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Ces logements sociaux qui entretiennent la misère

Par L'Economiste | Edition N°:2127 Le 11/10/2005 | Partager

. Recaser les bidonvilles c’est bien, les accompagner socialement c’est mieux . Promoteurs immobiliers doivent travailler avec les ONG Il ne suffit plus de cerner techniquement un projet social. Dans la logique du «développement humain», cela ne satisfait plus. Lors d’un séminaire organisé dernièrement à Tit Mellil par la Fondation Mohammed V pour la solidarité et l’Agence de développement social (ADS), l’accompagnement social des projets de lutte contre l’habitat insalubre a fait l’objet de deux journées d’étude. De tels projets touchent de près les populations cibles ce qui nécessite leur intégration dans toutes les étapes de la réalisation. Le séminaire a connu une forte participation du tissu associatif et ONG nationales et internationales (Enda Maghreb, Amis sans frontières, Espace associatif…), ainsi que le ministère de l’Intérieur, le Holding Al Omrane et le Fonds d’aide américain (USAID). C’est une rencontre qui survient alors que plusieurs organisations nationales font leurs premiers pas dans l’accompagnement social. L’occasion «de marquer un temps d’arrêt pour évaluer le travail effectué et s’ouvrir sur les autres acteurs et promoteurs sociaux partageant le même terrain de travail», explique Tawfik Triqui, chargé de mission au cabinet royal et représentant de la Fondation Mohammed V pour son projet d’habitat social. Mohammed Najib Guedira, directeur de l’ADS, a tenu d’ailleurs à expliquer que la richesse de la rencontre consiste en «ces regards croisés qui seront portés sur la maîtrise d’ouvrage social». Il a insisté, par ailleurs, sur la nécessité de l’accompagnement social étroit: «Il faut adopter une approche client: bien évaluer les besoins et toujours associer la population à la conception du projet, voire sa révision».L’accompagnement social s’est justement imposé après la constatation de nombreux problèmes sur le terrain. Les populations cibles des projets d’habitat ont souvent eu du mal à coopérer: méfiance et attachement à un espace où beaucoup ont grandi fait qu’elles se ferment et rejettent toute intervention. Guedira explique: «A la destruction d’un bidonville c’est aussi un cadre de vie qu’on détruit, en déplaçant les populations, il faut penser à reproduire ce cadre de vie plutôt que de simplement offrir des logements». A l’ADS, qui s’est dotée au début de cette année d’un pôle Maîtrise d’ouvrage social, on ajoute que pour une résorption durable de l’habitat insalubre, un processus de développement humain et social s’impose. Cela, eu égard aux spécificités de chaque ménage, de ses capacités contributives…Plusieurs projets d’habitat ont ainsi intégré l’accompagnement social dans leurs démarches, certains avant le lancement des travaux, d’autres ont intégré des opérateurs sociaux après leur lancement.Ainsi lors de la rencontre, trois projets ont été exposés selon la logique dualiste: volet technique et volet social. Le Holding d’habitat Al Omrane a représenté, dans les trois projets, l’opérateur technique. Les projets exposés concernent le relogement des habitants du bidonville Akreuch à Rabat où la Fondation Mohammed V coordonne entre un important collectif associatif afin d’assurer l’accompagnement social, le recasement des habitants du bidonville El Oued à Salé qui constitue la première expérience de l’association Enda Maghreb dans l’accompagnement social et enfin la restructuration du bidonville Messaoudi, socialement assistée par l’ADS.


Parole au terrain!

Concrètement les projets présentés ont dévoilé un grand nombre de problèmes pouvant entraver le bon déroulement du projet social. Ils ont également traité des moyens utilisés par les opérateurs sociaux pour les gérer. La Fondation Mohammed V, mobilisée autour du projet de relogement des habitants de Akreuch, parle de grandes appréhensions financières de la part des populations. Chose à laquelle a pallié la Fondation en créant un Fonds de garantie de 30 millions de DH géré par la CDG. Par ailleurs, la Fondation a favorisé un travail de proximité grâce à une collaboration étroite avec les associations locales. L’objectif est d’établir des études et diagnostics concernant les caractéristiques démographiques des ménages, leurs attentes et enfin personnaliser les solutions. L’Enda Maghreb a pour sa part rendu compte d’autres types de problèmes. Parmi lesquels on trouve l’infiltration dans les projets sociaux «d’éléments perturbateurs». «Des politiciens, explique le représentant de l’Enda Maghreb, qui tentent de s’approprier le projet en préparation aux élections». L’ADS a enfin mis le point sur la nécessité d’un travail renforcé en amont. Avant le lancement des travaux, une mission de repérage doit offrir les données nécessaires concernant la population cible. Arrivé après le lancement du projet, l’ADS a constaté de graves problèmes de comportement chez les jeunes ou encore des conflits entre propriétaires et locataires, etc., qui sont devenus moins évidents à gérer car non constatés à temps.Ichrak MOUBSIT

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