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Analyse

L’apiculture, encore loin des objectifs du contrat-programme

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4795 Le 15/06/2016 | Partager
La production actuelle autour de 4.500 t alors que 16.000 t sont prévues en 2020
La productivité des ruches reste faible par rapport à plusieurs pays
Sècheresse, formation, recherche et développement… les contraintes à dépasser
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Ces dernières années, la production a été touchée de plein fouet par le changement climatique qui a affecté la floraison, donc les miellées. Ce ne sont pas les seuls écueils. La qualité des ruches est aussi en jeu, les unités marocaines n’arrivant pas à dépasser le seuil de 15 kg par unité, alors que dans d’autres pays, la moyenne s’établit à 25 kg (Ph. fedapimed)

Pendant le mois de Ramadan, la consommation du miel par les familles marocaines augmente d’une manière considérable. Elle dépasse 5 fois la consommation moyenne durant le reste de l’année, selon un grand industriel du secteur. Cependant, il faut noter que la consommation de ce produit reste très faible chez le Marocain avec une moyenne ne dépassant pas 200 g par an. Cela s’explique notamment par les prix qui restent élevés par rapport au pouvoir d’achat. La fourchette des prix varie entre environ 60 DH et plus de 200 DH pour un kg, selon la nature du miel. La production annuelle actuelle est estimée à près de 4.500 tonnes, selon Said Tazi, chef de division des filières animales au ministère de l’Agriculture. Une production qui reste insuffisante, ce qui oblige le Maroc à recourir à l’importation pour accompagner les besoins du marché local, regrette un grand industriel du secteur. Le volume des importations du miel avoisine les 2.000 tonnes. Pour donner un coup de pouce à la filière apicole dans le cadre du plan Maroc Vert, un contrat-programme a été signé en 2011 entre la Fédération interprofessionnel marocaine de l’apiculture (FIMAP) et l’Etat. L’objectif est d’améliorer la production en vue d’atteindre 16.000 tonnes à l’horizon 2020. Pour ce faire, une enveloppe de 1,6 milliard de DH a été prévue dont la grande part, soit plus de 90%, sera mobilisée par la fédération des professionnels. Mais, plus de 5 ans après le lancement de ce programme, la production de la filière peine encore à s’inscrire dans une croissance soutenue. L’objectif de 16.000 tonnes était trop ambitieux, avance un responsable proche du dossier. Toutefois, les autorités ont toujours avancé que l’apiculture au Maroc dispose d’un potentiel estimé à plus de 50.000 tonnes par an.

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Pour certains acteurs du secteur, la stagnation de la production revient à plusieurs facteurs. En premier lieu, les contraintes liées au milieu naturel, notamment les changements climatiques et les sécheresses successives des dernières décennies. Celles-ci ont perturbé le calendrier des floraisons et des miellées. A cela s’ajoutent la déforestation et le remplacement des eucalyptus producteurs de miel par des eucalyptus qui produisent plus de bois que de miel. De surcroît, les apiculteurs ne maîtrisent pas la lutte contre les maladies, notamment la varroase, ni la pratique, qui reste encore très faible, de la sélection des ruches et de l’élevage des reines.
La filière aurait nécessité, pour son développement, la mise en place de centres de formation supérieure et des projets de recherche et développement portant sur l’amélioration de la génétique de la culture des abeilles locales. Cela permettrait d’améliorer leur productivité et de renforcer leur résistance aux changements climatiques, est-il recommandé auprès des professionnels du secteur.  Sur ce volet, il faut signaler que la production moyenne par ruche dans le secteur moderne varie entre 10 et 15 kg, un niveau qui reste largement inférieur à celui enregistré dans plusieurs pays qui dépasse 25 kg par ruche. A l’instar des autres filières, pourquoi le système d’agrégation n’est pas encore mis en place au niveau de notre filière? s’interroge notre industriel. Pour ce dernier, ce système va certainement contribuer à renforcer l’organisation des apiculteurs autour des grands industriels dont le nombre avoisine une dizaine d’opérateurs. Parmi les points qui fragilisent le secteur, on avance un manque de coordination et l’absence de synergie entre les acteurs du secteur, notamment  les agriculteurs et certains industriels.

Changement de tendance

Avant 2010, le secteur d’apiculture était marqué par la dominance du secteur traditionnel qui représente près de 70% de la filière et le reste pour le secteur moderne, rappelle le chef de division des filières animales. Mais depuis quelques années, on enregistre un changement de tendance avec dominance du secteur moderne avec une part d’environ 70%. On explique ce changement par l’effet du plan Maroc Vert  qui a contribué à la modernisation de la filière et le développement du secteur moderne. Ainsi, les effectifs des ruches sont estimés en 2013 à 346.000 ruches et 32.000 apiculteurs, est-il rappelé. La production durant cette année était d’environ 3.500 tonnes.

 

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