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    Affaire Ansar Al Mahdi
    Amimi, le convoyeur de fonds

    Par L'Economiste | Edition N°:2362 Le 15/09/2006 | Partager

    Dans nos précédentes éditions, nous avons dressé les portraits de Hassan Khattab, Yassine El Ouardini et Mohssine Ezouhri, respectivement émir, chef du bras armé et recruteur de la Jamaâ intégriste Ansar Al Mahdi, démantelée fin juillet dernier. Aujourd’hui, nous nous intéressons à Youssef Amimi, qui servait de relais entre les donateurs et le groupuscule. . Il est à l’origine de la rencontre entre Khattab et la généreuse «sœur» casablancaise. Khattab, l’émir du groupe, l’avait engagé pour travailler dans son magasinL’ARGENT est le nerf de la guerre. Celle que voulait faire Hassan Khattab contre l’Etat marocain avait aussi besoin de financement. Et c’est un membre d’origine casablancaise qui lui a assuré ce volet. Né en 1983 à Aïn Borja à Casablanca, Youssef Amimi n’est pas resté longtemps à l’école. Il quitte définitivement l’enseignement à la 4e année du collège. Tout de suite après, il est engagé comme apprenti ouvrier dans le secteur du bâtiment. Mais Amimi est un drogué qui a du mal à conserver son emploi. Il alterne alors les petits boulots sans succès et se retrouve au chômage en 2001. C’est à ce moment-là que le «déclic» a lieu. Incapable de financer sa consommation quotidienne en drogue et en alcool, il se désintoxique petit à petit et s’arrête définitivement. Amimi commence alors à faire sa prière et à fréquenter la mosquée Omar Ibn Al Khattab au quartier Mabrouka, ou encore la mosquée Ikhlass à Hay Mohammadi, pour écouter les prêches religieux. Avec les attentats du 11 septembre 2001, qu’Amimi qualifie de «ghazoua» (conquête sainte), il devient davantage sensible au Jihad des musulmans en Afghanistan, en Palestine, en Tchétchénie et en Irak. Pour en savoir plus sur les combats menés par les moudjahiddines dans ces régions, il se procure, grâces à des frères «mouhssinines», des CD concernant la résistance islamique en Tchétchénie, en Irak et en territoires occupés. Il est séduit par les propos du «cheikh» Ouassama Ben Laden. «C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai adhéré à la pensée salafiste-jihadiste et je me considère, depuis cette période, comme un salafiste actif», souligne-t-il dans le rapport de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ). Amimi commence alors à assister à des débats sur le sujet avec des «frères» salafistes. Dans le rapport de la BNPJ, il cite Hicham Wahil, dit «Abou Al Walid», et Zine Al Abidine Al Choukairi, dit «Abou Jaber». En janvier 2006, ces deux «frères» suggèrent à Amimi de les accompagner à Salé, «pour suivre le prêche d’un grand cheikh qui vient de sortir de prison». C’est la première rencontre entre le jeune chômeur et Hassan Khattab, l’émir d’Ansar Al Mahdi. Sur place, et à la fin du prêche, l’émir propose à ses invités de leur louer le rez-de-chaussée de sa maison à Hay Rahma (Salé). L’affaire est conclue et le petit appartement est loué à 600 DH par mois. Une semaine après son installation à Salé, Amimi trouve un travail. Il a été engagé comme apprenti-vendeur dans le magasin des épices de… Khattab. Peu de temps après, ce dernier explique à son «employé» qu’il a fondé une Jamaâ islamia pour «mener une guerre contre le pouvoir et délivrer le peuple marocain musulman de son gouvernement impie». Pour ce faire, ajoute Amimi, «Khattab m’a affirmé qu’il a le soutien de l’organisation Al Qaïda, sans pour autant donner d’autres détails». Amimi prête alors allégeance à son nouvel émir et devient membre d’Ansar Al Mahdi. Mais son rôle ne sera défini que plus tard. En effet, en avril dernier, lors d’une visite à sa famille à Casablanca, le jeune vendeur rencontre un ami d’enfance, Samir Chami, qui est également Salafiste. Il lui demande de l’accompagner à Salé pour rencontrer l’émir Khattab. A Salé, les deux hommes se rencontrent et s’apprécient. En apprenant que l’émir était cardiaque, Chami suggère de lui présenter une «sœur» à Casablanca qui pourrait lui financer l’opération chirurgicale. Ils partent tous les deux pour la capitale économique et Khattab rencontre Fatima Zahra, la généreuse «sœur» casablancaise (cf.notre édition du 12 septembre2006:www.leconomiste.com). Conscient de la manne financière que représente cette «sœur» pour le financement de ses activités, Khattab multiplie les visites au domicile de Fatima Zahra qui lui donne 150.000 DH sur plusieurs tranches. Il demande même à Amimi de retourner vivre dans la capitale économique pour rester près de la généreuse «sœur» casablancaise. Le jeune vendeur s’exécute et devient le convoyeur de fonds du groupuscule puisque c’est lui qui servait de lien entre la «sœur» et le reste de la cellule.


    Les opérations envisagées

    APRÈS avoir réussi à fabriquer des explosifs artisanaux, Yassine El Ouardini, chef du bras armé d’Ansar Al Mahdi, a informé ses acolytes que la cellule était prête pour la troisième phase de leur stratégie: celle du passage à l’acte. Ce dernier concerne, entre autres, une opération kamikaze contre la base militaire de Salé et un attentat à la bombe contre les touristes de l’établissement Ali Belfalah à Marrakech (spectacle et restauration). Les membres de la cellule devaient également attaquer l’ambassade des Etats-Unis à Rabat et éliminer le directeur du conservatoire de musique de la base aérienne de Salé «en raison de ses relations illégales, avec certaines femmes militaires de la même base».Naoufal BELGHAZI

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