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    Politique Internationale

    Avec "Voleur de rêves" de Hakim Noury : Le cinéma marocain redonne espoir

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager


    La salle était archi-comble vendredi 1er mars au Dawliz Habous, à la première de "Voleur de rêves" de Hakim Noury, sorti en salle le 13 mars. Une histoire d'amitié sur fond de problèmes sociaux.



    Après l'enfance, ce sont les rêves qui se font voler. Dans son dernier film, "Voleur de rêves", Hakim Noury a voulu redonner à l'amitié sa vraie valeur. "Contrairement aux autres films marocains qui l'ont précédé et qui se sont penchés sur certains phénomènes sociaux, ce film ne dénonce pas un problème particulier. C'est avant tout une histoire d'amitié, les problèmes sociaux viennent au deuxième plan", explique le réalisateur. Et d'ajouter: "L'amitié pour moi a une importance capitale, plus forte que l'amour, elle peut durer toute la vie. Seulement, de nos jours, elle a perdu sa vraie valeur; et c'est ce qui m'a donné l'idée du film".

    L'histoire

    "Voleur de rêves" raconte l'histoire de Mehdi (Rachid Fekkak) qui, après avoir purgé une peine de 5 ans de prison pour détournement de fonds, ressort avec la ferme intention de quitter le pays pour le Canada. Un rêve qui le hante depuis longtemps, et la brochure touristique qu'il garde dans sa poche le lui rappelle à chaque instant. Mais il faut d'abord qu'il se procure l'argent nécessaire.
    D'un autre côté, Driss (Rachid El Wali) est un voleur professionnel, il vole aussi bien des voitures que des portefeuilles. Il a une mère paralysée à entretenir, Moui Zahra (Amina Rachid). C'est la voisine, Naïma (Fatima Khair), qui s'occupe d'elle quand Driss n'est pas là.
    Le hasard a voulu que les deux hommes se rencontrent et qu'entre eux naisse une grande amitié. Mehdi est venu vivre chez Driss. Il s'est trouvé un travail dans une boulangerie. Si Brahim (Aïd Maouhoub), le propriétaire, lui a même proposé un logement. Mais il était hors de question qu'il laisse tomber Driss, surtout que Moui Zahra vient de mourir et que Driss traverse une période difficile. Celui-ci a perdu son humour et la joie de vivre mais cela ne l'a pas empêché de continuer à voler, pis encore, il revient ivre presque chaque soir. N'arrêtant pas de lui faire la morale, Mehdi finit un jour par se retrouver à la porte.
    Une fois la crise passée, il essaye de reprendre contact avec son ami ou avec la voisine pour qui il éprouve des sentiments profonds. Tous deux avaient disparu. Il apprend plus tard que Driss a émigré au Canada, lui volant ainsi son rêve le plus cher. Cependant, Driss a essayé de se racheter

    Trois prix au Festival de Tanger

    L'histoire est simple, mais elle a été mise en valeur par le grand talent des acteurs (Rachid El Wali a eu le prix du meilleur second rôle au 4ème Festival National du Film à Tanger), des prises de vues réussies, un dialogue très proche du public (le scénario a été réalisé par Hakim Noury avec la collaboration de Farida Benlyazid et Driss Tahri) et une image de qualité, le tout mis en scène et monté avec beaucoup de professionnalisme (Prix de la réalisation). La musique du film, composée par le jeune Marocain, Mouncef Adyel, a également été primée lors du festival. Elle était si bien adaptée qu'on pouvait facilement deviner lequel des deux personnages allait apparaître. Quelques touches d'humour et des clins d'oeil ont fait que le public n'a pas eu le temps de s'ennuyer.
    A la fin de la projection, toute la salle s'est levée et a applaudi longuement. "C'est le plus beau cadeau qu'on ait pu me faire, assure Hakim Noury. Si l'assistance a aimé mon travail, je suis sûr que le grand public appréciera autant".
    Le public marocain a pendant longtemps suivi les pas de cette production cinématographique marocaine qui n'arrêtait pas de le décevoir. A chaque fois qu'un nouveau film sortait, les gens allaient le voir par solidarité. Aujourd'hui, les mentalités ont changé, les jeunes n'ont plus la même patience; ils veulent voir des films où ils se reconnaissent. Ils sont devenus plus exigeants et s'ils ne sont pas convaincus, ils peuvent être très critiques. "Et c'est mieux ainsi, parce que cela encourage à faire un travail de qualité", explique le réalisateur de "L'enfance volée". La preuve, on a vu "le Marteau et l'enclume", "Un amour à Casablanca", et autres "A la Recherche du mari de ma femme" qui ont eu beaucoup de succès.

    Un budget dérisoire

    Le tournage de "Voleur de Rêves" a commencé à la mi-mai 1995 et a duré 5 semaines. Le fonds d'aide ne lui a attribué qu'un budget de 1.200.000 DH, mais avec le soutien de son producteur et ami Sarim Fassi Fihri, Hakim Noury a pu surmonter toutes les difficultés financières. D'ailleurs, il affirme que "le Maroc a pas mal de potentialités, que ce soit au niveau des acteurs ou des techniciens; et s'il n'y avait pas tous ces problèmes financiers que rencontrent les réalisateurs, nous serions parmi les premiers". Une pensée optimiste qui pourrait pousser les responsables à être plus généreux pour le bien d'un secteur très important sur le plan du développement social et qui, en plus, est générateur d'emplois.
    Hakim Noury a déjà un projet d'avenir en tête, celui d'un long métrage qui tournerait autour du journalisme

    Hanaâ FOULANI

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