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    Economie

    Agrumes/Intempéries
    75.000 tonnes parties en fumées

    Par L'Economiste | Edition N°:3231 Le 12/03/2010 | Partager

    . Le Gharb, décrété zone sinistrée. Le tonnage à l’export revu à la baisse. Programmes de cueillette et plannings d’export perturbésBranle-bas de combat auprès des producteurs et exportateurs d’agrumes. Les dernières intempéries et inondations suscitent de vives inquiétudes dans le Gharb et le Souss. D’autant plus que les prévisions des services de la Météorologie nationale annoncent des perturbations des conditions climatiques au moins jusqu’à la mi-mars. Et c’est le Gharb, région où deux phénomènes se sont produits, qui reste le plus touché. D’une part, les précipitations abondantes et répétitives ont provoqué des débordements des principaux cours d’eau de la région, notamment Sebou, Ouergha et Baht, en plus d’un certain nombre de petits fleuves qui convergent vers la plaine du Gharb. Ces débordements ont provoqué une stagnation des eaux dans de nombreux vergers. D’autre part, les lâchers d’eaux des trop-pleins de certains barrages, en particulier celui d’Al Wahda, ont aggravé la situation. Aujourd’hui, le constat est d’autant plus grave que les systèmes de drainage des réseaux d’évacuation des eaux n’étaient pas au rendez-vous, signalent plusieurs observateurs.Du coup, des pertes considérables ont été enregistrées dans les vergers. Une première évaluation des dégâts a été établie il y a un mois. Les premières estimations des dégâts se sont chiffrées à 20.000 tonnes, dans le Gharb seulementt. En revanche, d’autres estimations plus récentes (datant de 3 jours) parlent de pertes entre 35.000 et 40.000 tonnes d’agrumes dans le Gharb uniquement.Mais il n’y a pas que des dégâts liés à la pluie. Dans plusieurs cas, selon des agrumiculteurs, «les précipitations sont accompagnées de vents violents qui accentuent la chute des fruits».Et ce n’est pas tout, de nombreuses exploitations enregistrent de sérieux dégâts au niveau des arbres. En fait, la stagnation des eaux a entraîné un «pourrissement de la racine. Par conséquent, les arbres connaissent des dépérissements, s’asphyxient et se meurent», explique Ahmed Darrab, secrétaire général de l’Association des producteurs et exportateurs d’agrumes (Aspam). Or, lorsqu’un arbre est mort, il va falloir aussitôt l’arracher et le remplacer. Mais «il faut attendre 5 à 6 ans avant que le nouvel arbre ne retrouve sa pleine production», précise Darrab. Autre contrainte: la stagnation des eaux dans les vergers. Un phénomène qui a favorisé le développement de maladies cryptogamiques, particulièrement la pourriture brune (champignon), le développement des escargots et les mauvaises herbes. Pis encore, la stagnation des eaux empêche agriculteurs et ouvriers d’accéder aux vergers. Du coup, impossible de faire les travaux d’entretien et de maintenance et autre traitement contre les maladies. En plus des pertes dans les vergers, s’ajoutent les dégâts du matériel et équipements de micro-irrigation (les motopompes en particulier sont pleines de boues). Le tout au milieu d’un réseau tertiaire et des pistes complètement impraticables. Résultat: les zones de production deviennent isolées. Depuis quelques jours, le Gharb est décrété zone sinistrée par les agrumiculteurs. Quant à la région du Souss, elle a surtout été touchée par les pluies d’il y a 15 à 20 jours. Aujourd’hui, les quantités d’eaux qui s’y sont abattues restent anormalement élevées. La région a vu tripler la moyenne de ses précipitations (actuellement entre 550 et 700 mm de cumul. D’habitude, la moyenne des précipitations varie entre 150 et 250 mm durant les 5 dernières années dans le Souss). Dans cette région en particulier, les dégâts des agrumes sont évalués à 35.000 tonnes (dont 20.000 t de clémentine et 15.000 pour la variété Nour). Soit des dégâts d’une valeur globale de 160 millions de DH. Force est de constater que les pertes liées aux inondations ont aussi perturbé les programmes de cueillette et les plannings d’exportations. Ce qui a entraîné des retards de livraison à l’étranger, des réclamations des clients européens. Un incident qui a affecté la crédibilité des fournisseurs marocains d’agrumes ayant pris des engagements à l’export.


    Mesures de soutien…

    Compte tenu de la gravité de la situation, un comité directeur extraordinaire des producteurs-exportateurs d’agrumes (Aspam) devra se réunir le 17 mars pour évaluer les pertes dans les différentes régions et réclamer des mesures de soutien à même d’accompagner la filière. Selon l’Aspam, la campagne actuelle à l’export est contrainte de revoir ses exportations à la baisse. Ainsi, sur les 530.000 tonnes initialement prévues, la filière ne pourra finalement exporter que 470 à 480.000 tonnes (soit 50 à 60.000 t de moins que prévu). «A la date du 10 mars, nous avons exporté l’équivalent de 370.000 t contre 378.000 à la même période de la campagne précédente», précise Ahmed Darrab. En plus des intempéries au Maroc, les chutes de neiges en Europe ont provoqué des perturbations dans les réseaux de transport routier et ferroviaire. Ce qui a compromis l’acheminement des agrumes et primeurs vers les zones de distribution et de consommation en Europe. Amin RBOUB

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