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    Culture

    Ahmed Sefrioui, l'incompris, n'est plus

    Par L'Economiste | Edition N°:1715 Le 01/03/2004 | Partager

    . Ses écrits ont été jugés inadaptés au contexte de la colonisation. C'est l'âme marocaine profonde qu'il voulait étudierAhmed Sefrioui est parti en silence. Cet écrivain qui n'a pas laissé indifférente la scène littéraire marocaine, s'est éteint mardi 25 février, après 89 ans d'une vie riche et variée. Ahmed Sefrioui s'est livré à travers ses écrits, avec une grande pudeur, mais aussi une franchise qui a parfois gêné. On lui a notamment reproché d'écrire en français, ou encore de décrire un Fès harmonieux et paisible alors que le Maroc vivait ses grandes années de résistance aux colonisateurs français. Dans une interview, que feu Sefrioui avait accordée à L'Economiste en 1994, l'écrivain a mis la lumière sur certains aspects de sa vie. “Je ne regrette pas d'avoir écrit en français. Cela m'a assuré une large audience”, avait-il expliqué. Sefrioui a écrit quatre livres: “Le Chapelet d'ambre”, “la Boîte à merveilles”, la Maison de servitude” et “le Jardin des sortilèges”. S'il avait un regret dans sa vie, “c'est bien de ne pas avoir beaucoup écrit”.Aujourd'hui qu'il n'est plus, les témoignages fusent. Farid Zahi, chercheur dans le domaine de l'art et de la littérature marocaine de langue française et arabe, le décrit comme “le pionnier, l'un des fondateurs de ce qu'on a appelé la littérature maghrébine de langue française”. Selon Zahi, “ce qui est regrettable, c'est que les historiens de la littérature maghrébine, qui se sont intéressés de près ou de loin au courant littéraire francophone, ont exalté d'autres écrivains, et ont rarement fait allusion à la Boîte à merveilles de Sefrioui”. Zahi a tenu à rendre hommage à la personne que fut Ahmed Sefrioui. Le défunt a surtout fait l'objet de grandes polémiques. “On lui a reproché un manque de regard critique sur le Maroc, car il est resté très attaché aux effets de mémoire”. En réalité l'écrivain avait choisi dans ses écrits de rester loin des considérations politiques. Autre témoignage, celui de Abdelkbir Khatibi, homme de lettres et ami du défunt. “Sefrioui était une personne agréable. Il est courtois et fair-play. Il nous arrivait d'avoir des avis discordants sur certains thèmes, Ahmed acceptait mes critiques, il avait un grand sens de l'écoute”, dit-il. Il a été à la fois écrivain et responsable dans plusieurs ministères, notamment celui de la culture. Cette fonction lui a donc permis de travailler sur le registre culturel mais aussi celui de la préservation du patrimoine. Ahmed Sefrioui a grandi à Fès. Il a fait l'école coranique jusqu'à l'âge de 12 ans. Le déclic, c'est un de ses oncles qui l'a provoqué lorsqu'il l'a inscrit dans une école franco-marocaine située à “Foundouq lihoudi”. Il a ensuite rejoint le lycée Moulay Driss, puis il est parti à Rabat pour des études d'interprétariat. Sefrioui n'avait pas pu les terminer parce que ses parents étaient dans une situation extrêmement difficile, ils étaient très pauvres et il était malade à Rabat”. Il rejoint donc un cabinet d'avocats, puis passe un concours pour devenir “agent technique des arts indigènes”. Avec succès, Sefrioui est recruté au Musée de Fès où il a travaillé pendant 15 ans. Quant à son activité littéraire, Sefrioui avait commencé par écrire des articles, puis rédiger “à tête reposée” des contes grâce auxquels il a remporté son premier prix: le Prix littéraire du Maroc. Ils sont édités sous le titre: Le Chapelet d'ambre. Quelque temps après, Sefrioui écrit: “La Boîte à merveilles”. Mais l'essentiel de son temps, il l'a consacré à l'Administration.


    La gloire… cette étincelle

    A travers mes écrits, c'était l'âme marocaine profonde que je voulais étudier. Je suis un homme très croyant. Pour moi, la société marocaine est une société religieuse. Je voulais donc révéler l'âme religieuse de chaque citoyen marocain. Et cela se manifestait surtout chez le petit peuple, et je suis sorti du petit peuple. Je suis fils d'artisan”. C'est ainsi que le défunt a décrit ses écrits. Quant à la gloire, elle était pour lui, “une espèce d'étincelle. Quand j'ai eu le Prix du Président de la République, je suis devenu célèbre à Paris avec notamment réception à l'Elysée, actualités, cinéma, photographes, journalistes. Mais ça a duré une semaine. C'était terriblement fatigant. J'ai dit: “Si c'est ça la célébrité, alors ce n'est pas la peine”.Houda BENBOUYA

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