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    Amina Benkhadra: «Il n'y a plus de risques de délestage»

    Par L'Economiste | Edition N°:3122 Le 06/10/2009 | Partager

    . TVA sur l’eau: aucune décision n’est prise. Il n'y aura pas de bourse de l'électricitéLe Maroc a-t-il tourné la page de la crise énergétique? L'opinion publique voudrait bien le croire... Dans cet entretien, Amina Benkhadra, la ministre de tutelle, précise que la situation devrait s’améliorer avec la mise en service des différents programmes. Dans les produits pétroliers, l’investissement dans les capacités de stockage est capitalistique et l’Etat a mis en place des marges de financement. Elle passe également en revue les différents dossiers (ONE, marché de l'électricité, stratégie gazière...)- L’Economiste: Les usagers craignent une hausse des tarifs de l’électricité et des coupures. Quelle est la situation aujourd’hui? - Amina Benkhadra: Qu’ils soient rassurés, il n’y a ni hausse ni risque de délestage. 15% de notre électricité en heure de pointe provient toujours de l’interconnexion avec l’Espagne. Le programme national d’action prioritaire, en cours d’exécution, permet de reconstituer progressivement la marge de réserve à l’horizon 2012-2013. Plusieurs actions sont engagées ainsi que des programmes spécifiques dans de nouvelles capacités. C’est le cas de projets prioritaires visant 1.068 MW à l’horizon 2008-2010 dont principalement la centrale thermo-solaire de Aïn Beni Mathar, les turbines à gaz de Mohammédia, etc. Les mesures prises dans le cadre du programme d’efficacité énergétique ont permis d’atténuer les pics de consommation ces deux dernières années. Le GMT+1 nous a assuré une économie en pointe de 90 MW l’été 2008 et 80 MW durant l’été 2009. Par ailleurs, 3,5 millions de lampes basse consommation ont été installées par l’ONE. L’objectif est d’atteindre 5 millions de lampes d’ici 2009. A fin août, l’économie d’énergie réalisée par ces lampes est de 133 MW en heure de pointe. Ce qui n’est pas négligeable. Les distributeurs et les régies vont démarrer durant ce mois les premières opérations de placement des lampes basse consommation. La tarification de la super-pointe a permis, quant à elle, des économies de 12 MW. Les autres tarifications sont en cours de mise en place (tarification incitative et sociale). - Où en est la libéralisation du marché de l’électricité? - Le Maroc est aujourd’hui dans une configuration où 65% de la production d’électricité est faite par le privé dans le cadre de la production concessionnelle. Nous sommes déjà dans un système privatisé. Maintenant il faut mettre en place les conditions nécessaires de la régulation du marché. Nous ne sommes pas dans la même configuration que des pays européens qui ont un marché de l’électricité libre et dans lequel une bourse détermine les prix. Nous avons une structure différente de par le système de consommation. Nous adaptons notre marché tout en étant dans une perspective d’appartenance à l’espace euroméditerranéen. L’ONE continuera à avoir une mission principale de production et de planification des programmes de l’électricité en synergie totale avec les programmes dans l’eau. Le transport de l’électricité étant stratégique, l’ONE jouera son rôle d’opérateur système. Des ajustements doivent être mis en place pour finaliser l’organisation du secteur. C’est l’objectif fixé pour 2010. - Justement quelle est la situation financière de l’ONE? - Des opérations importantes ont été réalisées dans le cadre du contrat-programme. L’Office travaille sur l’optimisation de son organisation, de ses coûts ainsi que sur certaines options qui lui permettront d’assurer des recettes supplémentaires. L’Etat l’a soutenu en lui octroyant 1,5 milliard de DH du Fonds énergétique. Ce qui lui permettra de financer ses investissements en particulier la mise à niveau des installations de transport. L’Office a aussi récupéré des recettes dans le cadre du Perg chez des régies et des communes.La mise à niveau des tarifs de l’électricité, qui n’a pas touché le résidentiel, constitue une ressource supplémentaire. Le processus d’optimisation se poursuivra pour assainir la situation financière. C’est un travail qui va se faire sur plusieurs années. - Une partie de l’électricité est produite par le charbon. Votre département n’est-il pas en contradiction avec les nouveaux défis de la charte de l’environnement? - Le Maroc a besoin de construire à court terme des capacités de production pour répondre à la croissance de la demande tirée par la croissance économique que connaît notre pays. Entre 2008-2015, nous devons construire près de 5.500 MW, soit l’équivalent de la capacité de production disponible depuis l’indépendance. Aujourd’hui, la capacité installée est de 6.000 MW. Le Maroc a besoin pour sa sécurité d’approvisionnement d’un mix énergétique, soit un brassage entre toutes les filières. Compte tenu de la disponibilité du charbon et de son prix compétitif, deux centrales à charbon sont programmées pour assurer une production de base de l’électricité: Jorf Lasfar (2 fois 350 MW) et celle de Safi (2 fois 660 MW). Nous avons pris l’engagement d’avoir des centrales à charbon propre avec des normes élevées