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Courrier des Lecteurs

Chronique des changes: Première semaine de l'année 1993 : Affaiblissement du Franc et du Mark en Dirham pour les prochaines semaines?

Par L'Economiste | Edition N°:62 Le 14/01/1993 | Partager

Que nous ont réservé les 7 premiers jours du Nouvel An dans les cotations de la monnaie nationale?

Ce sont les deux monnaies européennes en congé du SME qui accusent les plus fortes variations (de sens opposé d'ailleurs), exprimées en Dirhams: le Sterling s'est en effet adjugé +2,38% de hausse, tandis que la Lire italienne fut cotée à Rabat 2,2% plus bas qu'à la fin de l'année 1992. Quant aux variations du Dirham par rapport au reste des devises de notre échantillon d'observation, elles furent bien inférieures à 1%, qu'elles aient été de signe positif ou négatif. Ainsi la baisse de notre monnaie s'est elle échelonnée de -0,15% vs Ecu, (et -0,30% contre un Escudo que défend le niveau encore très élevé de ses taux d'intérêt) à -0,8% contre le Dollar. Un pour cent fut également le seuil que les variations à la hausse du Dirham n'a franchi ni contre la Pésète (+0,55%), ni contre le Mark (+0,26%) encore moins contre le Franc Français (+0,10%)

La Livre après ''l'Annus Horribilus''

1. Non, la Livre britannique ne touche pas les dividendes de sa fracassante sortie du Mécanisme de Change Européen. En fait, plusieurs opérateurs des marchés des changes internationaux s'en sont portés acheteurs quasiment par dépit, au vu des persistantes tensions du SME (ou de ce qui en reste): Franc français et Livre irlandaise chahutés. les rendements sur le Mark semblent hypothéqués à la baisse... D'autres, se référant à la situation interne du Royaume Uni, ont conclu, à la suite de la publication de chiffres impressionnants du déficit budgétaire (dit PBSR: Public Sector Borrowing Requirement indiquant une impasse de plus de 1,45 milliard de Livres soit près de 7% du PIB, tandis que la norme "maastrichtienne" est fixée à 3% du PIB), que décidément la volonté des Autorités Monétaires de l'Archipel de continuer à desserrer l'étau des Taux fera long feu; c'est-à-dire que les rendements vont bientôt reprendre le chemin de la hausse. Notre sentiment est que le Sterling (dont l'indice TCE a cédé près de 12% en un an, et la dépréciation en Dirhams a tutoyé les 10%) bénéficiera de la remontée du Dollar qui s'opère au détriment des monnaies européennes et du Mark en particulier. Par conséquent, les cours en Dirhams (à la hausse également) devront refléter ce qui n'est en revanche que de simples corrections: on ne peut escompter retrouver les cours d'avant les événements de la mi-Septembre (sortie du SME). Car, après 1992 "Annus Horribilus" (selon les qualificatifs de la Reine qui ne faisait pas nécessairement allusion aux déconvenues politiques et de gestion économique de son Gouvernement), envisager d'ici la présentation du prochain Budget en Mars. le contraire d'une politique monétaire accommodante reviendrait, de la part des conservateurs au pourvoir, à un "suicide politique".

Dollar: La force tranquille

2. "La Force Tranquille "est-on tenté de qualifier le comportement du Dollar depuis l'élection de Bill Clinton à la présidence des Etats-Unis. Après les +11% de hausse capitalisés au terme des 12 derniers mois, la monnaie américaine s'adjuge +0,87% encore de hausse. Tout le monde s'accorde à penser que l'économie outre atlantique affichera des signes positifs de croissance au cours de cette année. Cependant, ce sera une croissance peu créatrice d'emplois: les derniers chiffres publiés à la fin de la période sous-revue l'attestent puisque, malgré un frémissement conjoncturel, le taux de chômage (à 7,4% de la population active) reste l'un des plus mauvais des 10 dernières années. Qui soutient le Dollar donc? C'est, hormis les facteurs exogènes (les problèmes de construction européenne et les variables géopolitiques telles que la situation dans les Balkans ou en Afrique...) l'anticipation que le nouveau Président élu, même si sa marge de manoeuvre sera limitée (le déficit budgétaire est impressionnant) prendra des mesures pour accélérer la croissance (mesures fiscales, investissements publics, formation...). Il ne recourrait en revanche pas à l'arme des taux.

