Régions

Rabat: Le transport urbain navigue à vue

Par L'Economiste | Edition N°:4671 Le 18/12/2015 | Partager
Tergiversations autour du projet d’extension du tramway
Les études finalisées et les travaux devaient démarrer début 2015
La crise du secteur des bus s’enlise

Depuis sa mise en service, il y a près de 4 ans, le tramway de Rabat a réalisé près de 100 millions de voyages (Ph. L'Economiste)

Depuis sa mise en service, il y a près de quatre ans, le tramway a contribué sensiblement à l’amélioration des conditions de transport des habitants des villes de Rabat et Salé. Il est devenu le mode de transport préféré pour le public notamment les étudiants, eu égard de la qualité du service pour un tarif raisonnable. La Société du tramway de Rabat-Salé (STRS) table de terminer l’année 2015 avec près de 32 millions de voyages, soit une moyenne journalière d’environ 100.000 voyages. Des résultats qui ont motivé de passer à l’extension du réseau du tramway pour toucher d’autres quartiers à Rabat (Yakoub Al Mansour) et Salé (Hay Moulay Ismail et Karya de Ouled Moussa). Les études d’exécution sont déjà réalisées par la STRS, ce qui permet de lancer les appels d’offres, selon une source proche du dossier. La réalisation de cette extension, sur une longueur de 20 km, va nécessiter un budget d’investissement de près de 4 milliards de DH. La structure de financement retenue pour ce projet est basée sur une parité égale entre les fonds privés et ceux publics. Ces derniers devraient être mobilisés par le Fonds d’accompagnement des réformes du transport urbain (FART). Cette mobilisation est conditionnée par la signature d’une convention entre ce fonds et la STRS. Le démarrage des travaux reste donc tributaire de la signature de cette convention depuis l’année dernière à l'instar de celle de la ville de Casablanca signée en septembre 2014, rappelle notre source pour qui des promesses ont été déjà obtenues de la part des bailleurs de fonds étrangers pour contribuer au financement des 50% restants. Toujours selon notre source, le lancement des travaux d’extension de la première tranche sur 7 km était prévu au début de cette année. En plus de l’élévation du coût du projet, ce retard va obliger une grande partie des habitants de Rabat et Salé de continuer à se rabattre sur le transport informel qui a pris de l’ampleur suite à la dégradation du réseau des bus géré par Stareo. Une dégradation qui se traduit négativement sur les équilibres budgétaires de la société et le bon fonctionnement du réseau des bus. Ces derniers sont souvent en panne par manque d’entretien régulier faute de budget suffisant et l’absence d’une gestion rationnelle. Les recettes de Stareo s’élèvent à près de 700.000 DH par jour, ce qui reste insuffisant pour couvrir les dépenses d’exploitation de la société notamment les salaires pour plus 3.000 employés, soit environ 14 millions de DH par an. D’ailleurs, la société n’arrive pas encore à passer la commande pour l’acquisition de 50 nouveaux bus prévue cette année. Le financement de cette opération devrait se faire par une subvention accordée par le Fart, précise un responsable de Stareo. Selon ce dernier, cette acquisition va permettre de renforcer le parc de la société composé de près 430 véhicules dont 350 en circulation. Un parc fragilisé davantage par les actes de la casse notamment du verre des bus lors des matches de football organisés à Rabat ou à Salé. Le montant des dégâts et le coût de l’immobilisation sont estimés à près de 30 millions de DH en 2014, avance le responsable de Stareo. Ce dernier soulève également le retard de déboursement des subventions par les communes composant le groupement Al Assima. Sur un budget de 27 millions de DH prévu en 2015, la société a encaissé uniquement 12 millions de DH. Sur le plan de l’organisation, on signale également le retard dans la désignation par les communes de leurs nouveaux représentants dans le groupement Al Assima. Sur les 15 communes de l’agglomération, seule Salé a pu, pour le moment, désigner ses représentants. Rappelons par ailleurs qu’Al Assima est le principal actionnaire dans le capital de Stareo, et il détient également 34% dans celui de la STRS alors que le reste revient à l’Etat via l’Agence de l’aménagement de la vallée du Bouregreg. Avec son positionnement dans le tour de table de la STRS et de celui de Stareo, on vise de donner à Al Assima la possibilité de superviser la mise en place d’un système de transport urbain intégré au niveau de l’agglomération. Pour le moment, pas de vision sur le projet de la fusion des deux modes de transport dont la concrétisation nécessite une nouvelle organisation accompagnée par des études sérieuses sur le secteur. C’est le cas notamment du plan de déplacement urbain (PDU). On apprend qu’après la validation du cahier des charges par le groupement Al Assima, ce dernier s’apprête à lancer la réalisation de cette étude.

Quasi-équilibre

Contrairement à Stareo, dont la situation financière reste fragilisée, la Société du tramway de Rabat-Salé (STRS) arrive à atteindre un quasi-équilibre pour son budget de fonctionnement. «Le montant de nos recettes pour cette année avoisine les 110 millions de DH, ce qui permet de couvrir presque nos dépenses de fonctionnement», précise un responsable de la STRS.

Noureddine EL AISSI

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