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Economie

Poulpe: Un bateau de pêche sème la zizanie

Par L'Economiste | Edition N°:1749 Le 16/04/2004 | Partager

. Les professionnels contestent le choix du bateau accompagnant l'INRH. L'Institut explique qu'il s'agit d'une revendication des opérateurs. La mission consiste à vérifier l'état de la ressource Le poulpe fait encore une fois parler de lui. A l'origine de cette nouvelle polémique, un bateau qui a reçu l'autorisation d'accompagner l'INRH (institut national des recherches halieutiques) dans une opération de prospection de l'état de la ressource poulpière. Une mission qui s'est déroulée du 27 mars au 14 avril et dont l'objectif était d'évaluer l'état de la reproduction du poulpe dans 90 points de Boujdour à Lagouira. Les résultats, qui seront dévoilés la semaine prochaine, détermineront la date de reprise de l'exploitation ou bien le prolongement du repos biologique, ainsi que le quota global. Mettant en avant des accointances politiques, les professionnels contestent le choix du bateau El Khalifa appartenant à Ali Oukacha, fils de Mustapha Oukacha, président de la deuxième Chambre du Parlement et membre du bureau politique du RNI, le même parti que Taïeb Rhafes, ministre de la Pêche. Selon l'INRH, la proposition émane de l'Apapham (association professionnelle des armateurs de la pêche hauturière au Maroc). «Alors que l'arrêt biologique est toujours en vigueur, El Khalifa est autorisé à revendre les prises de poulpe qu'il a été amené à réaliser lors de la sortie avec l'INRH», explique un professionnel sous le couvert de l'anonymat. Une déclaration qui n'est pas contestée par les responsables de l'INRH. Selon Saleh Benchrifi, chef de la division des Ressources halieutiques, «la démarche est logique dans la mesure où les prises réalisées par El Khalifa serviront à couvrir ses charges». «En contrepartie, l'INRH, explique Abdellatif Berraho, son directeur général, aura la possibilité de comparer la capturabilité en temps réel et sur les mêmes points de pêche entre un bateau à objectif scientifique et un autre à finalité commerciale». Quant à Ali Oukacha, il se dit surpris que sa collaboration avec l'INRH suscite autant de mécontentement de la part des professionnels. Cet armateur estime par ailleurs qu'il doit rentrer dans ses charges en commercialisant les prises qu'il qualifie en deçà des dépenses engagées. Et d'ajouter que «les professionnels n'ont jamais été véritablement convaincus des recherches de l'INRH». Allégation dont l'institut se défend arguant qu'il est avant tout «l'avocat de la ressource». C'est d'ailleurs la troisième fois que les professionnels accompagnent l'institut dans ses campagnes de prospection et d'évaluation du stock halieutique. Il intervient dans un contexte critique où les armateurs se plaignent de difficultés financières et invoquent «l'embrouille qui entoure la gestion du secteur». Selon Berraho, «s'il s'avère que la reproduction du poulpe est toujours en cours, le délai de reprise sera prolongé». Rappelons que l'arrêt biologique bouclera 8 mois à fin avril. Les opérateurs sont dans l'expectative. Tous sont très attentifs aux prochaines recommandations de l'INRH. Ils sont impatients de reprendre la pêcherie la plus rentable et qui reste le vrai levier pour leur développement. Les professionnels sont donc revenus à la charge avec plus de vigueur, exigeant en même temps d'accompagner l'INRH dans ses sorties de prospection. Concernant le choix d'El Khalifa, Berraho coupe court à toute polémique. «C'est sur requête des professionnels eux-mêmes que nous avons accepté que des bateaux de pêche nous accompagnent. Les deux asssociations représentatives du secteur de la pêche hauturière, à savoir l'Apapham et l'AEM, nous ont donc proposé deux bateaux». C'est au terme d'une réunion tenue au siège de l'INRH le 23 mars, soit 4 jours avant le début de la campagne et en présence des présidents des deux associations, que El Khalifa a été retenu.


Qui finance quoi?

Selon un responsable de l'INRH, la coopération entre institut de recherche et professionnels se décline en trois scénarios. L'organisme de recherche finance l'opération. Seconde éventualité: la profession prend en charge la mission. Sinon, troisième scénario, cette dernière profite, en contrepartie, des prises réalisées au cours de l'opération. C'est en 1992 que les bateaux de la pêche avaient pour la première fois accompagné l'institut. En janvier 2004, quatre bateaux de pêche ont collaboré avec l'INRH. L'opération avait comme objectif l'étude de la sélectivité des chaluts et la possibilité de les ajuster pour de nouvelles pêcheries. Des choix qui ont toujours été contestés.Mostafa BENTAK

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