pour la préservation de l’environnement, le traitement des cendres et la récupération des rejets dans l’air. Nous sommes également déterminés à développer notre potentiel d’énergies renouvelables (elles contribuent actuellement à 8% dans le mix électrique). Dans le solaire, nous disposons de 10 MW installés en photovoltaïque dans le cadre du Perg et de 20 MW en solaire thermique à concentration à Aïn Béni Mathar dont les travaux s’achèveront en 2010. L’objectif est d’atteindre 18% d’énergies renouvelables dans le bilan électrique. - L’augmentation de la TVA sur l’eau, rattrapée de justesse l’année dernière, ne risque-t-elle pas de contrecarrer les projets de l’Onepd’augmenter les tarifs? - Un travail est en train d’être mené avec le ministère des Finances. Nous négocions un certain nombre d’opérations pour que l’Onep continue à assurer ses investissements dans les meilleures conditions. Par rapport à l’augmentation de la TVA, aucune décision n’est prise. - L’objectif de 60 jours de stocks en produits pétroliers prévu pour 2010 sera-t-il maintenu? - Les stocks stratégiques sont fixés par arrêtés et sont conformes à un certain nombre de législations internationales. Ils doivent être de 90 jours dont 30 chez le raffineur et 60 chez les distributeurs. Aujourd’hui, nous avons des capacités disponibles de près de 851.700 tonnes. Ce qui représente près de 42 jours de consommation. Compte tenu des dépôts de stockage en cours (100.000 m3 à Mohammédia, 350.000 à TangerMed) nous disposerons en 2010 de 1,2 million de tonnes. Ce qui représente 60 jours de consommations. Une réflexion est en cours pour financer les stocks. C’est une opération qui prendra quelques années. Son coût est d’environ 5 milliards de DH. Nous avons d’autres capacités à l’étude à Marrakech et à Nouaceur. Une des composantes du projet Nador West Med est le stockage au profit d’opérateurs qui pourraient l’utiliser pour leurs propres besoins et également pour le Maroc. On parle d’une capacité de 1,5 à 2 millions de tonnes qui correspond pratiquement à un volume de 90 jours. Là aussi les délais de construction de 1,5 million de m3 seraient de 18 à 24 mois. D’ici 2012, il y aurait un surplus de capacités disponibles.- Oui, mais les capacités de stockage demandent beaucoup de fonds, le secteur est fortement capitalistique… - L’Etat intervient au niveau de la formule des prix via les marges destinées au financement des stocks. Ce qui permet aux distributeurs de réaliser ces investissements. En avril dernier, la marge du gasoil 50 ppm a été révisée à la hausse. Une nouvelle rubrique appelée «rémunération stockage» a été introduite le 16 février au niveau de la structure des prix de reprise pour le gasoil, le supercarburant, le carburéacteur et le fuel oil. Depuis octobre 2006, les sociétés gazières disposant de terminaux gaziers dans les ports peuvent bénéficier de frais de passage de gaz butane importés mais à condition qu’elles s’engagent à réaliser de nouvelles capacités de réception de butane dans les ports. L’étude sur les produits pétroliers lancée récemment évaluera aussi les conditions de réalisation des stocks de sécurité. Une des pistes est la création d’une société anonyme dont le tour de table compterait l’Etat et les opérateurs du secteur. Cette société récupérerait une partie des marges de financement des stocks pour financer les stocks de sécurité. Durant les prochaines semaines nous allons affiner les différents aspects liés aux produits pétroliers pour garantir de la visibilité à tout le monde. - Les stocks de la Samir se sont dépréciés suite à la baisse du cours du pétrole. Les lignes de crédits de la raffinerie au niveau interne sont également saturées. Cela n’inquiète-t-il pas le gouvernement? - Nous sommes dans un secteur caractérisé par la fluctuation des prix. Les entreprises ont la responsabilité de la gestion des fluctuations et des opérations de couverture nécessaires. La Samir a une responsabilité vis-à-vis de l’Etat de détenir des stocks de 30 jours, et c’est effectif. Certes, ses lignes de financement sont saturées au niveau national mais le raffineur a obtenu l’autorisation de recourir à l’étranger. Récemment, l’Office des changes a accordé son visa pour éviter tout problème d’approvisionnement du pays.


    Gaz: Une nouvelle feuille de route

    La stratégie fait l’objet d’une actualisation pour apprécier les opportunités qui pourraient s’offrir en termes d’approvisionnement. «Dans le plan d’équipement 2008-2015 nous n’avions aucune assurance sur la disponibilité du gaz. Nous ne pouvions pas le bâtir sur des capacités en gaz dont l’approvisionnement n’était pas assuré», affirme Amina Benkhadra. Une feuille de route est en préparation et sera présentée prochainement. Si l’approvisionnement est assuré, le gaz pourrait être une alternative pour les centrales après 2015. Le plan 2015-2020 en préparation prévoit une part pour chaque type d’énergie: fossile, fuel, gaz, charbon et les énergies renouvelables avec leurs différentes composantes. Le ministère de l’Energie affiche également la volonté de construire une centrale hydroélectrique tous les 4/5 ans.Propos recueillis parKhadija MASMOUDI

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