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Chronique

Violences en Algérie Ghardaïa: La paix par la force

Par L'Economiste | Edition N°:4568 Le 14/07/2015 | Partager

Mustapha Sehimi est professeur de droit, politologue et avocat au barreau de Casablanca

Des violences, une boucherie, une furie incendiaire, 25 morts et des centaines de blessés: voilà le premier bilan des affrontements à Ghardaïa à près de 600 km d’Alger la semaine dernière. Pourquoi une telle situation? Le président Bouteflika a réagi mercredi dernier à l’issue d’une réunion d’urgence avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le ministre d’Etat et directeur du cabinet présidentiel, Ahmed Ouyahia, et le général Ahmed Gaid Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major. Principale décision: le placement de tout l’appareil sécuritaire de la wilaya entre les mains du général Cherif Abderrazek. Une situation d’exception qui témoigne de l’échec de toutes les institutions étatiques en place. Le parquet sera saisi pour poursuivre toutes les personnes ayant porté atteinte à la sécurité des personnes et des biens. De son côté, le Premier ministre qui s’est rendu sur place a promis d’imposer et d’instaurer la paix et le calme par la force. Il a demandé aux notables de la région de rétablir l’union entre les habitants de la région tout en précisant au passage que des dépassements avaient été enregistrés des deux côtés. Le dispositif sécuritaire en place avec 8.000 éléments des unités d’intervention de la gendarmerie et de la Sûreté nationale s’est avéré totalement inefficace. Il est désormais pratiquement suppléé par 4.000 militaires de l’ANP dont deux unités des forces spéciales dans des casernes et bases aériennes à Ghardaïa, Ménéa, Ouargla et Laghouat placées en alertes.
Dans le M’zab, la violence devient la forme d’action privilégiées: elle est le seul recours pour les uns et les autres. C’est là l’expression d’une politique de séparation ethnique qui prolonge des campagnes de stigmatisation communautaire. La communauté amazighe mozabite est adepte du rite ibadite, une branche des "Kharijites" (les sortants), ni sunnite ni chiite,  avec une pratique puritaine de l’Islam. Elle ne constitue que 1% des musulmans et se trouve surtout au M’zab algérien, à Djerba, à Oman où la dynastie actuelle est  de cette confession ainsi que 60% environ de la population. Quant aux tribus chaambas, elles sont d’origine hilalienne – du nom de la tribu des Beni Hilal qui a émigré d’Arabie au XIVe siècle – des musulmans sunnites de rite malékite. A quoi est dû cet affrontement multiforme? Surtout à la pression démographique et à la rareté des terres cultivables dans les palmeraies et des surfaces constructibles. Il est aussi exacerbé par le facteur de l’islamo-intégrisme. Ce qui est en cause aussi c’est la négation des réalités  historiques, sociales et linguistiques au nom d’une politique dogmatique de l’arabo-islamisme et d’un climat d’intolérance et de violence. Les jeunes Chaambis se considèrent comme des soldats de Okba Ibn Nafia en pays conquis; à leurs yeux, les Mozabites ne sont pas arabes, musulmans ni Algériens. D’où une logique délirante d’extermination de la communauté ibadite avec la  passivité des forces de sécurité. Celle-ci subit un processus évolutif de dérives violentes et d’élargissement des espaces d’exclusion et de non-droit.
Le slogan "Irhal" ("Partez") est souvent inscrit sur les façades des murs des maisons et commerces mozabites pour déraciner des familles de leurs quartiers. Une politique de séparation ethnique est également mise en œuvre par les autorités locales et communales. Pour le pouvoir, son souci est la soumission de cette communauté, le renoncement à son aspiration démocratique et à sa différenciation culturelle jusqu’à l’extinction historique de sa civilisation. Cette politique est recyclée, suivant des modalités diverses, par des suppôts de la communauté arabe autochtone. Les espaces d’habitation mozabites sont pratiquement encerclés; les ksars et alentours immédiats sont isolés; une configuration qui sur l’étendue de la vallée permet à des hordes d’assaillants de se déplacer sans contrainte, de piller et d’incendier tout bien mozabite. Mais il y a plus. Ainsi les biens culturels sont profanés: mosquées et moçallas, cimetières, déterrement d’ossements humains, incendie d’instituts coraniques,… Il faut y ajouter des monuments historiques classés patrimoine de l’humanité par l’Unesco (moçalla Cheikh Ammi Saïd, mausolée Ammi  Moussa haut-lieu de la mémoire collective du M’zab).
L’instrumentalisation politique de ces évènements par le pouvoir est l’un des traits particuliers de cette situation. N’a-t-on pas ainsi impliqué, sans craindre le ridicule,  le Maroc d’être derrière cette crise sous couvert d’une revendication autonomiste faisant pièce à celle des séparatistes de Tindouf? Au total, l’on a affaire à une convergence de facteurs. L’un religieux, c’est vrai –Mokhtar  Belmokhtar, figure du djihadisme algérien (GSPC puis Aqmi) est né à Ghardaïa et il a commencé par le trafic; l’autre politique avec les desseins d’un pouvoir imposant sa chape de plomb mais qui en fait se trouve dans une situation de "vacance" aggravée par l’état de santé de Bouteflika depuis son AVC en avril 2013; enfin économique compte tenu des grands intérêts en cause dans la région.

Enormes intérêts en jeu

Le discours officiel produit du communautarisme. Mais il y a en arrière-plan d’énormes intérêts miniers, gaziers, pétroliers et même ceux liés aux projets d’extraction de schiste. Des intervenants extérieurs sont également en cause, liés qu’ils sont à ces mêmes intérêts. Mais référence doit être faite aussi à des dynamiques sociales qui, depuis des décennies, ont pesé sur le processus de formation de deux «modèles». Le premier est celui de la communauté mozabite qui a su conforter une base économique, industrielle et commerciale. Elle a pu se soustraire aux pièges de la rente et du clientélisme politique et faire ainsi du M’zab un hub régional entre le Sud et le Nord. En creux, elle s’est distinguée en consolidant son émancipation économique. Quant à la communauté arabe, elle a surtout investi des activités liées au commerce, au transport puis celles relatives à l’exploitation pétrolière. Elle a pu sans doute accumuler de grandes fortunes mais pas sur des capacités dynamiques de la communauté; la  culture d’entreprise y était pratiquement absente faute d’un processus d’accumulation sociale. Le recours à l’informel y prévaut ainsi que l’incapacité d’auto-développement si bien que la classe moyenne est de ce fait confrontée à une absence de perspectives. Ghardaïa, un laboratoire pour banc d’essai de menées insidieuses?
Cette thèse n’est pas irrecevable du fait de certains faits: distribution d’armes, ateliers artisanaux de fabrication d’armes, passivité coupable des forces de  sécurité,… Il y a un minimum d’ingénierie dans ce dossier. L’impunité de fait pose problème. Sans oublier des interférences religieuses avec des dizaines de «repentis» qui ont été installés à Ghardaïa avec beaucoup de moyens. Dans leurs quartiers, deux mosquées takfiristes appellent ouvertement à la violence et au meurtre…

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