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Economie

Assurance-maladie obligatoire
Liste des médicaments remboursables: Flagrants conflits d'intérêt

Par L'Economiste | Edition N°:1749 Le 16/04/2004 | Partager

. La liste définitive n'est pas encore arrêtée. Grandes divergences entre les intérêts des fabricants et ceux des patientsCE sera probablement une des plus épineuses questions à traiter dans le dossier de l'assurance-maladie obligatoire (AMO), du moins au stade des mesures annexes d'application. Elle l'a été tout au long du processus de conception du projet de loi. Si les divergences ont été aplanies entre les intervenants concernant l'organisme de gestion ou encore la création d'un fonds destiné à financer les dépenses de santé des plus démunis, celles relatives à la liste des médicaments remboursables persistent. Il s'agit de déterminer les médicaments admis au remboursement puis les taux de remboursement applicables, une fois le premier principe acquis. “Le Maroc aurait pu opter pour un système différent qui ne prend pas en compte le médicament dans le remboursement”, explique Abdeljalil Alami Greft, ancien secrétaire général de la CNSS et expert dans le domaine de la santé (qui a contribué à la conception du projet de loi), “mais la mesure aurait été fortement antisociale et entraîné la marginalisation des assurés actuels, qui bénéficient de ce type de remboursement”. . Notion de service médicalCette option aurait en effet été antinomique avec les objectifs assignés à l'adoption d'une AMO. Destinée à couvrir les dépenses de santé de la population, l'AMO est considérée comme un projet politico-social d'envergure. C'est la raison principale pour laquelle le choix a porté sur la prise en charge médicamenteuse. Adopter ce principe ne signifie pas pour autant la résolution des questions qui concernent le système à mettre en place. Faut-il rembourser la totalité des médicaments? “Aucun pays au monde ne rembourse l'ensemble des médicaments commercialisés sur le marché. Cela entraînerait infailliblement l'effondrement du système”, explique l'expert. D'où la définition des classes médicamenteuses. “La notion de service médical rendu est fondamentale, ajoute-t-il, car elle déterminera l'efficacité du médicament”. A ce niveau, l'avis du thérapeute est essentiel: c'est à lui en effet que revient la tâche de mesurer l'impact du médicament sur le traitement de la maladie. On distingue trois niveaux de service médical rendu: médiocre, bon ou très utile. L'efficacité du médicament peut être faible mais prouvée, prouvée avec un service médical rendu ou indispensable. C'est en fonction de cette classification qu'ont été retenues, dans le système actuel, quatre classes thérapeutiques. Auxquelles s'ajoutent les médicaments dits de confort, notamment certains complexes vitaminiques. A chacune de ces catégories correspond un taux de remboursement. Des sources proches du dossier déclarent que les taux retenus sont de 0% pour les médicaments de confort, entre 35 et 40% pour ceux à efficacité faible mais prouvée, de 50 à 60% pour les traitements à efficacité prouvée avec un service médical réel. Et un taux de 100% pour les soins destinés aux pathologies lourdes et chroniques comme le cancer, le diabète ou l'insuffisance rénale. Aucune décision définitive n'est toutefois prise, l'arbitrage du Premier ministre ce vendredi 16 avril à l'occasion de la réunion qui doit compter l'ensemble des intervenants de la filière reste très attendu. “Ce système appelle à résoudre des problèmes fondamentaux, explique Alami Greft, notamment l'obligation pour le ministère de la Santé d'impliquer les organismes gestionnaires et celui de la promotion du générique”. En effet, les caisses concernées devront disposer d'un droit de regard sur le choix du médicament puisqu'elles devront effectuer des décaissements sur la base des prix des médicaments. Quant au marché des génériques, le principe requis serait d'indexer le taux de remboursement au prix de la molécule commercialisée la moins onéreuse. Ce qui suppose une baisse des marges bénéficiaires des officines. Et donc conflit d'intérêt entre le patient qui cherche à dépenser moins et le pharmacien rémunéré en fonction de ces marges. A titre d'exemple, Amoxyl existe sous 26 formes différentes, chacune fabriquée par un laboratoire. C'est également là un des problèmes majeurs auxquels le Premier ministre et les départements concernés doivent faire face. Le fort lobbying des fabricants et du corps médical a occulté les intérêts des malades. Ces intérêts sont en contradiction avec ceux des mastodontes de la fabrication médicamenteuse et des officines dont les marges bénéficiaires correspondent à 30% des prix de commercialisation. Les négociations traînent entre les divers intervenants, chacun d'entre eux tentant de tirer le plus grand bénéfice du nouveau système. Une chose semble sûre cependant: le poste de dépenses qui connaîtra un boom sera celui de la consommation des médicaments.Amale DAOUD

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