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    Politique Internationale

    Femmes du Maghreb: "Notre vie, notre cri"*

    Par L'Economiste | Edition N°:395 Le 08/12/1998 | Partager

    En collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert, le Collectif 95 Maghreb Egalité a sorti son premier rapport sur les violences à l'égard des femmes au Maghreb. Agression, licenciements, participation insignifiante à la vie politique... Diagnostic d'un quotidien pas encore dépassé.

    "La non-scolarisation des filles est la première violation des droits des femmes", rapporte l'étude. La généralisation de l'enseignement dans les pays du Maghreb connaît toujours des blocages. Une étude du CNJA en 1997 a montré que plus de la moitié des filles rurales n'ont jamais connu les bancs de l'école. Les préjugés socio-culturels relèguent la femme à un rôle domestique. Malgré son épanouissement culturel, la femme n'a pas pu remettre en question cette image de femme au foyer. Une image reconduite par les supports médiatiques et pédagogiques.
    Le droit au travail connaît toujours des restrictions. Malgré les dispositions constitutionnelles relatives à ce droit, de moins en moins de femmes arrivent à trouver un emploi. Selon la Direction de la Statistique, le taux de chômage des femmes s'élève à 23,1% contre 14,1% pour les hommes. "la tendance préférentielle lors de l'embauche demeure en faveur de l'homme, sauf si le coût de cette main-d'oeuvre féminine est moins cher", rapporte l'étude. Les licenciements abusifs font rage dans certaines activités industrielles et l'exploitation des mineures est de plus en plus flagrante dans les petits métiers.
    L'activité politique de la femme maghrébine reproduit cette image stéréotypée. "Les femmes maghrébines ne font pas massivement de politique", rapporte l'étude. Leur représentativité électorale est marginale. Dans les élections locales de juin 1997, cette représentativité était de 0,34% contre 0,33% en 1992.
    Le divorce unilatéral pèse de tout son poids sur le statut social de la femme. "La menace du mari de la rejeter et la peur de la femme de se retrouver renvoyée du domicile conjugal et abandonnée par sa propre famille quand les enfants à charge sont nombreux font de la séparation une véritable épreuve, que la femme repousse de la patience, du supportable et du sacrifice au foyer", souligne l'étude. Les différents témoignages relatés dans l'étude rapportent des scènes de violence, de séquestration, de viol...
    En fuyant le mari, la femme peut tomber sous le coup de la loi de l'abandon du domicile conjugal. "Même lorsqu'une femme demande le divorce parce que son mari est violent, elle doit continuer à vivre avec lui jusqu'à la prononciation du divorce, au risque de devenir coupable d'abandon du domicile conjugal et voir un divorce prononcé à ses torts".
    Les pressions sociales sur les mères célibataires sont encore plus lourdes. Ignorées par la loi, elles sont souvent bannies par leur entourage.

    * Postiche du livre de Rachida Yacoubi où l'auteur décrit sa vie, après un divorce. Le livre a connu un important succès de librairie.


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    Le Collectif 95 Maghreb Egalité a été créé en 1992 à la veille de la quatrième Conférence Mondiale des Nations Unies pour la Femme qui s'est tenue à Beijing en 1995. C'est un réseau maghrébin composé d'associations de femmes et de chercheurs marocains, algériens et tunisiens. Le collectif a publié plusieurs rapports sur les préoccupations des femmes maghrébines.
    Le rapport 1996-97 a été élaboré en collaboration avec la Fondation allemande Friedrich Ebert. Le thème de ce rapport se situe en effet dans la ligne de mire de la Fondation. Créée en 1925, cette dernière vise à promouvoir la société civile et à assurer une égalité des droits et des opportunités entre hommes et femmes.

    Nadia LAMLILI

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