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Economie

Délais de paiement
La nouvelle «norme», plus de 360 jours!

Par Soufiane NAKRI | Edition N°:4812 Le 13/07/2016 | Partager
BTP, industrie, commerce, les secteurs les plus touchés
Les avances de trésorerie se paient au prix fort
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La détérioration des délais de paiement touche plus particulièrement les toutes petites entreprises (TPE). Entre 2010 et 2014, il fallait compter en moyenne 279 jours, soit plus de 9 mois de chiffre d’affaires dehors. Et depuis, la situation ne s’est pas améliorée

Toutes les enquêtes le relèvent, mais à la réalité quotidienne dans les TPE et PME, la situation est encore plus grave que ne le disent les statistiques. Les fins de mois sont devenues un cauchemar. Pour payer les cotisations CNSS, les salaires et les échéances fiscales, il faut supplier son banquier pour qu’il autorise un dépassement du découvert lorsque celui-ci existe! Du BTP au conseil, à l’industrie en passant par l’agroalimentaire, la plupart des chefs d’entreprise et des responsables interrogés par L’Economiste le confirment: depuis deux ans, les délais de paiement se sont encore rallongés, et dans certains cas courants, il faut compter plus de 360 jours pour encaisser une créance.  Ce qui signifie que l’entreprise a l’intégralité de son chiffre d’affaires à l’extérieur. 
La loi n’a donc rien changé aux mauvaises habitudes. Au contraire. «La situation est catastrophique ; il n’est pas rare que certains clients règlent à plus de 360 jours», tempête  ce directeur administratif et financier  d’une TPE spécialisée dans la sécurité incendie. Aujourd’hui, il s’agit d’une pratique installée qui se propage comme une métastase. «Mes clients jadis solvables, ne règlent plus leurs factures depuis le mois d’avril»,  révèle une gérante d’une PME opérant dans l’agroalimentaire.
Si c’est dans le  secteur du BTP où la situation est critique, l’industrie tangue également avec des délais clients moyens de 277 jours. Dans le commerce interentreprises, comptez en moyenne 273 jours (Voir infographie). 

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Avec des délais pouvant atteindre plus de 360 jours (à compter de la réception définitive du marché), les entreprises du BTP,  qu’elles soient de construction ou de prestation de services annexes (ingénierie) paient un lourd tribut aux mauvaises habitudes de paiement des administrations et des établissements publics. L’industrie vient en deuxième position avec 277 jours

Le Comité de surveillance des risques systémiques où siègent entre autres, Bank Al-Maghrib, les autorités de régulation des assurances et des marchés de capitaux, ont lancé une alerte début juillet se fondant sur une étude réalisée auprès de 1.700 entreprises non financières. «Les délais de paiement se sont de nouveau rallongés, en particulier pour les entreprises privées atteignant des niveaux alarmants pour les TPME et certains secteurs d’activité». 
La situation est tellement critique que les fonds de soutien aux TPME gérés par la Caisse centrale de garantie servent prioritairement à aider les entreprises à régler des arriérés accumulés auprès des fournisseurs. Sur les 245 entreprises qui ont souscrit à ce dispositif, 70% des liquidités ont été affectées à effacer les impayés chez le fournisseur et non à financer l’investissement. Le reste est utilisé pour financer des besoins en fonds de roulement et la dette sociale et fiscale (CNSS). 
Pour gérer les difficultés liées à l’allongement des délais de paiement, beaucoup de  TPME s’en remettent soit au «système D», quitte à jongler avec la réglementation comptable afin de ne pas payer l’impôt sur les sociétés sur un chiffre d’affaires théorique. Il existe des cas où des TPE rapprochent la facturation à la date de règlement, confie un gérant d’un cabinet de conseil fiscal. Celles qui ont des garanties suffisantes, obtiennent des facilités de caisse chez les banquiers mais il faut montrer patte blanche: un business plan convaincant accompagné des bons de commande.  Ces avances se paient aujourd’hui au prix fort: autour de 7% de taux d’intérêt. Faute de garanties suffisantes, il peut atteindre jusqu’à 13,25%! assure le gérant d’un cabinet spécialisé dans la formation en transport et logistique. Ces TPE de conseil sont aujourd’hui prises au piège. Elles doivent décaisser des dépenses au préalable (hôtel, restaurant, rémunération des formateurs) et ne sont réglées qu’à plus d’un an. Pour des raisons commerciales, ils ne peuvent pas exiger des pénalités de retard à des grands comptes en cas de retard de paiement. Pour eux, la loi sur les délais de paiement si vantée par les organisations patronales, n’a rien changé.

 

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