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Culture

Agadir n’a pas que cela à vendre!
Par Saïd DOR
Président de la Chambre de commerce, d’industrie et des services d’Agadir (*)

Par L'Economiste | Edition N°:2123 Le 05/10/2005 | Partager

POUR le moins étonnante, cette tendance qui tente de prendre racine coûte que coûte depuis un certain temps et qui tient à faire passer la ville d’Agadir pour une zone à risques multiples. Une région en proie notamment à différentes catégories de crimes, délits et infractions qui, plus est, heurtant la morale et les bonnes mœurs des Gadiries. Assurément, les faits divers volent la vedette au dynamisme économique et social de la ville. Autant constater encore, non sans un réel regret, que ces événements sont présentés comme une spécificité tout à fait locale! Loin de nous l’idée de dénoncer la teneur du fait divers, mais le devoir de rendre compte des événements ne comporte-t-il pas l’obligation éthique de les replacer dans leur contexte global et de les mettre en perspective aussi avec d’autres informations? Et pourquoi pas, avec les bonnes nouvelles et les réalisations accomplies au niveau de la région? Bien plus, n’y a-t-il pas également, au niveau de la ville et de sa région, et au-delà de ce qui est rapporté ici et là comme une fatalité locale, d’autres aspects économiques et sociaux à faire connaître? Cela devrait d’ailleurs être l’indispensable préoccupation d’unité de traitement des événements au niveau de toutes les villes et provinces du Royaume. Rendre compte de ce qui change leur facette, pour comprendre la tectonique socioéconomique qui remodèle le quotidien, est un nouvel exercice constructif auquel sont invitées toutes les forces vives du pays. Ni Agadir, ni d’autres villes n’ont en effet l’exclusivité de leurs maux sociaux, mais elles ont certainement la spécificité de ce qui s’y prépare au niveau de leur développement économique. Qu’y a-t-il donc de si particulier dans ce qui se passe dans la région d’Agadir par rapport aux autres villes du pays? L’insécurité -toute relative- mise en exergue pour la faire passer pour endémique porte atteinte non seulement à toute une population de plus de deux millions d’habitants, mais aussi et surtout au très sensible secteur du tourisme et, par-delà, au deuxième pôle économique du Maroc. Il y a d’autres aspects de la vie économique de la ville à faire connaître: projets en exécution et les opportunités qui s’offrent aux investisseurs. Des partenariats sont en cours de finalisation avec des opérateurs des Iles Canaries et de la France. Il s’agit pour les premiers de la mise en place d’une Chambre de commerce mixte, de projets agroindustriels et d’infrastructures. Avec les opérateurs français, la région compte mettre en place le premier centre de recherche en agroindustrie du Royaume. La mauvaise publicité d’Agadir discrédite également l’action des responsables politiques et de la sécurité ainsi que des élus de la région au vu des actions accomplies. Femmes et hommes s’activent pour offrir aux populations locales et aux investisseurs l’environnement sain auquel ils ont droit, sans pour autant que cela puisse être reconnu et identifié. Il en va du dynamisme de la région et de sa notoriété comme pôle économique du sud marocain.Qu’on ne s’y trompe pas; s’agissant d’une tendance soutenue, il est permis de constater non sans inquiétude que le mythe d’une Agadir, ville de danger et de perdition, prend dans l’imaginaire populaire sous d’autres cieux. Or, ce genre de mythe -qui n’a absolument rien de mythe culturel fondateur de la région- relève de la mystification et celle-ci est d’autant plus grave qu’elle est en voie d’accréditer une image pervertie de la réalité de la ville, tant au sein de l’opinion publique marocaine que sur la scène internationale.. Attitude destructrice de valeursD’autres couleurs du quotidien de la région et des initiatives de ses populations tombent donc dans l’oubli. Et c’est si dommageable pour toute la région de Souss-Massa-Drâa, voire pour tout le pays. Habitants, opérateurs économiques et société civile dénoncent cette attitude destructrice de valeurs. Ils appellent à une analyse critique des faits et un esprit responsable qui ne sacrifie pas au sensationnel, ni ne soit obnubilé par l’événementiel. Car il en va de la vitalité de l’économie locale au vu de l’attrait qu’elle exerce encore sur les investisseurs et les touristes, notamment étrangers. Qu’on se rappelle qu’Agadir revient de loin! Ville martyre, elle incarne, en quelques décennies après avoir été rayée de la carte, une vitalité remarquable et fort enviable, en dépit de la crise de croissance qu’elle connaît. Notamment en raison de son dynamisme et de l’attrait qu’elle exerce aussi bien sur l’arrière-pays que sur des franges de la population de toutes les régions du Royaume qui veulent y améliorer leur sort. Au-delà des effets de terrain de cette crise de croissance qu’il ne faut pas occulter, n’y a-t-il pas lieu de documenter celle-ci, d’en analyser la nature, les sources et les composantes? Non seulement Agadir n’a ni le monopole ni la spécificité de maux sociaux qui entachent toute grande ville au Maroc et dans le monde, qu’il s’agisse de délinquance ou de prostitution, mais elle et sa région sont citées comme un exemple de développement régional par les officiels. L’écrasante majorité des habitants attend à ce que la balance soit rééquilibrée en faveur du dynamisme économique et sociale que connaît la région sans verser dans le sensationnel. Et sans également porter atteinte à une réputation légitime et de faire peur aux investisseurs, à des tour-opérateurs et à des touristes qui contribuent pleinement à la vie et à l’essor économiques du Royaume.La mobilisation s’impose, à titre individuel et citoyen, et en tant que collectivités pour signifier le refus d’une dérive insultante, aussi injustifiée qu’injustifiable, dont les auteurs ne réalisent pas la portée destructrice de ce qui est accompli au niveau local.


Révéler le potentiel économique

C’est un exercice auquel il faut inviter toutes les forces vives de la région à s’y adonner. Rendre compte des actions de bonne gouvernance de la ville et de la région, c’est aussi rendre compte de la volonté réelle, traduite dans les faits, de moralisation de la gestion locale. C’est également contribuer au rayonnement international d’Agadir, notamment à travers les récents accords commerciaux avec les Iles Canaries et la mise sur pied d’une Chambre d’arbitrage bilatérale, une première à l’échelle locale et du pays tout entier. Mais force est de constater, une énième fois, que ces nouvelles sont passées sous silence. Surtout que des investisseurs, tour-opérateurs et touristes étrangers sont à l’affût notamment des changements économiques intervenus dans la région beaucoup plus que de son quotidien souterrain.---------------------------------------------------------------------------(*) Saïd DOR est également Vice-président du Conseil régional d’Agadir et Vice-président du Conseil municipal

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