l’information et la communication autour du code sont fondamentales pour sa réussite. «La sensibilisation est destinée avant tout à contrer les résistances», expliquera Noureddine Ayouch, président de Lowe Shem’s. «Aucune réforme ne peut réussir sans être accompagnée par un plan de communication réfléchi et explicatif». Pour lui, l’effet d’annonce du code de la famille a été remarquable. C’est le suivi en matière de communication qui n’a pas été assez important, d’où «une mobilisation relativement timide». Un constat qu’il faut toutefois modérer puisque «le texte n’est pas encore au Parlement, les partis politiques sont absents et le gouvernement s’essouffle parce qu’il n’a ni les moyens financiers ni humains pour mener à bien la réforme». C’est sans parler des mesures d’accompagnement et de suivi qui devront être mises en place dès l’entrée en vigueur du code. En tout état de cause, le Maroc du XXIe siècle, résolument tourné vers l’Occident, assurément intégré économiquement dans la sphère mondiale, est celui que l’esprit du code reflète avec les notions de coresponsabilité et d’égalité au sein de la famille et donc de la société.


Lobbying parlementaire

Après son passage en Conseil des Ministres, le texte du code sera soumis au Parlement. C’est à ce niveau que les discussions seront les plus vives et aboutiront à l’adoption des dispositions définitives. Le lobbying des associations féminines auprès des parlementaires a débuté. L’objectif principal est de se conformer à l’esprit du discours royal et empêcher l’adoption de dispositions contraires aux avancées annoncées. Amale DAOUD

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