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    Economie

    Claude Julien définit les ingrédients de l'éthique

    Par L'Economiste | Edition N°:364 Le 26/10/1998 | Partager

    L'éthique est une force dont l'adhésion est contraignante. C'est ce qu'a défendu l'invité de l'Association Marocaine d'Etudes et de Recherches Internationales, M. Claude Julien, ancien directeur du «Monde Diplomatique».


    Voyons prudents, nous n'avons pas le droit de compromettre notre éthique. Faute de quoi, c'est la suspicion qui s'installe chez le public. Tel était le leitmotiv de M. Claude Julien lors de la conférence qui a eu lieu à Rabat jeudi 22 octobre à l'Institut Supérieur de l'Information et de la Communication.
    Inspiré de l'actualité et de son expérience de journaliste, le conférencier a précisé d'emblée qu'il ne s'intéresse guère à l'éthique individuelle et individualisée qui ne conduit à aucun engagement. Ce qui l'interpelle, «c'est l'éthique qui inspire des actes et qui est traduite par l'action. Une éthique qui est aussi contraignante». M. Julien ajoute «que nous soyons dans l'opposition ou du côté du pouvoir, cette éthique nous engage dans chacun des actes de notre vie».
    Le débat sur l'articulation du rapport entre politique et éthique intervient à un moment où les relations internationales sont marquées par la violation fréquente des principes éthiques. «Où sont les préoccupations éthiques devant les drames sanglants en ex-Yougoslavie, au Kosovo, le dédain de l'éthique après la signature des accords d'Oslo et les abominables tueries perpétrées au Rwanda, au Zaire...», s'indigne le conférencier.
    Ce mépris pour l'éthique est manifeste également à travers «l'inacceptable injustice sur les plans national et mondial. Les chiffres du rapport programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en témoignent», ajoute-t-il.

    Au-delà de ce constat de répartition inégale des richesses, M. Julien considère que l'éthique est une force, à côté des progrès économique, scientifique et technologique, ce que beaucoup de pseudo-réalistes n'arrivent pas à entrevoir. L'adhésion des peuples à une éthique n'a-t-elle pas suscité plusieurs mouvements qui ont bouleversé la face du monde? s'exclame-t-il.
    Seuls deux ingrédients sont en mesure de préserver cette éthique/force contre toute entorse au nom du réalisme. Il s'agit de la loyauté et de la pédagogie selon le fondateur de «Manière de voir», la dernière-née des revues du groupe Le Monde.
    La loyauté concerne la confiance d'un peuple dans ses élus et aussi les lecteurs dans les organes d'information. Pas de promesses démagogiques si l'on veut gagner la confiance des citoyens et des lecteurs. Veiller à présenter avec rigueur le tableau de la réalité devant lequel on se trouve, informer en toute liberté des préjugés et sectarismes... telles sont les valeurs fondatrices de la loyauté, indique le doyen de la presse française. La pédagogie exige, quant à elle, «la franchise dans l'explication de ce à quoi on tend, mais aussi parler des obstacles auxquels on se heurte dans nos démarches».
    Assez curieusement, M. Julien n'a pas évoqué la décision de la cour de cassation française, qui a rendu son arrêt le 20 octobre, condamnant le journal «Le Monde» pour offense envers le Souverain marocain. La même attitude a été observée de la part de l'assistance.


    Parcours d'un citoyen journaliste


    Citoyen d'abord et journaliste par choix, c'est ainsi que Claude Julien aime se définir. Né en 1925 à Saint-Rome-de-Cernon en France, il a travaillé comme journaliste au Monde depuis 1951. A partir de 1973, il est devenu rédacteur en chef de ce quotidien. De 1982 à 1990, il est le directeur du Monde diplomatique. Pour lui, «l'adhésion d'un lecteur à son journal n'est pas un chèque en blanc pour la suite des événements. Cette confiance ne peut être vérifiée, confortée à chaque étape que par un dialogue de vérité entre les lecteurs et les journalistes».
    Actuellement, il est le président d'honneur de la Ligue Française de l'Enseignement et de l'Education Permanente.

    Rachid JANKARI

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