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Régions

Tétouan: Inondations, le jour d’après

Par L'Economiste | Edition N°:4714 Le 23/02/2016 | Partager
Les habitants reprennent leur vie après un samedi soir passé sous l’eau
Les dégâts des eaux sont nombreux
Les crues de l’Oued Martil pointées du doigt

 

Les berges de l’Oued Martil ont été complètement inondées par les eaux. Le niveau a atteint les 9 mètres, de quoi transformer l’oued et les terrains environnants en un véritable lac (Ph. Adam)

Trempés, les habitants du quartier Al Khandaq, ont pourtant gardé le sourire. Au lendemain du déluge (la nuit du 20 février), et après que les eaux se soient plus ou moins dissipées, les tétouanais ont commencé à prendre conscience de leur situation. «Nous sommes habitués ici à être immergés» souligne l’un des habitants. «A chaque fois qu’il y a de fortes pluies, nous avons des infiltrations», explique Saida, la soixantaine. Elle montre du doigt les traces laissées par l’eau sur le mur et ne semble guère étonnée de voir que le niveau atteint par les eaux dépasse sa propre taille. «Heureusement que ce dimanche il fait beau et que le soleil est sorti, nous pourrons faire sécher nos affaires de suite», se console Saida, assistée par son fils aîné pour sortir couvertures et matelas. «La mairie nous a installé une bouche d’égout juste en face de la maison, mais ce n’est pas suffisant, semble-t-il», remarque ce dernier.

En effet, la fenêtre grillagée, ‘registro’ comme l’appellent les habitants du nord fait plus d’un mètre de côté mais sa confortable dimension ne l'a pas vraiment aidée à refouler les eaux.

 Le flot des eaux continuait de s’écouler dimanche matin après la soirée pluvieuse de samedi. Les crues de l’Oued Martil sont pointées comme principal responsable des inondations (Ph. Adam)

Au contraire, c’est par ces bouches même d’égout que les eaux ont été refoulées, se souviennent les témoins.  Dans la ville, çà et là, des camions d’intervention des équipes d’Amendis. Plusieurs unités mobiles se sont relayées la nuit pour pomper les eaux et permettre aux habitants de regagner leur domicile. C’était le cas aussi à Al Khandaq où c’est grâce à une pompe installée par la société délégatrice que le niveau d’eau a pu baisser. Les équipes de la protection civile ont elles aussi été mobilisées dans la nuit de samedi à dimanche pour sauver certains d’une noyade certaine ou pour dégager l’accès à certains établissements comme la faculté Ossoul Eddine ou d’autres administrations sises au quartier Soukna Taamir.  Alors que les traces des eaux n’ont pas encore été effacées, une cause paraît comme évidente: les crues de l’oued Martil. En effet, dès l’intensification des averses au coucher du soleil, le niveau des eaux de l’oued Martil a commencé à croître de manière dangereuse jusqu’à déborder sur les terrains environnants. Trois heures durant, plusieurs dizaines de millimètres de pluies ont arrosé la ville et l’oued. Le niveau de l’oued a atteint les 9 mètres de quoi inonder même la route nationale qui longe le lit de l’oued.

Une partie de ces eaux a ensuite infiltré le réseau d’eaux pluviales saturant et inondant les quartiers. Ceci a provoqué l’interruption du trafic sur la route nationale RN 2 durant quelques heures, ainsi que l’inondation de plusieurs rez-de-chaussée le long de l’avenue des FAR et celle d’Abdelkhalek Torres parmi d’autres quartiers.

Le quartier d’Al Khandaq avec ses maisons semi-enterrées a été l’un des premiers à couler. Les traces sur le mur montrent la hauteur de l’eau (Ph. Adam)

A noter qu’un des ponts traversant cet oued a aussi une certaine part de responsabilité dans cette crue. Construit avec des haubans trop rapprochés, il a été vite colmaté par les débris charriés par les crues et a servi de barrage improvisé retardant la baisse des eaux.

Les autorités semblent conscientes du danger que suppose cet oued. Il y a quelques mois, le projet de réaménagement des berges de l’Oued Martil a été lancé pour pallier ces désagréments. Ce chantier qui a nécessité quelque 880 millions DH vise à protéger Tétouan contre les risques d'inondation. Il devrait aussi à terme créer sur les berges de l'Oued Martil une zone urbaine à même de contenir l'expansion future de la ville de Tétouan. Le projet permettra la viabilisation de près de 1.600 hectares, capables de soulager la pression urbaine qui s'exerce actuellement sur la ville. Un projet qui semble avoir été placé par la nature, elle-même, parmi les priorités de la ville de la Colombe blanche.

 

Un élu, la seule victime de ces inondations

Ces inondations n’ont heureusement pas laissé de victimes à l’exception notable d’un élu communal, Mohammed Yassin Meftah.  Ce dernier a trouvé la mort, électrocuté. Il était en tournée samedi pour constater l’étendue des dégâts des eaux. A noter que les intempéries ont aussi touché le reste de la région, particulièrement Tanger. La liaison maritime avec le port espagnol de Tarifa avait même été interrompue pour reprendre dès dimanche soir.

De notre correspondant, Ali ABJIOU

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