Le Yen inspire la sérénité

3. La tenue de la devise japonaise (Yen/Dirham +0,62%) inspire de la sérénité, qualité coutumière des Asiatiques: en dépit d'un ralentissement conjoncturel très préoccupant (selon les standards de la seconde puissance économique de la planète, ce qui augure d'une prochaine décrue des rendements nippons), les cours du Yen ne peuvent sanctionner durablement ces contre-performances économiques. D'une part parce que celles-ci sont toutes relatives (la récession en Europe, et en Allemagne surtout, est plus sévère), d'autre part, le Japon enregistre de confortables excédents commerciaux avec le reste du Monde, ce qui rendrait tout à fait insupportable aux yeux de l'opinion économique internationale un affaiblissement prononcé du Yen. On comprend alors pourquoi cette devise (c'est notre anticipation) accompagnera (quoique non proportionnellement) la lente remontée du Dollar vis-à-vis des monnaies européennes et, mécaniquement donc, vis-à-vis du Dirham.

Petit geste de la Bundesbank

4. Un événement marquant de cette première semaine sur les marchés des changes internationaux fut le "petit geste" sur les taux commis, Jeudi 7 Janvier 1993, par la Bundesbank à l'occasion de la réunion de son conseil. La Banque Centrale, sans toucher à son taux directeur (le taux d'escompte) a réduit d'un modeste 0,15% le taux auquel elle rend en pension les effets qui lui sont présentés par les banques commerciales. La tenue du Mark s'en est ressentie, l'indice TCE (calculé par la Banque d'Angleterre) se repliant de 0,20%, une variation qui résume, inter alia, les 2,45% concédés au Sterling, le 1% au Dollar, les 0,35% à la devise de l'Hexagone, le Dirham pour sa part engrangeant, face au Mark, +0,26%. Notre sentiment est que le "geste" de la Bundesbank contient le signal de l'orientation des taux d'intérêt pour cette année non seulement en Allemagne, mais également dans le reste de l'Europe. Les pays de la zone Mark (Bénélux, Autriche et Suisse) n'ont pas manqué d'ailleurs, en assouplissant également leur politique monétaire à la suite de la Buba, de montrer qu'ils en tiraient d'opportunes conclusions.

Franc: La dévaluation?

Quelles conclusions, pour notre part, en tirons-nous, particulièrement par rapport aux cotations du Dirham? Malgré le trend haussier du Billet Vert -traditionnellement défavorable au Mark- qui atténue les tensions au sein du SME, nous n'escomptons pas un affaiblissement sensible des cotations du Mark. Primo parce que la Buba ne "lâchera du lest "qu'à petites doses (les résultats des négociations sur le "Pacte de Solidarité" Patronat/ Syndicats/ et Gouvernement sur la répartition de la réduction des dépenses sociales et sur la croissance des revenus seront déterminants). Secondo, parce que les marchés des changes partiront, jusqu'aux élections législatives de Mars prochain en France, régulièrement à l'assaut de la parité Mark/Franc? Or la monnaie française compte sensiblement dans la détermination des cotations du Dirhams.

Bien que les Fondamentaux français (croissance. inflation. commerce extérieur....) soient bien plus brillants que ceux de l'Allemagne les marchés des chantes estiment que le Franc (devra être "dévalué" face au Mark (-5 à -6%).

Ce serait. argue-t-on dans ces milieux. le seul moyen (de stimuler une croissance faible qui laisse à des niveaux "assassins", les taux d'intérêt réels, le taux de chômage au-dessus de 10.4% de la population active et le nombre des sans-emplois au-dessus des 3 millions.

Compte tenu de cet ensemble de considérations, notre anticipation est pour les prochaines semaines, un affaiblissement graduel du Franc et du Mark en Dirhams, malgré quelques phases d'incertitude (et d'évolution en "Yo-Yo" de ces devises) qui feront douter de la réalité de ce Trend.

Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

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