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    Caftan 98: Du high-tech à l'orientale

    Par L'Economiste | Edition N°:395 Le 08/12/1998 | Partager

    Incontestablement, Caftan 98, l'événement tant attendu, a réussi son pari. Celui d'envoûter le public par tous ses modèles uniques qui en l'espace d'un défilé ravissent les sens.

    La troisième édition de Caftan, qui rend hommage au talent des stylistes d'une part et à l'habit traditionnel marocain d'autre part, était placée sous le thème «High-Tech», cette année. Toutefois, au lieu de voir apparaître des tenues revisitées façon an 2000, avant-gardistes ou futuristes, à la surprise générale, ce sont plutôt des créatures nimbées de tissus lumineux et de paillettes qui gracieusement ont su mettre en valeur les modèles. Une appréhension d'autant plus éperonnée par la présence de modèles Thierry Mugler dont les collections sont très épaulées et très tendance. Ses modèles asymétriques aux formes futuristes symbolisaient plutôt un clin d'oeil au 21ème siècle. Ainsi, à sa manière, Fayçal Amor, le styliste marocain à Paris, a participé au défilé avec ses robes en lurex doré et argenté aux longueurs différentes.
    A travers toutes ces créations fort réussies, c'est l'âme du caftan qui se perpétue. Certes, il est conçu différemment, mais c'est toujours en faisant évoluer la tradition. Le caftan suggère, mais ne dévoile pas contrairement aux modes occidentales où les corps déshabillés véhiculent l'image d'une sexualité latente.
    Dans ce défilé, mannequins professionnels et maquilleurs ont su garder toute la sensualité nécessaire à l'habit oriental. Des jeux de transparence, de superpositions toujours dans des matières fluides qui épousent le corps ont conféré à ces collections tout l'éclat d'antan. A cet événement, des stylistes telles que Nezha Alami, Amina Benzekri Benrahal, Zhor Raïs, Fadilah Berrada, Zineb Joundy, Nezha et Tourya Merzouk, qu'on ne présente plus, ont chacune abordé la tenue marocaine sous leur propre angle de vision. Elles ont réussi à marier la tradition avec la modernité en introduisant des matières ou des coupes jusque-là délaissées dans l'habit traditionnel. De la fourrure sur le col et les manches du caftan, des tissus en lurex argenté qui auréole les mannequins d'un blanc lunaire en adéquation avec le thème du défilé, des bustiers ajustés rappelant les corsets que les dames portaient pendant l'entre-deux guerres.

    Nouveaux talents


    Aussi, beaucoup d'étoles moirées dans des tissus précieux qui serviront à recouvrir les épaules et de larges ceinturons qui allongent la silhouette. Toutes ces soieries, ces brocarts, ces velours rendaient le port du bijou superflu, mais là aussi toutes les pièces portées par les mannequins s'illustraient par leur originalité. Deux stylistes étrangers, l'Egyptienne Hiba Hajrass Ahmed et le Tunisien Selim Louahchy ont permis à Caftan 98 d'avoir une vision étrangère et parfois semblable de l'habit traditionnel de nos voisins. Pour l'Egypte, les modèles étaient haut en couleurs, rehaussés de bijoux anciens et de toques à voile. Très peu de ceinturons et beaucoup de clochettes. Quant à la Tunisie, les modèles étaient plus d'inspiration occidentale avec des robes bustiers qui épousent le corps.
    Cette année a aussi permis à de nouveaux talents marocains de se faire connaître. Il s'agit de Latifa Souirji, Mounia Abouhanifa et Frédérique Birkemeyer. Leur point commun, l'habit traditionnel marocain.
    Leur différence: Le parcours. Pour Mme Souirji, pharmacienne de profession, c'est par passion pour la couture et pour la tenue marocaine qu'elle s'est lancée dans cette entreprise. Après avoir fait son premier défilé en juin dernier qu'elle a été remarquée par Femmes Du Maroc. Pour elle: "Chaque tissu correspond à une coupe, et tous les modèles sont uniques". Pour Mme Birkemeyer, qui tisse elle-même ses propres tissus, l'habit traditionnel c'est un aboutissement, une consécration.
    Quant à Mme Abouhanifa, elle en est aussi à son premier coup d'essai. Dans le domaine depuis un an et demi, elle adore créer et emploie dans son atelier huit personnes à temps plein. Pour des coups d'essai, ce furent des coups de maître et si un jury devait délibérer à la fin du défilé, il n'aurait su à quel saint se vouer.

    Radia LAHLOU

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